MUSIQUE TRADITIONNELLE : Le groupe Matinu Ma Mpimpa a émerveillé le public à l’IFC

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Le groupe Matinu Ma Mpimpa  s’est produit mardi 16 juillet dernier, à l’Institut français du Congo (ex-CCF) de Brazzaville, sous la conduite de son promoteur, Edgar Pierre Martial Koko. Cet ensemble qui a présenté un spectacle inédit intitulé: «Ludimi lua mubaku» (la langue du renard noir), a émerveillé le public à travers ses chansons enrichissantes distillant les notions de paix et d’unité.

 

Ce spectacle a tenu ses promesses ;  le public est venu nombreux.
Présentant le spectacle, Edgar Pierre Martial Koko a indiqué: «Le spectacle que nous allons présenter s’intitule «Ludimi lua mubaku», c’est-à-dire la langue du renard noir, toujours prisée par les chefs dont un membre du village a voulu prendre la paternité. Et leur combat mystique a mené au décès du chef du village. L’esprit de ce dernier va terroriser tout le village. On va alors faire venir un grand initié appelé Mbouango, pour faire le rituel de la danse nocturne. C’est ça que nous appelons «Matinu mampimpa», pour emmener la paix, la stabilité, l’ambiance et la réunification du village.»
Ce groupe dont les œuvres contribuent à la revalorisation de la culture congolaise utilise des instruments traditionnels de nos ancêtres.
Au cours de ce spectacle, le groupe a montré de quoi il était capable, en communiant avec le public à travers un rituel ancestral pratiqué souvent dans le département du Pool appelé «Moloko». Il met en relief l’âme des rites et des rythmes des ancêtres du département du Pool. Les instruments tels que les ‘’ngonguis’’, les ‘’mukwitis’’ résonnent au plus profond des âmes et du corps. Ce qui n’a pas laissé insensible le public; on a vu des petits de 3 à 4 ans exhiber des pas de danse. Une belle prestation qui a valu les applaudissements nourris des spectateurs.
Un observateur de la musique traditionnelle a fait remarquer que cette danse est une grande première, «car jamais auparavant elle n’avait été exhibée à un tel niveau de spectacle ». L’une des particularités de ce groupe c’est qu’il regroupe en son sein des artistes de générations confondues. Il est à la recherche permanente des nouveaux sons et expressions inspirés des différentes traditions congolaises.
Le groupe Matinu mampimpa a représenté une réelle diversité des sons et des couleurs provenant des différents départements du Congo. Son travail est une fusion originale des rythmes traditionnels, d’une part, et un mélange de rituels, d’autre part, le tout influencé par l’environnement contemporain.
Edgar Pierre Martial Koko est plus que jamais conscient de son précieux apport dans la promotion de la culture congolaise. Et estime, toutefois, que la route à parcourir reste encore longue.
Depuis l’âge de 9 ans, il ne fait que cela, touchant à la plupart des genres musicaux dont le jazz, le blues, le hip-hop et la danse contemporaine. «Je suis allé un peu partout. Ce parcours m’a permis de côtoyer pas mal de grands musiciens et d’essayer d’approfondir ma connaissance personnelle. Ce qui m’a permis aujourd’hui d’être un instrumentiste polyvalent, d’avoir une carrière dans laquelle j’ai découvert un autre talent révélateur caché en moi, parce que j’ai formé beaucoup de musiciens», a-t-il révélé. Et d’ajouter: «J’en ai également présenté plusieurs sur le marché mondial. Désormais, je suis un promoteur qui est à l’écoute, avec une passion immense de communiquer, de partager avec les musiciens et le public.»
A propos des petits enfants qui ont exhibé des pas de danse, il a indiqué qu’il a été agréablement surpris que ces tout-petits ont du talent. Dommage qu’on leur prive de l’occasion de découvrir ceux qu’ils ne connaissent pas. Cela leur permettrait aussi d’avoir un œil sur l’évolution de la musique congolaise.
Remerciant le public, Edgar Pierre Martial Koko s’est dit heureux, comblé par cette présence. «N’arrêtez pas de nous témoigner votre sympathie et nous exprimer vos encouragements. Nous avons été profondément touchés par la généreuse attention qui nous a suffisamment revigorés».

Pascal AZAD DOKO

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