25ème anniversaire du protocole de Brazzaville : Denis Sassou Nguesso lance une fondation pour la paix

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Le 25ème anniversaire de la signature du protocole de Brazzaville sur la paix en Afrique australe s’est déroulé, mardi 11 février 2014, au palais des congrès, à Brazzaville, sous le patronage du président congolais, Denis Sassou Nguesso. Plusieurs invités de marque, dont trois chefs d’Etat (Jacob Zuma, d’Afrique du Sud, Faure Gnassingbe, du Togo, Manuel Pinto Da Costa, de Sao-Tomé Principe)...,

l’ancienne présidente d’Irlande (1990-1997), Mary Robinson, l’ancien président sénégalais, en séjour prolongé à Brazzaville, Abdoulaye Wade, des ministres comme Jean-Yves Le Drian, ministre français de la défense, trois Prix Nobel de la paix, le professeur bangladais Muhamad Yunus, le Finlandais Martti Ahtisaari et l’Egyptien Mohamed al-Baradei, l’ancien ministre français, Michel Roussin, et une pléiade de personnalités venues d’Amérique latine, d’Europe, d’Asie et, bien évidemment, d’Afrique.

Dans son discours de clôture, le président Sassou Nguesso a annoncé la création d’une fondation pour la paix, «aux fins d’accompagner, concrètement, tous chantiers de construction et de reconstruction de la paix en Afrique et partout ailleurs dans le monde», a-t-il précisé.
C’était une «grand-messe» que la commémoration du protocole de Brazzaville, signé le mardi 13 décembre 1988, dans la salle du palais du peuple, par les représentants gouvernementaux d’Afrique du Sud (alors sous le régime de l’apartheid), des Etats-Unis d’Amérique, de l’Union soviétique, de Cuba, d’Angola, par le commissaire des Nations unies en Namibie et le président congolais, Denis Sassou Nguesso. «Ce fut l’épilogue d’interminables et difficiles négociations entre l’Afrique du Sud, l’Angola et Cuba, sous la médiation des Etats-Unis d’Amérique et l’hospitalité active du Congo», a rappelé le président Denis Sassou Nguesso, dans son discours d’ouverture.
Le protocole de Brazzaville est intervenu «après huit mois de longues et difficiles négociations dont l’artisan principal est le Dr Chester Crocker. Entamées le 8 mai 1988, à Londres, ces négociations se sont, ensuite, transportées au Caire, en Egypte, à New York, au siège des Nations unies, à Genève, en Suisse et, à cinq reprises, à Brazzaville, au Congo», précise notre confrère, Albert S. Mianzoukouta, qui avait couvert la cérémonie de signature du protocole de Brazzaville, pour le compte de La Semaine Africaine.
Célébré en mémoire de Nelson Mandela, le rendez-vous de Brazzaville a tenu ses promesses. «La paix rien que la paix» a été le maître-mot de ces retrouvailles, qui a constitué le fond des débats et qui a également permis aux uns et aux autres de revoir certains acteurs de ce protocole d’accord. «A César ce qui est à César…», vingt-cinq ans après, on a voulu se remémorer ce moment historique, pour mieux aborder l’avenir.
Pendant la commémoration, retransmise en directe sur Télé-Congo, l’auditoire, composé d’éminentes personnalités, dont les membres du corps diplomatique accrédité au Congo, les responsables des institutions constitutionnelles, les membres du gouvernement, du cabinet du chef de l’Etat, etc., a suivi le documentaire intitulé «Plot for peace» (Complot pour la paix) réalisé en hommage au Français Jean-Yves Ollivier, homme d’affaires et acteur de l’ombre qui a inspiré le président congolais, pour s’engager dans cette mission et qui a œuvré à ses côtés, pour sa réussite. «Le diplomate de l’ombre» a introduit son documentaire, avant la projection. Il y a eu des tables-rondes sur les thèmes suivants:
- «Pourquoi ce qui paraissait impossible il y a 25 ans a pu se faire maintenant?»;
- «La paix est-elle une utopie aujourd’hui?».
Il y a eu également les allocutions du président sud-africain, Jacob Zuma, qui a remercié et congratulé son homologue congolais pour cette initiative et son implication pour le retour de la paix en Afrique australe; du président sao-toméen, Manuel Pinto Da Costa; la communication sur «la paix est-elle une utopie?» du ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian, représentant le président François Hollande. Le représentant cubain, membre du Parti communiste cubain, chargé des questions africaines a aussi fait un témoignage sur l’intervention de son pays en Angola et sur les négociations ayant abouti au protocole de Brazzaville.
Durant les panels (ou tables-rondes), les intervenants, parmi lesquels les trois Prix Nobel, ont parlé de l’importance que revêt la paix dans le monde et particulièrement en Afrique. Ils ont souhaité de privilégier le dialogue dans la résolution des conflits.
Dans son discours de clôture, le président Denis Sassou Nguesso a indiqué qu’au nombre des enseignements que l’on peut tirer de la présente rencontre, il y en a deux qui méritent d’être mis en exergue. Le premier, c’est le devoir de mémoire: «Notre auguste assemblée y a accordé, à juste titre, une place de choix. Ce qui nous a permis de revisiter la lutte héroïque et victorieuse menée, des années durant, par les peuples d’Afrique australe»; «Le second nous est suggéré par le débat combien édifiant que nous venons d’avoir sur le thème de la paix. Ce débat a eu le grand mérite de proposer les semences d’une paix, qui ont vocation à prémunir notre monde de la culture de la violence. A ce stade, j’aimerais, saisir cette occasion pour apporter notre soutien et exprimer notre solidarité à tous les peuples en proie à la violence et qui, de ce fait, payent de leurs vies le déficit de paix qu’accusent, hélas, leurs pays respectifs», a-t-il indiqué.
Parlant de la République Centrafricaine, il a rappelé que «le martyre du peuple, centrafricain frère est emblématique des tragédies dont sont victimes certains Etats et peuples à travers le monde. Il est du devoir de la communauté internationale d’agir avec davantage de fermeté et de diligence, afin de mettre un terme au règne de la barbarie».
Côté organisation, le Congo a recouru aux services de Richard Attias, l’homme d’affaires franco-marocain, avec sa société «Richard Attias & Associates», une agence de communication stratégique et d’organisation de grands événements s’étant fait connaître avec le «New York forum». Pour l’animation des panels, Jean-Claude Kakou était le seul journaliste congolais, à côté des Français Charles Villeneuve et Guillaume Durand. S’il est une chose à déplorer, c’est le manque de casques, pour les participants qui n’ont pas pu suivre les discours prononcés en anglais et en espagnol. Enfin, La Semaine Africaine, le plus ancien journal paraissant encore au Congo, était à l’honneur, puisque le «press book» fait par le cabinet communication de la présidence de la République pour cet événement, a repris, entre autres, les articles publiés par ce journal et rédigés, à l’époque, par Albert S. Mianzoukouta, aujourd’hui journaliste à Radio-Vatican, à Rome (Italie). «Etumba», l’organe central de communication du Parti congolais du travail paraissait aussi et certains de ses articles ont été repris.

Pascal Azad DOKO


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