Elections législatives : La participation, un des grands enjeux des législatives

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Ainsi donc, les Congolais en âge de voter sont appelés à accomplir leur devoir civique, le dimanche 15 juillet, pour élire leurs représentants à l’assemblée nationale. Le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a signé le décret convoquant le corps électoral le dimanche 15 juillet 2012, «en vue du premier tour des élections législatives sur toute l’étendue du territoire national». Dès lors, les candidatures se bousculent pour ce scrutin dont l’enjeu, entre autres, est le taux de participation des électeurs au vote.

Le constat qu’on peut faire d’emblée est que le drame du 4 mars 2012, provoqué par l’explosion du dépôt de munitions du camp du régiment blindé de Mpila, à Brazzaville, n’a pas constitué un cas de force majeure pour reporter le scrutin ni au niveau des circonscriptions touchées encore moins au niveau national. La compétition démocratique poursuit donc son bonhomme de chemin en dépit de ce drame qui a fait 283 morts, des disparus et des milliers de sans-abris.
Par ailleurs, alors qu’on s’approche de la date du scrutin, certains observateurs se demandent à quel moment les conclusions de la concertation nationale d’Ewo vont être entièrement appliquées, en ce qui concerne les réformes de la Conel (Commission nationale d’organisation des élections), alors que d’autres, particulièrement à l’opposition, continuent de douter de la fiabilité des listes électorales.
Quoiqu’il en soit, la convocation du corps électoral par décret présidentiel traduit bien le fait que les élections législatives vont se tenir à la date prévue. Ce qui sous-entend que la démocratie congolaise se porte bien, avec la tenue, de manière régulière, des élections, quoiqu’en ce qui concerne certaines institutions de la République, le renouvellement des mandats ait été abandonné aux calendes grecques, exposant ainsi leurs dirigeants à l’illégalité de leur autorité.
Sur le plan politique, l’un des enjeux des élections législatives au Congo-Brazzaville est le taux de participation. L’électorat congolais semble accuser une certaine lassitude, en raison principalement du fait que, jusque-là, les élections ne permettent pas d’alternance véritable. Mais, en réalité, les choses ne seront plus comme avant. D’ailleurs, le gouvernement, par l’entremise du Ministère de l’intérieur et de la décentralisation, exprime sa volonté d’organiser un scrutin transparent et équitable. On  l’a vu avec les élections sénatoriales partielles du 9 octobre 2011, où une grande figure de l’opposition, Ange Edouard Poungui, a fait son entrée au sénat, alors qu’une grosse pointure de la majorité, Benjamin Bounkoulou, a été recalée.
D’ailleurs, ces élections législatives seront marquées par la participation de la plupart des partis de l’opposition, comme l’A.r.d (Alliance pour la république et la démocratie) de Mathias Dzon, qui a décidé de présenter des candidats. Traditionnellement, l’U.pa.d.s (Union panafricaine pour la démocratie sociale) et l’U.d.r-Mwinda (Union pour la démocratie et la république) sont au rendez-vous du scrutin législatif, comme en 2007. Cette fois, ces partis alignent également leurs candidats, indépendamment des alliances.
Au niveau de la majorité, c’est le chacun pour soi au premier tour. Le P.c.t a présenté ses candidats dans toutes les 139 circonscriptions électorales que compte le pays. Ce qui provoque le courroux de certains alliés qui vont devoir croiser le fer avec des candidats du principal parti de la majorité. Les alliances ne pourraient jouer qu’en cas de deuxième tour. Mais, il faut craindre les blessures, les rancœurs que peuvent provoquer le premier tour comme on l’avait vu à Abala (Département des Plateaux) en 2007. Heureusement que la réconciliation avait permis de rétablir la fraternité entre les fils d’un même coin. Les élections législatives de 2012 pourraient traduire une certaine reconfiguration de l’assemblée nationale, mais l’actuelle majorité pourrait bien demeurer en place, car l’opposition n’a pas de stratégie d’envergure nationale, pour renverser la situation.

Joël NSONI