Journée africaine de la statistique : Doter le pays d’un système statistique national performant

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L’Afrique a célébré sa journée de la statistique, instituée le 18 novembre 1990 par la 16ème session de la C.e.a (Conférence de la commission des Nations unies pour l’Afrique). A cette occasion, le gouvernement congolais, par la voix du ministre d’Etat Pierre Moussa, ministre de l’économie, du plan, de l’aménagement du territoire et de l’intégration, coordonnateur du pôle économique, a publié une déclaration, le 18 novembre 2011. La statistique apparaît comme un guide indispensable pour connaître l’économie nationale et constitue, de ce fait, un outil permettant de guider la politique économique d’un pays.
Le thème retenu, cette année 2011, pour la célébration de la journée africaine de la statistique est: «Tenir les comptes pour améliorer la situation actuelle de l’Afrique et pour un avenir encore plus brillant».
Selon la déclaration du gouvernement, ce thème a été choisi dans le but de mettre en lumière l’importance du système de comptabilité nationale dans le développement d’une nation. A travers sa déclaration, le gouvernement reconnaît que la comptabilité nationale vise à présenter, selon un cadre rigoureux et cohérent, toutes les opérations économiques réalisées, chaque année, dans une nation. La tenue des comptes nationaux est un exercice dont aucun pays ne saurait se passer. De ce fait, les comptes de la nation doivent être élaborés selon des standards uniformes, qui permettent des comparaisons spatio-temporelles.
Au niveau international, le souci d’harmonisation et de comptabilité a conduit à la mise en place d’un standard appelé «S.c.n » (Système de comptabilité national). Ce système intègre l’ensemble de recommandations sur la manière de traiter les mesures de l’activité économique, en décrivant les concepts, les définitions, les  classifications et les règles comptables.
Le premier S.c.n, publié en 1953, a été modifié en 1968 et en 1993, dans le but de l’harmoniser avec d’autres standards statistiques internationaux. Le S.c.n 2008 présente d’autres améliorations qui prennent en compte la mondialisation et les innovations dans les finances internationales, ainsi que le rôle croissant des technologies de l’information et de la communication dans le processus de production. On note que dans la majorité des pays africains, les comptes de la nation sont encore élaborés selon le S.c.n 93. Pour faire face aux défis de la mise en œuvre du S.c.n 2008, un programme continental à moyen terme a été élaboré par la C.e.a, la B.a.d (Banque africaine de développement)  et  la commission  de l’Union africaine, en collaboration avec les partenaires sous-régionaux, notamment l’Observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne (Afristat).
Pour relever le défi de la statistique au Congo, le gouvernement s’est engagé à doter le pays  d’un système statistique national performant. C’est ainsi, qu’il est prévu la création d’un Institut national de la statistique, à qui seront affectés des moyens humains, matériels et financiers conséquents, pour accomplir ses missions.
Par ailleurs, le processus d’élaboration d’une S.n.d.s (Stratégie nationale de développement de la statistique), en cours dans le pays, est une occasion propice de garantir l’appropriation du système du S.c.n 2008. Le gouvernement a sollicité l’implication de tous les partenaires tant nationaux que bilatéraux et multilatéraux, pour contribuer au succès des opérations de collecte des données confiées à l’Institut national de la statistique. Quand on connaît, par exemple, la querelle des chiffres, dans notre pays, à propos du corps électoral ou même, tout simplement, de la démographie, on peut comprendre l’importance, pour les pays africains, de relever le défi de la statistique.

Philippe BANZ.