Après la tentative d’assassinat dont il a été victime à Impfondo : Indigné, Jean-Marie Tassoua appelle à la manifestation de la vérité!

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Victime d’une tentative d’assassinat, dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 septembre 2014, à Impfondo, chef-lieu du département de la Likouala, Jean-Marie Tassoua, président du C.e.s (Conseil économique et social), a animé, mercredi 15 octobre 2014, à son domicile privé, au quartier Nkombo, dans le neuvième arrondissement, Djiri, à Brazzaville, une conférence de presse, pour non seulement rappeler les faits dont il a été la cible, mais encore exprimer sa détermination à la manifestation de la vérité et de la justice.

 

Visiblement ému mais serein, Jean-Marie Tassou a abordé la conférence de presse qu’il a organisée à son domicile, en présence de quelques membres de son cabinet. Dans un ton de responsabilité et de sagesse, il a commencé son mot liminaire, sans support écrit, par un grand éloge aux journalistes venus nombreux chez lui: «Je voudrais aussi vous féliciter, pour le métier que vous avez choisi. C’est un métier très périlleux, mais très utile, puisque, comme vous le savez, vous êtes les témoins de l’histoire des nations et des peuples; vous qui, parfois, au risque de vos vies. Chacun peut se rendre compte des évènements récents, à travers le monde, notamment dans le Proche et Moyen-Orient, de la manière macabre dont les journalistes sont assassinés, ce que j’ai failli vivre dans la nuit du 22 au 23 septembre dernier, à Impfondo. C’est un métier noble, mais très risqué. Même en venant ici, il y a en a beaucoup qui ont reçu des pressions de tous ordres. Mais, quelques-uns ont voulu être persuadés de venir écouter les propos tels qu’ils ont été vécus par la victime».
Le président du Conseil économique et social a, ensuite, rappeler les faits, comme ils lui ont été rapportés. Mais, tout d’abord, il a expliqué ce qui suit: «Comme chacun de vous le sait, depuis 2002, je suis sorti du gouvernement. Je ne m’intéresse plus à la politique active. J’ai choisi, parce qu’on m’a demandé de rester à la société civile, de m’investir dans ce secteur. Chaque fois que j’ai un temps libre, je m’occupe de mon activité favorite, c’est l’agro-pastorale. Depuis 1981, en effet, j’ai décidé de m’occuper de la terre».
Puis, il a relaté comment, le lundi 22 septembre, après avoir passé la journée chez lui à Impfondo, il décide, après 16h, de prendre la route, puis le fleuve, pour se rendre au village Ibenga où il sa palmeraie, à 86 kms d’Impfondo. Sa garde a tenté de l’en dissuader, car craignant de naviguer la nuit. Mais, comme une force irrésistible, il a décidé, malgré tout, de quitter Impfondo, quitte à arriver au village, la nuit. «Impfondo-Dongou, c’est 50 kms et la route n’est pas bonne par endroit. Face à mon insistance de partir, ceux qui m’accompagnaient pensaient que l’heure était tardive et que la navigation de nuit sur le fleuve était compliquée. J’ai préféré prendre le risque, pour arriver la nuit à Ibénga, c’est ce qui m’a sauvé», a-t-il précisé.
Evoquant les faits, il a dit: «Quand je suis parti, d’après ce qui nous revient, il a été prévu de m’assassiner sur le pont de Bonzalé, de sorte que le véhicule, sous le coup de la charge des grenades, devait franchir la rampe de sécurité et tomber dans l’eau. Mais, quand on a vu revenir le chauffeur, on a pensé que je n’avais plus voyagé et que je revenais pour dormir à Impfondo. C’est à ce moment-là que la décision a été prise, de m’assassiner à Impfondo. Il y avait quatre personnes, une était dans la rue, pour veiller, deux personnes avaient chacune une grenade à la main et la quatrième avait un P.m.a.k, pour m’anéantir. Le gardien de nuit qui se trouvait dans une voiture Hilux sur cale, dans la parcelle, a entendu des bruits bizarres. Il y a des gens qui voulaient défoncer la porte centrale de la maison. Quand il a voulu prendre la torche pour regarder ce qui se passait, la torche lui a échappé des mains et au moment de la reprendre, la main est allée, directement, toucher le clavier du téléphone portable et ça s’est allumé. Les assaillants ont constaté qu’il y a quelqu’un dans la parcelle, ils ont fait un repli, en tirant des coups de feu en l’air et balancer les grenades en direction de la fenêtre de ma chambre».
Répondant aux questions des journalistes, Jean-Marie Tassoua s’est surtout dit indigné par «le silence assourdissant» qui a entouré les faits dont il a été la cible et qui visaient son élimination physique. Il a cité le chef de l’Etat, lors de son discours sur la nation: «Le sang des autres, les larmes des autres ont trop coulé, ça suffit!». «J’apprécie hautement ce point de vue que je partage entièrement», a-t-il précisé. Il a aussi cité le président de la République concernant son adresse à la tribune des Nations unies. «Le chef de l’Etat dit: «Sans la paix, il n’y a pas de développement. Sans le développement, il n’y a pas épanouissement matériel et culturel des fils et filles de ce pays». Jean-Marie Tassou a poursuivi, en concluant: «Donc, vous voyez le mot «paix» vous accompagne au quotidien. Mais, quand on vient assassiner un responsable dans son lit, avec des armes de guerre, ce n’est pas la paix, c’est la guerre. C’est ce que je vous demande de refuser et de dénoncer, courageusement, ça vous en coûtera, mais vous devez dénoncer cela». Le président du C.e.s a, en effet, marqué son opposition à la violence, qui est de l’atrocité exercée sur les autres. Il a loué les vertus du dialogue, du débat qui permet le progrès. Il a dit si on lui reproche quelque chose, cela justifie-t-il d’attenter à sa vie?
C’est pourquoi il a manifesté son souhait de voir cette affaire être tirée au clair. Il s’est dit prêt à pardonner ceux qui ont fait cela. Si l’enquête ouverte à Impfondo l’a déçu, parce que les enquêteurs ne veulent pas entendre parler de «tentative d’assassinat» (le mot est trop fort, pour eux), il a marqué sa foi en la force publique et en la justice de son pays. Car, si les braqueurs d’Elie Smith ont été retrouvés, ils croient, fermement, que les gens qui ont voulu l’assassiner peuvent aussi être retrouvés. Mais, ce n’est pas pour lui, c’est pour le bien de la République. «La République, ce sont les valeurs cardinales auxquelles tout le monde croit et qui font la nation: l’amour de la patrie, l’altruisme, l’amour du travail bien fait, le respect de la chose publique, la solidarité sans laquelle chacun de nous, ceux de ma génération tout au plus, n’aurait pas réussi. Et quand on n’est plus là, ce n’est plus la République et ça pose problème», a-t-il dit.
Jean-Marie Tassoua a saisi cette opportunité pour remercier ceux qui l’ont soutenu, dans cette dure épreuve. «ça se passe à un moment où l’ensemble des cadres de la Likouala sont à Impfondo, pour les élections locales: les sénateurs, les députés, etc, Il y en a qui avaient les larmes aux yeux, en voyant les dégâts. Oui, j’ai eu le soutien de mes parents, tous mes amis, nationaux et étrangers. Je voudrais, d’ailleurs, profiter de votre question, pour les remercier de tout cœur».
En conclusion, le président du C.e.s a émis le vœu que la presse aide à la manifestation de la vérité, «ce serait un plus que vous apportez et au pays, et à la République et à la démocratie».

Pascal Azad DOKO

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