L’autre chez nous

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Ils sont plus de 4000 Rwandais ayant fait le choix de rester au Congo suivant les plus récentes statistiques. Les effets de la grande catastrophe qui les avait vu se lancer sur les routes d’Afrique centrale après le génocide chez eux, en 1994, mettront certes du temps à se résorber. Les autorités de Kigali multiplient pourtant les appels au retour et à la reconstruction ensemble d’une Nation ensanglantée par un horrible génocide. Mais notre regard ne verra jamais ce que voient les yeux d’un réfugié dans le désespoir de ne pouvoir retourner chez soi, à seulement quelques milliers de kilomètres d’ici.


Ce que les commentateurs nous ont habitués à appeler «la question rwandaise» est complexe. Vingt-cinq ans après le génocide, l’incitation au retour des milliers de femmes et d’hommes; les raisons de leur attachement à l’exil ou leurs peurs ne peuvent se discuter en des termes aussi simples que rester ou partir. Il y a des motivations qui peuvent même passer pour louables chez ceux qui ont volontairement fait le choix de vouloir s’intégrer chez nous.
Cela (nous) pose la question du choix de l’accueil : sommes-nous prêts à tendre les bras à ceux qui pourraient devenir, à plus ou moins brève échéance, non plus des réfugiés ou des clandestins mais des compatriotes? Sous nos yeux, nous voyons les mutations s’accomplir, mais la méfiance se désarme-telle aussi autant? Ne nous sentons-nous pas comme obligés d’ajouter un «mais» chacune des fois où nous faisons le constat du dynamise agricole de cette communauté?
Il se raconte que les flux migratoires africains se comptent majoritairement en Afrique. Nos pauvretés parviennent toujours à faire un peu d’espace à ceux des frères et des sœurs que le désarroi de l’errance trouve aux frontières. N’oublions pas que ces flux sont tantôt «eux», tantôt «nous». Et avançons en humanité avec la conscience que notre misère ne nous interdit pas de faire place aux autres. Le Congo se réveille chaque jour plus multi-ethnique. Le déplorer, c’est ne pas croire en la capacité motivante du mélange et en la force positive du brassage (lire l’article ci-après).

Albert S. MIANZOUKOUTA

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