PRÉSIDENTIELLE EN TUNISIE : Kaïd Saïed et Nabil Karoui arrivent en tête, selon les tendances

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Le premier tour de l’élection présidentielle s’est déroulé dimanche 15 septembre dernier sur toute l’étendue du territoire tunisien et à l’étranger. Le taux de participation s’élève à 45% et deux candidats se disent qualifiés pour le second tour, mais les chiffres officiels ne seront connus que ce mardi plus tôt. Depuis dimanche soir, les agents de l’ISIE, l’instance chargée des élections, ont entamé un travail de collecte et d’analyse des résultats provenant des 24 gouvernorats que compte le pays.

 

Sur la base des tendances livrées dans la soirée du vote par un cabinet de sondage, deux candidats annoncent être au second tour. Il s’agit de l’homme d’affaires Nabil Karoui, actuellement en détention pour une affaire de blanchiment d’argent, et de Kais Saïed, candidat indépendant et conservateur. Un troisième nom semble également se dégager des tendances divulguées par les instituts de sondage, celui d’Abdelfattah Mourou, le candidat du parti ENNAHDHA.
Kaïs Saïed a fait une brève apparition devant ses militants, à la fin du scrutin à Tunis. Mais celui que l’on surnomme d’ailleurs «Robocop», du fait de son caractère bien trempé, n’a pas commenté ces tendances, ni prononcé de déclaration.
Au quartier général de Nabil Karoui, l’ambiance est subitement montée d’un cran quand les premiers sondages sortis des urnes l’ont placé qualifié pour le second tour. L’épouse du candidat emprisonné a pris la parole, demandant la libération de son mari et saluant le vote de ses compatriotes.
Le parti islamiste ENNAHDHA a pour sa part vivement rejeté ces tendances.
Interrogé par les médias nationaux, Youssef Chahed, le candidat du parti au pouvoir, a reconnu sa défaite.
A rappeler que la journée de vote s’était déroulée dans le calme et s’est terminée à l’heure. Aucun incident majeur n’a été signalé dans les 13 000 bureaux de vote du pays. A la Goulette, près de Tunis, les électeurs se sont déplacés au compte-gouttes, mais on a senti un certain intérêt pour ce scrutin. Plusieurs Tunisiens ont exprimé leur fierté de pouvoir choisir librement leur président pour la seconde fois. «J’ai voté pour préserver l’avenir de mes enfants», expliquait une dame. Pour elle, les priorités sont désormais multiples : la sécurité, l’éducation, la santé. Habib Labidi aussi estime que le vote du dimanche était important, car il permet de confirmer l’ancrage démocratique du pays. «J’ai entièrement confiance. Je suis sûr que le bulletin que je dépose, il compte. Ce n’est pas comme avant, on n’avait pas confiance. Vous votiez X, c’est Y qui passait». Mais ce retraité de 66 ans en veut au gouvernement actuel : «toutes les promesses sont tombées à l’eau. La chute du dinar, la cherté de la vie, l’inflation, la dette, la sûreté, la santé, l’éducation… Rien, rien ne va. Alors pour le principe, je suis venu d’abord pour sanctionner».

Marcellin MOUZITA MOUKOUAMOU

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