Responsables

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Au bout de presque trois années d’âpres négociations où nous avons fait profil bas, le FMI a fini par délier le cordon de sa bourse. Nous nous voyons octroyer 224 milliards de francs CFA, pour les prochaines trois années. Le peuple est content, la réalité est beaucoup moins réjouissante pourtant. Car la somme reçue (réclamée?), ne correspondra pas, on en fait le pari, aux sommes nécessaires pour la relance de tous nos secteurs en panne.


On ne peut pas avoir subi humiliations et remontrances pour une somme qui ne suffirait même pas à assurer le budget de fonctionnement annuel de certains de nos départements stratégiques aujourd’hui.  Nous nous sommes bercés de l’illusion que les fonds du FMI nous permettraient de colmater les nids de poule de nos rues et de nos routes, assurer le versement régulier des pensions à nos retraités et les salaires à nos fonctionnaires, diminuer le nombre journalier de morts dans nos hôpitaux…
Non. Certes, le FMI ouvre la voie à d’autres décaissements qui attendaient que nous acceptions de nous comporter désormais en adultes. A la BAD (qui vient déjà de décaisser une somme plus conséquente, semble-t-il), à la Banque Mondiale, l’Union Européenne, etc., on se dit prêts à prêter de nouveau au Congo, à financer ses projets, à la condition que nous ne fassions pas aujourd’hui ce que nous avons fait hier. L’accord avec le FMI est donc aussi un défi.
Tous les six mois, l’institution surveillera comment nous gérons «notre» (leur ?) argent. Nous nous verrons souvent rappeler les règles de bonne gouvernance, dicter les impératifs d’une gestion orthodoxe, imposer une surveillance de maître d’école comme à un élève particulièrement dissipé. Nous aurions certes, pour notre fierté de Congolais, pu nous épargner ces corsets trop stricts, mais à quoi cela sert-il de se lamenter sur ce que nous étions hier si ce n’est pas pour que nous changions demain ?
Nous avons de l’argent désormais, ce n’est pas pour tout nous permettre ; les réalisations de prestige comme les projets sans lendemain : devenons responsables et bâtissons un Congo où le moindre sou compte.

Albert S. MIANZOUJKOUTA

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