31e sommet de l’Union africaine à Nouakchott (Mauritanie) : L’autofinancement de l’organisation au cœur des débats

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Chefs d’Etat et de gouvernement du continent se réunissent ce samedi 30 juin 2018 dans la capitale mauritanienne Nouakchott, pour le 31e Sommet de l’Union africaine (UA). Sous le patronage du Rwandais Paul Kagamé, président en exercice, cette rencontre a entre autres enjeux l’autofinancement de l’organisation panafricaine. Conviés par les chefs d’Etat, des représentants des ONG veulent y obtenir des dirigeants du continent la prise d’engagements concrets pour garantir le respect des droits humains et la liberté d’expression et d’association.



Comme lors du dernier sommet à Addis-Abeba en Ethiopie siège de l’UA, le sommet des chefs d’Etat de Nouakchott évoquera parmi les enjeux majeurs,  la réforme de l’organisation qui figure au premier plan, pour laquelle depuis deux ans Paul Kagamé propose une taxe de 0,2% sur un certain nombre de produits importés par les pays africains, afin de garantir l’autofinancement de l’Union africaine. Un projet que porte aussi Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’UA, qui envisage des mesures dérogatoires au cas par cas à l’endroit de certains Etats qui tissent d’importantes relations commerciales avec l’extérieur et qui rechignent devant cette taxe, avec à leur tête l’Afrique du Sud.
Un autre enjeu est la lutte contre la corruption qui reste une urgence pour le continent, fléau illustré il y a quelques jours par la démission fracassante du Ghanéen Daniel Batidam du Conseil consultatif de l’Union africaine contre la corruption en dénonçant des pratiques de corruption au sein de l’administration de l’organisation. Il a fustigé les comportements de ceux qui se font embaucher et reversent une rétribution à ceux qui les ont recrutés. Cet enjeu sera au cœur des travaux des chefs d’Etat car 2018 a été choisie par l’UA comme l’année de la lutte contre la corruption.
Dans le contexte du démarrage de ce sommet lundi 25 juin, le Comité de pilotage Afrique des Organisations de la societe civile a émis un certain nombre d’exigences pour demander aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA de prendre des engagements concrets pour garantir le respect des droits humains et la liberté d’expression et d’association, ainsi que d’appeler leur homologue nigérien à libérer immédiatement et sans conditions les acteurs de la société civile en prison. 24 parmi ces détenus seront jugés le 3 juillet 2018 au tribunal de Niamey, alors que deux autres, notamment Maikoul Zodi et Ibrahim Diori, devaient être entendus mardi 27 juin par un Juge d’instruction.

Aristide Ghislain
NGOUMA

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