Prix Halaly de poésie 2016 : Le Congolais Laurent Malanda distingué à Paris

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La cérémonie de remise du Prix Halaly de poésie 2016 s’est déroulée le 21 juin dernier, à l’ambassade d’Egypte, à Paris. Le 3e prix en langue française est revenu  au Congolais Laurent «Huppert» Malanda pour son poème: «L’itinéraire du Béna Silu». Une distinction de plus pour ce poéte discret et méconnu du grand public.

 

Alors que toute l’attention était braquée sur la fête de la musique, le poète congolais recevait, dans l’anonymat, son prix, une médaille et un diplôme, dans un salon de l’ambassade égyptienne, au cours d’une brève cérémonie. L’ambiance était moins festive, l’Egypte est encore sous le choc du crash d’un vol d’Egypt Air, le 19 mai dernier. Malgré cette atmosphère particulière, le récipiendaire congolais n’a pas boudé son plaisir. «C’est toujours un grand bonheur que de récolter les fruits de ce qu’on a semé. J’ai travaillé, j’ai bâti un rêve et, il est arrivé que ce rêve ait été partagé par le jury. C’est un grand bonheur!»,  souligne-t-il.
Cette année, le Prix Halaly de poésie avait pour thème : «Vivre ensemble». Un thème, essentiel à notre époque, illustrant, parfaitement, l’esprit de solidarité, d’échange, et d’amitié, qui a très fortement interpellé le poète venu de la terre (Bena Silu). Pour lui, le vivre ensemble, c’est «l’amour, le respect de l’autre, la tolérance, la cohabitation. La politique est la force motrice du destin d’un peuple et quand la politique boîte tout le système, l’existence se met à boitiller avec elle. Il s’agit de construire l’homme, construire l’amour, construire davantage la tolérance pour mieux cohabiter, pour mieux vivre ensemble.»
Habitué des prix, Laurent «Huppert» Malanda en a obtenu plusieurs, dont le prix du Printemps des poètes et Prix international de Poésie de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), en 2015. L’auteur congolais connaît la poésie, les images, les mots et même la virulence du rêve de la pensée. «J’ai confiance en moi et j’ai toujours foi en ce que je fais. Le travail aiguise le talent, je lis beaucoup et je suis devenu très sélectif en matière de poésie.  Je lis Adonis, Aimé Césaire, Tchicaya U Tam’Si, Senghor, Rimbaud, Mallarmé,… Je mène un grand travail de réflexion que je traduis poétiquement», explique-t-il. C’est la qualité qui a séduit le jury présidé par Sayed Higab, pour la langue arabe, et Philippe Tancelin, pour la langue française. «Le poète n’est pas un observateur, ni un historien, le poète est celui qui écrit sur le sentiment, celui qui touche les sentiments des autres. Ce qui m’a touché dans le poème de Laurent Malanda, c’est qu’il ne dénigre pas sa nature; il est entier, il est honnête!»,  ajoute Rime Al-Sayed, lauréate en 2013 et coordonnatrice du concours depuis le décès, en janvier dernier, de Fathy Abdelfattah Halaly, président de l’Association Egypte Aujourd’hui, fondateur et mécène du prix.
Inconnu du grand public, alors qu’il est l’un des poètes congolais vivants les plus primés, Laurent Malanda explique cette situation par cette phrase: «Je suis un poète et mon rôle est de concevoir, aux autres de faire circuler l’information. Tout vient avec le temps et l’histoire reconnaîtra les fruits de la semence poétique».
Créé en 2013, le Prix Halaly de poésie était réservé aux poètes arabes qui écrivaient en arabe et en français, avant de s’élargir et de s’ouvrir aux poétes non arabes. Un recueil de poésie sera réalisé à partir des poèmes des cinq premiers lauréats des deux langues. Il sera publié par le Centre Zourah d’études et de recherches.

Anthony
MOUYOUNGUI

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