Politique étrangère des Etats-Unis : 1-De la responsabilité d’être une puissance mondiale

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Quelle politique étrangère les Etats-Unis d’Amérique poursuivent-ils dans le monde ? La question ne cesse d’être posée aux responsables américains par les journalistes. Et lorsque ceux-ci sont africains, l’interrogation tourne carrément à l’obsession. Quand M. Donald Trump ira-t-il en visite en Afrique et dans quels pays ? Les présidents américains de cette dernière décennie ont fait le service minimum pour ce qui est de leurs relations avec l’Afrique. M. Donald Trump s’est, qui plus est, signalé par des propos dédaigneux envers ces « pays de m… », laissant à penser qu’il n’y aura pas même de voyage officiel américain vers le continent noir,  au moins durant ce premier mandat Trump (qui prend fin l’an prochain).

 

Bien plus, l’administration américaine a donné à voir son peu d’entrain dans les relations multilatérales, dédaignant les organisations multilatérales. Rupture ou continuité? La réponse est claire: rupture ! Retrait de divers traités (Iran, par exemple), exigence de renégociations d’accords jusqu’ici opérationnels (OMC par exemple, et bras de fer commercial avec la Chine)… Le tout au profit d’un rapport direct avec les dirigeants du monde et le plus possible en se passant des organisations internationales. Sauf l’ONU.
Il faut donc expliquer cette politique américaine au monde, et la laisser voir dans sa cohérence. Il ne s’agit pas d’une politique du tout ou rien, mais d’un ensemble d’engagements à tisser ou retisser avec des partenaires du monde, au profit des Américains, lésé par le trop grand fardeau qu’il porte à la face du monde. «Rendre sa grandeur à l’Amérique», plus qu’un slogan, un état d’esprit.
Agir pour le monde

Un panel représentatif de journalistes des cinq continents a été invité à tour de rôle à Washington. Dix journalistes par continent. Et pour le compte de l’Afrique, parmi eux, le directeur de La Semaine Africaine.
La visite a commencé le vendredi 24 avril par la Maison de la presse à Washington, une institution indépendante qui se charge de gréer toutes les questions liées à l’exercice de la fonction de journaliste aux Etats-Unis. Elle héberge le Meridian International Center, organisateur de la visite pour le compte du Département d’Etat. Sarah Yogada et Shelby Keegan de ce centre sont chargées de veiller à tous les détails du voyage. «Le Premier amendement de la Constitution soutient la liberté de la presse. Nous ne dictons pas quoi écrire aux journalistes. La plupart de nos rencontres sont ouvertes et peuvent être enregistrées ou suivies sur Internet», tient à faire savoir le service officiel.
De grands échos ont été suscités dans le monde à propos de la politique américaine envers les deux Corée. Il s’agit de l’expliquer au mieux, si possible par des personnes touchant du doigt cette réalité au plus près. Renforcer la paix et la sécurité du monde à travers la non-prolifération des armements nucléaires, consolider la démocratie». C’est pourquoi, après la Maison de la presse, le groupe des journalistes s’est transporté au Département d’Etat, le ministère des Affaires étrangères où l’accent été mis sur l’action du Président Donald Trump en faveur de la paix dans la péninsule coréenne.
C’est une région où la guerre n’est mise qu’entre parenthèses : celle de 1953 qui a vu la séparation des deux Corée ; les relations exécrables entre le Japon et la Chine voisine accusée d’hégémonie dans leur mer commune. Sans parler de la Russie, un autre acteur de poids dans la péninsule et qui soutient la Corée du Nord comme les Etats-Unis soutiennent la Corée du Sud (où sont stationnés 28.000 militaires américains). La région est une poudrière relative.
Une poudrière où les nerfs sont poussés à bout par le fait que la Corée du Nord, mécontente des sanctions qui lui sont infligées, brandit son programme atomique avec des essais de missiles balistiques comme une menace ou un atout de négociation. Kim-Jong-un, est pourtant présenté comme le plus moderne des leaders nord-coréens depuis la création par partition (en 1953) de ce pays. Il semble désireux de sortir du statu quo, mais affirme que le démantèlement de son programme nucléaire passe après la levée des sanctions que les Etats-Unis et l’ONU lui ont imposées. Donald Trump veut obtenir d’abord le démantèlement nucléaire, «vérifiable et contrôlable». Les deux dirigeants campent sur leurs positions, et aucune avancée n’est perceptible depuis des mois.
Les deux premières rencontres avec le dirigeant nord-coréen Kim-Jong-un (le dernier à Hanoi, en avril dernier) ont suggéré que d’autres suivraient, avec peut-être plus de volonté d’aboutir à un accord. Pour rassurer les alliés américains dans la région (Japon et surtout Corée du Sud) mais aussi souligner la volonté de Donald Trump d’instaurer une paix sans le pistolet nucléaire à la tempe de quiconque. La Russie, dont l’antagonisme avec les USA est légendaire, alliée de la Corée du Nord, soutient cette dernière. Une rencontre vient même d’avoir lieu en Russie, très chaleureuse, il y a moins de dix jours. Elle a réuni le président Vladimir Putin et le dirigeant Kim-Jong-un. Elle s’est achevée par la réaffirmation, en gros, que chaque pays était libre de défendre les intérêts de son peuple y compris par l’arme nucléaire. Résultat: samedi dernier, la Corée du Nord a procédé à de nouveaux tirs de missiles vers la Mer du Japon.

Albert S.
MIANZOUKOUTA
Envoyé spécial

Prochainement : 2- Les défis de la réconciliation)