Visite d’Etat du président de la République au Rwanda : Denis Sassou Nguesso fortement ému, après la visite du mémorial des victimes du génocide

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Le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a effectué une visite d’Etat au Rwanda, du 21 au 23 novembre 2011. Accueilli par son homologue rwandais, Paul Kagamé, il a eu avec celui-ci des entretiens, qui ont porté, aussi bien sur les relations bilatérales, la coopération entre leurs deux pays, que sur les questions internationales. Cette première visite du président congolais au Rwanda, qui intervient un an après celle effectuée par Paul Kagame à Brazzaville, a coïncidé avec le lancement, à Kigali, quelques jours auparavant, des travaux de la commission mixte Congo-Rwanda, au niveau des experts des deux pays. L’un des moments forts du séjour du président congolais à Kigali, c’est la visite du mémorial des victimes du génocide de 1994 de laquelle il est sorti, fortement, ému.

Dans l’interview qu’il a accordée au journal rwandais sur site, «Igihie», le ministre des affaires étrangères et de la coopération, Basile Ikouebé, a situé la visite d’Etat du président congolais au Rwanda, dans le cadre du renforcement de la coopération avec le Congo. «Comme vous le savez, le Rwanda et le Congo ont, déjà, entrepris un processus de relations bilatérales, et depuis un certain temps, Kigali est relié à Pointe-Noire par deux vols par semaine. Cette visite vient, alors, appuyer ces relations et renforcer les échanges entre les deux peuples», a-t-il expliqué.
Au cours de son séjour au Rwanda, le président Denis Sassou Nguesso a visité le centre mémorial du génocide de Kigali, le projet de cartes d’identité numérique et l’industrie des boissons non alcoolisées Inyange.
L’un des dossiers qui a dominé les travaux de la commission mixte Rwanda-Congo, c’est celui du rapatriement volontaire des réfugiés rwandais, se trouvant encore sur le sol congolais. Ceux qui s’opposent au retour volontaire seront frappés par la clause de cessation du statut de réfugiés et seront obligés de remplir les conditions exigées par le pays d’accueil pour régulariser leur séjour. De source proche du Ministère rwandais des affaires étrangères, seuls 12.000 réfugiés sont rentrés volontairement au Rwanda, en 2010, et il est dit qu’il y a, actuellement, 70.000 refugiés rwandais a travers le monde. Lors des travaux de la commission mixte, les deux pays se sont engagés à travailler «main dans la main pour voir comment rapatrier les réfugiés rwandais vivant au Congo-Brazzaville».
Concernant la coopération, l’établissement d’une ligne aérienne directe entre Brazzaville et kigali, assurée deux fois par semaine, par la compagnie aérienne nationale rwandaise, RwandAir, est citée en exemple des actions appelées à renforcer les relations entre les deux pays. Ainsi, la commission mixte permanente a été formée dans le cadre du renforcement des relations bilatérales, plus spécifiquement dans les domaines de coopération tels que le commerce, l’agriculture, les ressources naturelles et les établissements humains.
L’un des moments forts de la visite d’Etat du président Denis Sassou Nguesso à Kigali a été le dépôt d’une gerbe de fleurs et la visite du mémorial des victimes du génocide de 1994. Répondant aux questions de la presse rwandaise, le président congolais a exprimé toute son émotion, devant la tragédie qu’a connue le Rwanda. «Il faut dire qu’après une telle visite, les mots nous manquent pour exprimer réellement nos sentiments. On est étreint par l’émotion. Ce qu’on vient de voir, c’est l’horreur et c’est effroyable. Nous avons connu, dans notre pays, une guerre civile. Mais, dans notre pays, on n’a pas atteint ce niveau de l’horreur et du drame… En tant que dirigeant politique africain, je dois, d’abord, dire qu’il est dommage et dramatique que l’on ait souvent vu venir sans prévenir. Il y a toujours eu et il y a encore, en Afrique, ce manque de prévention. Les drames comme ce que nous vivons se produisent, ce sont des enfants des mêmes peuples qui arrivent à produire ce qui est inqualifiable. Ce qu’on peut dire, après un tel drame, c’est en réalité: Plus jamais ça! Plus jamais, ceci ne devait se produire sur la terre des hommes. Plus jamais! Et c’est l’expression que nous avons, nous-mêmes, retenu au Congo, après la guerre civile: Plus jamais cela!», a confié le président Denis Sassou Nguesso, qui a regagné Brazzaville, mercredi 23 novembre dernier.