Processus électoral en RD Congo : Joseph Kabila s’incline devant la Constitution du pays

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Ouf! Le suspense est levé. Depuis mercredi 8 août dernier en RD Congo, peu avant l’expiration du délai de dépôt de candidature. C’est un des proches de Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, qui a été choisi, pour défendre les couleurs de la coalition au pouvoir lors du scrutin présidentiel du 23 décembre 2018. L’actuel président ne sera donc pas candidat à un troisième mandat consécutif, lui qui avait promis de respecter la Constitution de son pays.

Pour la majorité présidentielle, «le président Kabila a tenu sa promesse, a rappelé Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, qui a indiqué que le choix du Front commun pour le Congo s’était porté sur cet «oiseau rare». La décision du président Kabila est en cohérence avec son intervention en 2007, la dernière fois qu’il s’est exprimé clairement sur son avenir politique. Nouvellement élu, il assurait: «Joseph Kabila n’est pas comme les autres. J’ai donné ma parole d’honneur en promulguant cette Constitution, je n’y toucherai donc pas. Le pouvoir use. Il faut savoir s’arrêter».
La candidature d’Emmanuel Ramazani Shadary est une surprise. Il ne figurait pas parmi ceux qui alimentaient les rumeurs sur les réseaux sociaux. Et pourtant «on aurait dû s’y attendre», commente-t-on en RDC. C’est un fidèle du président Kabila, numéro deux du parti présidentiel le PPRD. Mais pour Adolphe Muzito, ancien Premier ministre, cette décision n’est pas une surprise. «Je n’ai pas été surpris du choix qu’il a fait parce qu’il n’avait pas beaucoup de marge de manœuvre: il n’a pas laissé ses compagnons de route s’exprimer, se mettre en valeur, développer leurs idées, apporter la contradiction… de sorte que l’on n’a pas pu identifier des personnalités du fait de leurs idées…». D’aucuns estiment  que Joseph Kabila n’a eu qu’une poignée d’hommes de con-fiance. Il a toujours été secret, méfiant, les commentateurs les plus gentils diront timide, reclus. Chez lui, ce n’est pas le pouvoir qui isole, c’est sa nature, selon un journaliste de son pays qui affirme que «sa force c’est de savoir se taire».
Depuis le début de l’année, Joseph Kabila l’aurait dit à différentes occasions, mais plutôt en dehors de son cercle. Au G7 minier, les sociétés qui s’opposaient au code minier, selon certaines confidences, le chef de l’Etat congolais leur aurait assuré qu’il serait un homme d’affaires l’an prochain. Au Cardinal Monsengwo, il confiait qu’il ne serait pas candidat; le président Kabila l’aurait fait comprendre également à son homologue angolais João Lourenço la semaine dernière; ou encore tout récemment devant des proches. Il aurait reconnu qu’il s’agissait d’un moment difficile pour lui. Mais, pourtant, il a quand même fait voter une loi portant statut des anciens chefs d’Etat au cours d’une session parlementaire extraordinaire, qui lui accordera l’amnistie. C’était certainement pour préparer, avec sérénité, sa retraite politique.

Marcellin MOUZITA MOUKOUAMOU

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