R.d.p.s (Rassemblement pour la démocratie et le progrès social) : Mabio Mavoungou Zinga explique le sens profond de son geste

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Après avoir reconnu Bernard Mbatchi comme président national du R.d.p.s (Rassemblement pour la démocratie et le progrès social), dans une lettre qu'il lui a adressée en date du 25 août 2011, Mabio Mavoungou Zinga dévoile, enfin, le sens profond de son geste qui a surpris tout le monde, même les militants qui le soutenait. Dans l'interview exclusive qu'il nous a accordée, c'est un homme plein de sagesse qu'on découvre, qui tient un langage modeste et qui appelle les militants à travailler pour l'avenir de leur parti. «Je demande, très humblement, à tous les militants du R.d.p.s, de faire de telle sorte que nous soyons unis, qu'on ne perde plus de temps dans les querelles intestines», confie-t-il. Interview.

* Monsieur Mabio, vous avez décidé de reconnaître Monsieur Bernard Mbatchi comme président national. Qu'est-ce qui vous a conduit à prendre une telle décision?
** Disons qu'après le décès du président Jean-Pierre Thystère Tchicaya, en juin 2008, le R.d.p.s a connu un schisme, qui a fait que nous n'ayons plus de parti politique. Nous n'avions, désormais, plus que l'illusion d'appartenir à un parti politique. Nous avions mis en place un comité national de réconciliation qui, malheureusement, n'a pas donné les résultats escomptés. Mais déjà, il faut se rappeler qu'au premier congrès extraordinaire, nous disions que nous avions besoin d'un R.d.p.s uni, fort, capable de traiter d'égal à égal avec tous les autres partis politiques. Chemin faisant, au cours de l'une de nos fêtes, nous avions dit que nous devrions arriver, coûte que coûte, à la réconciliation. Autrement dit, nous avions donc une obligation de résultat. Mais, devant ces nombreuses tergiversations, nous avions pensé que nous pouvions nous donner en holocauste, pour sauver le R.d.p.s. Et c’est ce que nous avons fait justement.


* Si jamais les dirigeants actuels du R.d.p.s avaient besoin de votre expertise, en vous élevant, par exemple au bureau politique, est-ce que vous l'accepteriez ou voulez-vous, simplement, rester un militant à la base?


** Je crois qu'il y a des militants à la base qui valent beaucoup mieux que certains responsables élus du bureau politique. Le message, c'est que, quel que soit l'endroit  où on se trouve dans un parti politique, il faut faire de telle sorte que ce parti soit un véritable parti politique. J'allais dire, en passant, que vous vous êtes, sûrement, rendus compte que, dans un pays comme le nôtre, beaucoup de partis ont connu ce schisme. Or, l'émiettement des partis politiques est une atteinte grave à la démocratie, parce que les tenants du pouvoir n'ont plus un autre répondant valable en face d'eux. Il faut, donc, faire de telle sorte que, tout en allant lentement, mais sûrement, vers la démocratie, nous ayons des partis politiques solides, capables de proposer une alternative crédible. C'est cela notre objectif.


* Que répondriez-vous à ceux qui pensent que l'acte d'humilité que vous avez posé est un boulet de canon que vous faites traîner aux pieds de ceux qui ont la gouvernance du parti, actuellement?


** Moi, je ne pense pas de cette manière, puisque je suis prêt à apporter mon expertise pour que le R.d.p.s aille de l'avant. Il n'y a pas moyen de faire autrement. Il faut faire confiance à celui qui est à la tête du parti, aujourd'hui, notamment Monsieur Bernard Mbatchi, et se dire qu'il faut travailler avec lui pour booster l'activité de notre parti. Faire autrement serait, justement, porter atteinte au R.d.p.s. Ce serait liquider le R.d.p.s. Il n'y a pas moyen de faire autrement, je vous le répète. Il faut savoir dépasser certains clivages, sauf s'il y a des problèmes d'hommes. Mais, la grandeur des hommes, c'est, justement, de réussir à dépasser tous nos petits points de vue et aller de l'avant. Je crois que c'est cela l'essentiel.


* Un message à l'endroit des militants du R.d.p.s, en général, et à ceux qui vous ont soutenu dans votre lutte au sein du parti?


** Je leur avais, déjà, dit qu'il n'y a pas moyen de faire autrement. Il faut, coûte que coûte, aller à la réconciliation. Donnons-nous les chances de réussir. Donnons à nos militantes et militants le temps de rêver à des lendemains meilleurs. Sinon, comment  se dire responsable politique, si nous allons continuer à rester dans ces micros  partis qui ne veulent absolument rien dire sur l'échiquier national? Non, je demande, très humblement, à tous les militants du R.d.p.s, de faire de telle sorte que nous soyons unis, qu'on ne perde plus de temps dans les querelles intestines. Il faut avancer, c'est cela qui m'intéresse. Moi, lorsque je marche, je regarde l'horizon. Je ne regarde pas mes chaussures.

Propos recueillis par
Equateur Denis NGUIMBI

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