Nécrologie : «Matondo National» s’en est allé

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Décédé le 1er novembre 2011, à Brazzaville, des suites d’une longue maladie, l’artiste-musicien, griot et amuseur des foules, Mbiki Raphael, alias «Matondo National, International, frère en Christ, etc.» a été inhumé, jeudi 10 novembre dernier, au cimétière Wayako, dans la capitale congolaise. Après une messe de requiem célébrée en sa mémoire, en l’église Ndona Marie, dans le 7ème arrondissement (Mfilou), où il faisait partie de l’archiconfrérie du Saint Esprit.


On disait de Matondo, un malade mental, mais il a égayé, à sa manière, les Brazzavillois et les Congolais, dans les villages et quartiers populaires, en plein air. Il était un musicien abandonné, au style particulier qui faisait tout avec sa bouche, du chant à la guitare, de la trompette au tam-tam. Ses «spectacles» étaient improvisés au coin des rues de Brazzaville et d’autres localités du pays où le public se mettait à reprendre en chœur ses chants. Il exhibait des pas de danse dont seul lui détenait le secret. Son style de musique était un mélange de rumba, de smurf, de rap, du folklore, etc.
«Matondo National» portait des vêtements atypiques qu’il confectionnait avec un mélange de tissus aux multiples couleurs. Pendant ses «spectacles», il recueillait des pièces de monnaie auprès de ceux qui venainent le suivre, notamment les adolescents et les femmes. Aussi, il chantait à la demande des «clients» et des individus parfois insatisfaits de n’avoir pas étanché leur soif, à cause de la courte durée des chants de leur idole.
Rappelons que «Matondo National» est le premier musicien congolais qui est passé à l’émission «Kin Show», à l’époque de Télé Zaïre, en 1977, accompagné de l’orchestre Kossa Kossa. Il a participé à la deuxième édition du Fespam et  laisse une cassette audio, enregistrée dans un studio de la place, en 1998, et produite par Edmond Nkayi, qui n’a, malheureusement, pas bénéficié d’une promotion adéquate. Il a joué dans le groupe traditionnel «Zanga Zanga» et a été chef du groupe vocal «Les Archanges de Ouenzé». Avant de créer le groupe «Les impeccables d’Afrique», à Dolisie et à Brazzaville. Dommage, il se disait toujours abandonné et manquait de producteur.

Alain Patrick MASSAMBA

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