Dialogue, dialogue, dialogue !

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Chez les politiques comme chez des militants, il n’est question que de dialogue. C’est la nouvelle panacée découverte par les «concocteurs» de toutes nos théories politiques. Pour le rendre encore plus irrésistible, lui donner un vernis de neuf, on ajoute «inclusif». Le dialogue inclusif serait, nous dit-on, la solution à tous nos problèmes. Nous voulons hâter la signature d’un accord avec le FMI? Dialogue ! Nous voulons sortir de la crise économique et du délitement de nos valeurs? Dialogue ! Nous voulons ramener la paix? Dialogue !


Il serait paradoxal qu’un journal comme le nôtre, inspiré par les principes évangéliques, de prendre position contre l’affirmation Urbi et Orbi d’une exigence de dialogue dans le pays. Ce serait contraire à tout ce en quoi nous croyons de repousser le dialogue comme solution à notre mal-être. Ce serait même contraire à l’Evangile de soutenir que ceux qui tiennent au dialogue, qui aura lieu tôt ou tard, ne veulent pas poser les bases de notre meilleure coexistence pacifique. Il y en a de sincères. Simplement, l’insistance à vouloir du dialogue sonnera toujours faux tant que les préalables de justice, de vérité et de paix ne sont pas remplis.
En 1991, l’exercice avait quelque chose d’inédit. En 2019, et dans la bouche de beaucoup de «proclamateurs», on a du mal à ne pas y voir une simple occasion de se répartir des postes juteux, de toucher des perdiems, de se repositionner dans le jeu politique… Et de se soustraire à des élections transparentes. Notre microcosme est ainsi fait que nous retrouverions à la tribune les mêmes qui, à Ouesso, Dolisie ou Sibiti, ont pourfendu les mêmes maux. Qui sont passés à l’opposition, après avoir goûté aux délices du pouvoir.
Le peuple qui sait les regarder hochera la tête et se dira : c’est un jeu, pas une réelle volonté de changer de pratique pour le bien commun. Et donc, après de belles résolutions, tout se remettra à fonctionner comme avant. C’est-à-dire de travers. Dans l’espérance que le FMI vienne toujours à la rescousse du navire dont nous venons, nous-mêmes, de crever les flancs.

Albert S. MIANZOUKOUTA

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