Clôture du 31e sommet de l’Union africaine à Nouakchott (Mauritanie) : Les chefs d’Etat déterminés à rendre autonome leur organisation

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Débuté dimanche 1er juillet 2018 dans la capitale mauritanienne Nouakchott, le 31e sommet de l’Union africaine (UA) a réuni les chefs d’Etat et de gouvernement qui ont planché sur les défis majeurs liés au fonctionnement de leur organisation, avec en prime ses réformes institutionnelles et son autonomie financière. D’autres dossiers tels le parlement panafricain et la corruption figuraient au menu des discussions ayant regroupé plus d’une vingtaine de dirigeants du continent sous l’égide du président rwandais Paul Kagamé, président en exercice de l’UA. Ce sommet s’est clôturé lundi 2 juillet.

Le 31ème sommet ordinaire de l’Union africaine a abordé également le problème de l’intégration continentale en souhaitant la mise en œuvre de la Zone de libre échange continentale (ZLEC), un projet lancé il y a quelques mois à Kigali, au Rwanda, par les dirigeants d’Afrique. Dans la capitale de la République islamique de Mauritanie, les chefs d’Etat et de gouvernement ont tenté de convaincre leurs pairs jusqu’ici indécis quant à l’application de certaines mesures économiques importantes, dont celle liée à la taxe de 0,2% proposée depuis deux ans par Paul Kagamé sur un certain nombre de produits importés par leurs pays. En effet, plus de 80% du budget de l’Union provient de donateurs extérieurs, limitant ainsi son autonomie. Certains pays cumulent des arriérés et ne parviennent pas à s’acquitter de leur cotisation annuelle, avec pour corollaire la stagnation de nombreux projets. La situation du Sahara occidental a elle aussi été au centre des discussions des chefs d’Etat avec notamment le retour l’an dernier du Maroc au sein de l’UA.
Président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat a précisé les deux raisons principales de ce sommet en indiquant premièrement que Nouakchott conclut le cycle des sommets pléniers en juin et juillet auxquels se substitueront l’année prochaine des rencontres à format réduit axées sur la coordination avec les communautés économiques régionales. Puis il a fait savoir que la seconde raison, à la fois géographique et historique, tient au fait que ce sommet s’est déroulé au point d’union des deux Afrique: l’Afrique méridionale et l’Afrique septentrionale.
Le sommet de Nouakchott a été émaillé de deux attaques djihadistes au Mali. La première a frappé vendredi 29 juin le quartier général du G5 Sahel à Bamako, qui a tué au moins trois personnes et fait d’importants dégâts matériels. Un attentat revendiqué par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), et qui est survenu deux jours avant l’ouverture du sommet. Le deuxième attentat est celui à la voiture piégée perpétré à Gao, au nord du Mali, qui le jour suivant a visé l’opération française Barkhane, faisant au moins 4 morts et une vingtaine de blessés parmi les civils et les militaires. Ces attaques meurtrières ont eu lieu alors que les dirigeants du G5 Sahel avaient déjà planifié l’entretien avec leur homologue français Emmanuel Macron en marge du sommet de l’UA, dans le cadre de l’opérationnalisation de la force conjointe qui, faute de financement, tarde à devenir effective dans cette région.  

Aristide Ghislain NGOUMA

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