Recherche scientifique : Le Pr Francine Ntoumi, Prix Georg Forster de la recherche 2015

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Après le Prix régional Kwame Krumah de l’Union africaine, qui couronne les meilleures femmes scientifiques africaines, en 2012, le Pr Francine Ntoumi, présidente de la Fondation congolaise pour la recherche médicale (F.c.r.m), vient d’ajouter à son palmarès le Prix Georg Forster de la recherche 2015, attribué le 25 mars dernier par la Fondation Alexander von Humboldt, en Allemagne. Une nouvelle distinction de cette femme chercheur, discrète, mais très active et particulièrement passionnée, qui honore le Congo et sa recherche scientifique.

«La Fondation Alexander von Humboldt est une fondation allemande pour la promotion de la coopération internationale dans le domaine de la recherche scientifique, créée à Berlin, en 1860. Elle décerne, en son nom, en coopération ou en délégation, plus de 700 prix et bourses par an. Depuis sa création, la Fondation a soutenu plus de 25.000 scientifiques de 130 pays, parmi eux 49 prix Nobel. Le prix de recherche Georg Forster est attribué à des chercheurs de pays en voie de développement de toutes disciplines».

Ce sont les travaux du Pr Francine Ntoumi sur le paludisme, au laboratoire de biologie moléculaire de la Faculté des sciences de la santé de l’Université Marien Ngouabi et mis en place par la Fondation qu’elle dirige qui lui ont valu cette nouvelle reconnaissance internationale dont la communauté scientifique congolaise a de bonnes raisons de s’en féliciter. C’est un euphémisme que de dire que la recherche sur le paludisme est importante. Car, c’est une des affections humaines les plus meurtrières avec environ deux millions de morts par an, dont un million d’enfants de moins de 5 ans.
Les bonnes performances scientifiques de Francine Ntoumi, qui se démarquent d’une manière générale de celles de l’ensemble de la communauté scientifique nationale, sont, certes, le résultat d’un engagement, d’une passion, mais pas seulement. C’est aussi et surtout la conséquence d’un environnement de travail beaucoup plus motivant, de nature à développer les talents.
Le laboratoire de biologie moléculaire de la Fondation congolaise pour la recherche médicale est relativement bien équipé et les chercheurs, plutôt jeunes, y travaillent dans des conditions acceptables, fruits de la mobilisation, entre autres, de divers partenariats locaux et internationaux.
A contrario, les conditions de travail des chercheurs congolais dans la plupart des laboratoires publics sont plutôt exécrables et donc démotivantes: population de chercheurs vieillissante et équipements souvent inadaptés ou obsolètes, quand ils existent. Et pourtant, le ministre de la recherche scientifique, Bruno Richard Itoua, n’a de cesse, depuis qu’il est à la tête de ce département, de clamer un changement de paradigme et que le président de la République, conscient du caractère déterminant de la recherche scientifique et de l’innovation pour l’émergence du Congo, a consenti à augmenter son budget. Que celui du Fonds national de développement de la science et technologie serait passé de 30 millions à 600 millions de francs Cfa. S’agit-il encore d’une simple rhétorique à laquelle les dirigeants congolais sont devenus coutumiers? Sinon, pourquoi les laboratoires congolais demeurent-ils sous-équipés, dans un niveau de vétusté qui ne peut faire éclore les talents et qui les placent au ghetto de la communauté scientifique?
Comme Francine Ntoumi, les chercheurs congolais pourraient donner plus et mieux, si le gouvernement mettait en adéquation la rhétorique et l’action dans la recherche scientifique et l’innovation. Et le Congo tout entier, à commencer par son président, serait fier de ses chercheurs qui relèveraient les défis majeurs du pays, du continent africain et pourquoi pas du monde. Si un jour, par exemple, le vaccin contre le paludisme résultait, pourquoi pas, des travaux de chercheurs congolais, ne serait-ce pas une fierté pour le pays?

TSENGUE-TSENGUE

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