Assemblée générale de la fédération P.c.t de Brazzaville : Après moult rebondissements, Gabriel Oba Apounou a cédé le témoin à Gabriel Ondongo

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La fédération P.c.t de la commune de Brazzaville a, enfin, tenu son assemblée générale élective, mercredi 5 mars 2014, au palais des congrès, sous le patronage de Pierre Ngolo, secrétaire général du P.c.t (Parti congolais du travail), en présence des membres du secrétariat permanent du parti, du bureau de la fédération de Brazzaville et de nombreux militants. Au terme d’un processus électoral qui a connu quatre suspensions, les militants de la capitale ont, unanimement, porté à la tête de leur fédération, Gabriel Ondongo, en remplacement de Gabriel Oba-Apounou qui a occupé ce poste pendant quatorze ans.

 

Avec un  retard de près de deux ans, la fédération de Brazzaville vient ainsi de boucler la restructuration des fédérations départementales du P.c.t, entamée au lendemain du 6ème congrès extraordinaire d’août 2011. La restructuration du bureau de la fédération de Brazzaville s’était heurtée à des enjeux liés aux ambitions des dirigeants eux-mêmes. Au départ, Gabriel Oba-Apounou était le seul candidat à sa propre succession. Il y a eu, ensuite, deux «camarades» qui se sont portés candidats: Théophile Adoua et Joseph Mbossa. Plus tard, la direction du parti a proposé la candidature de Gabriel Ondongo. Ils étaient donc quatre candidats à se disputer le poste, dans un climat qui renforçait la susceptibilité des militants. Finalement, les deux candidats volontaires se sont retirés. Il ne restait en lice que les deux Gabriel.
Il y a eu plusieurs rebondissements, sur fond de soupçons entre les deux camps. Lors de l’assemblée générale, mercredi 5 mars dernier, il y a eu des conciliabules entre les deux candidats et les membres du secrétariat permanent, dans la salle des banquets du palais des congrès. Il a été proposé au sortant de retirer sa candidature. Mais, celui-ci a résisté. Au bout d’un long moment (il était déjà plus de 23h), les responsables sont revenus dans la salle des congrès, pour annoncer le retrait de Gabriel Oba-Apounou de la course, et qu’il ne reste plus qu’un seul candidat, Gabriel Ondongo, qui a été élu par acclamation, comme c’est de tradition dans ce parti.
Gabriel Oba-Apounou n’a pas voulu sortir sur la pointe des pieds. Il a demandé à prendre la parole, avant le vote par acclamation. «Camarades participants à l’assemblée générale de la fédération P.c.t de Brazzaville. Je ne voudrais pas me séparer de vous sur la pointe des pieds. J’ai été, par politesse ou discipline, appelé à retirer ma candidature. Je suis, depuis plus de huit mois, candidat à ma propre succession. J’ai été dans tous les arrondissements, sachant que notre parti autorise, quand on est sur un poste électif, la multiplicité des candidatures. J’étais candidat et je savais qu’il y en aura d’autres. Ce qui était de mon droit, du reste. Malheureusement, j’ai été contraint de retirer ma candidature, à la demande de la direction du parti. Je voudrais, donc, vous remercier, pour l’appui que vous m’avez apporté, lorsque je vous disais que j’étais candidat. Je sais que nombreux d’entre vous, si vote il y avait eu, auraient voté pour moi. Mais, vous savez que toute démocratie pose problème. Je ne voudrais m’enliser là. Je vais, tout simplement, vous remercier encore, pour tout l’appui que vous m’avez apporté et vous pouvez toujours compter sur moi. Le chemin de la lutte ne s’arrête pas là. Comptez sur moi, je vous en prie», a-t-il déclaré, avec beaucoup d’émotion. Une émotion qui a, d’ailleurs, envahi une grande partie de la salle.
Le secrétaire général Pierre Ngolo a tenu à clarifier les choses. «La candidature d’Oba-Apounou posait problème. C’est l’une des décisions du 6ème congrès extraordinaire. Nous avons notifié au camarade Oba-Apounou, que sa candidature avait peu de chance d’être validée. Ce n’est pas par haine contre le camarade Oba-Apounou. C’est, simplement, parce que nous voulons, désormais, que les principes que nous nous sommes donnés, soient observés et qu’il n’y avait pas de discrimination dans l’application de ces principes. Ainsi, nous avions demandé le retrait de cette candidature. C’est vrai, ça fait des vagues. Mais, en définitive, la compréhension était au rendez-vous», a-t-il déclaré.
Signalons que le secrétariat fédéral compte neuf membres, dont deux seulement, Hyacinthe Ongoto et Zacharie Bakana, ont été reconduits. La commission fédérale de contrôle et d’évaluation, qui compte cinq membres, a aussi un nouveau président, Daniel Vincent Niamalo. Un conseil fédéral de 311 membres a été mis en place et une motion de soutien au président du comité central a été adoptée.

Pascal Azad DOKO

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