Université Simon Kimbangu de Kinshasa (RDC) : Le Pr Martial Sinda a été fait docteur honoris causa

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Basé à Paris, en France, voici des lustres, professeur émérite d’histoire contemporaine à la Sorbonne, à Paris, le Pr Martial Sinda (76 berges) a été fait docteur honoris causa de l’université Simon Kimbangu de Kinshasa, en RDC (République Démocratique du Congo). A l’occasion de la Conférence internationale sur Simon Kimbangu, qui s’est déroulée du 24 au 28 juillet 2011, à l’université précitée. La distinction de celui qui est considéré comme le premier poète de l’A.e.f (Afrique équatoriale française) s’est déroulée, le jeudi 28 juillet dernier, à l’université Simon Kimbangu. En présence du chef spirituel de l’église kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani, et d’un jury présidé par l’éminent Professeur Elikia Mbokolo

, qu’assistaient les non moins réputés professeurs Tshungu Bamesa, Kabengele Munyanga, Dianne M. Diakhité (née à Kingston, en Jamaïque, et ayant grandi aux États-Unis d’Amérique), Sabakinu Kivilu et Mwene Batende.

Le Pr Martial Sinda a été distingué pour avoir été le tout premier universitaire africain à avoir soutenu une thèse de doctorat sur le Kimbanguisme. C’était en 1961, à la Sorbonne. Et pour son livre référence publié aux Editions Payot, en 1972, à Paris: «Le messianisme congolais et ses incidences politiques».

«Nous avons donné notre préférence à ceux des chercheurs qui se distinguent par leur volonté d’innovation, par leur audace, par leur refus des idées reçues et par leur souci de l’excellence. Ce sont ces chercheurs-là que nous avons invités ici et c’est ce modèle de chercheurs qu’incarne notre aîné Martial Sinda», a déclaré le Pr Elikia Mbokolo, justifiant le choix porté sur Martial Sinda.

Que représente cette distinction, pour le septuagénaire congolais? «Cette distinction est d’importance, s’agissant de l’université. C’est quelqu’un qui a fait des recherches sur un sujet et qu’il a mis a nu. Donc, un sujet comme Kimbangu est un sujet inconnu, qu’on a négligé. Alors, j’y ai consacré toute ma jeunesse, j’y ai travaillé pendant longtemps. Donc, si la soutenance a eu lieu en 1961, c’est que j’avais commencé bien avant, mais on ne pensait pas qu’il pouvait donner un livre comme celui là (ndlr: «Le messianisme congolais et ses incidences politiques»). Et, au cours de ce colloque, beaucoup de conférenciers s’étaient référés à moi, pour citer ce livre, qui devient, paraît-il, ce n’est pas mon expression, le bréviaire sur les mouvements messianiques congolais. Donc, c’est quelqu’un qui a travaillé sur un sujet qu’il a mis à nu et que les gens peuvent, aujourd’hui, compléter; ils peuvent s’y référer. On est pas encore savant…Vous savez, on n’a pas le monopole de l’intelligence. Pour qu’il y ait fleuve Congo, il faut que les eaux viennent de toutes les rivières, chacun apporte quelque chose et puis ça complète…Donc, moi, j’ai travaillé sur des mouvements très importants sur les deux rives, le kimbanguisme, qui est devenu une grande religion et puis le matsouanisme  politique qui continue, mais sous d’autres formes, alors que le kimbanguisme est, depuis 1921, un mouvement pour contester les injustices coloniales…», nous a-t-il confié.

Martial Sinda est né en 1935, à M’bamou-Sinda (à Kinkala dans le département du Pool). Il n’a que 20 ans, lorsqu’il arrive à Paris pour des études, côtoyant déjà des célébrités du monde littéraire, comme Léopold Sédar Senghor. Son premier recueil de poèmes, «Premier chant du départ» (Editions Seghers, 1955), va faire l’effet d’une bombe, dans un monde dominé par le colonialisme, et va valoir à son auteur des ennuis auprès de la métropole: il échappa à l’expulsion, grâce aux interventions du député-poète Léopold Sédar Senghor et de Paul Chauvet, Gouverneur général de l’A.e.f, haut-commissaire de la République. Mais, cela ne l’empêchera pas d’obtenir le Grand Prix littéraire de l’Afrique Equatoriale française, qui n’était pas prévu pour les Africains qu’il était. Martial Sinda devenait ainsi le premier poète d’Afrique centrale, d’Afrique noire française couronné par un grand prix.

En 1972, Martial Sinda signe un autre livre qui fera date: «Le messianisme congolais et ses incidences politiques» (Editions Payot).

Présentement,  l’historien-poète a, en ligne de mire, un livre sur le président Fulbert Youlou. «Je parle de sa jeunesse, ses études primaires, son ordination, en 1946, son affectation comme premier prêtre noir à Saint François d’Assise, à Brazzaville. Je parle de son ascension politique: maire de Brazzaville, en 1946, le premier Africain de l’A.e.f, premier ministre, président de la République, voilà, le livre est assez avancé», nous a-t-il révélé.

Véran Carrhol YANGA

 

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