Justice : Le ministre Pierre Mabiala a appelé les magistrats du parquet à leur responsabilité

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Le ministre de la justice, des droits humains et de la promotion des droits des peuples autochtones, Pierre Mabiala, a réuni, mardi 4 avril 2017, dans la salle de conférences de l’immeuble du Ministère de la justice, à Brazzaville, les magistrats de tous les parquets des tribunaux du Congo pour les appeler à prendre leur responsabilité face au désarroi créé au sein de la population par le développement des phénomènes de délinquance et de criminalité qui se manifestent par le sabotage des forages d’eau à travers les villages et les groupes appelés «bébés noirs» qui sévissent dans certaines villes et localités du pays.


Très remonté et sans langue de bois, le ministre Pierre Mabiala n’est pas allé par quatre chemins pour appeler les parquetiers à prendre leur responsabilité dans la lutte contre la délinquance et la criminalité qui se manifestent par le sabotage des forages réalisés dans le cadre du Projet eau pour tous, à travers le pays, et la terreur causée par les groupes «bébés noirs». Pour lui, le gouvernement a déployé des efforts pour réaliser des projets sociaux et satisfaire les attentes des populations. Malheureusement, il y a des citoyens mal intentionnés qui vont voler les panneaux solaires qui y sont installés, les robinets, les cuves, les batteries et d’autres équipements. «Rien n’est fait par la justice pour rechercher les auteurs, les co-auteurs, les complices et les receleurs. Je ne vous vois pas à l’œuvre. Désormais, vous devrez me rechercher tous ces coupables», a déclaré Pierre Mabiala qui leur a demandé d’ouvrir, à compter de cette date, une patrouille judiciaire, pour châtier tous ces voleurs. «N’ayez peur de rien, sinon pourquoi vous êtes procureurs ou magistrats du parquet? Pas de complaisances, ils doivent comparaître tous, quelle que soit la fonction qu’ils occupent, leurs grades ou leurs qualités dans la société», a-t-il dit.
Deuxième point de sa communication, la lutte contre les groupes criminels que constituent les «bébés noirs» qui s’attaquent à l’aide d’armes blanches contre les paisibles populations, dans les quartiers. «Bébés noirs! Qu’est-ce que c’est ça», s’est interrogé le ministre Mabiala. «Allez en guerre ouverte contre eux. Si on ne fait rien, ce phénomène va grandir dans la société, prendra de l’ampleur et la paix des citoyens sera entamée», a-t-il prevenu. Pierre Mabiala a sommé les parquetiers en les renvoyant à l’essentiel de la connaissance universelle: la culture. Dans un ton ironique, il a titillé les parquetiers qui, selon lui, ne fournissent plus d’efforts pour lire les journaux, ni suivre ou écouter la télévision et la radio. «Comment allez-vous savoir qu’il y a commission des infractions dans un quartier? La loi vous autorise d’ouvrir une information judiciaire même à partir des rumeurs. On retrouve des corps sans vie dans les quartiers, vous laissez faire la police. Vous êtes assis chez vous, en train d’attendre la procédure. Mais, tout peut s’arrêter là-bas. Le magistrat du parquet doit pouvoir se rendre dans les lieux du crime. Vos anciens le faisaient. De nos jours, on connaît le procureur que par voie de presse. Vous avez même peur. Sinon, pourquoi vous ne poursuivez pas ces bébés noirs et les arrêter? Vous êtes complices?», a-t-il demandé.
André Gakala-Oko, procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Brazzaville, croyant que le ministre s’adressait à lui, s’est levé, majestueusement, et a répondu: «Absolument pas, Monsieur le ministre!». «Non!», lui a retorqué le ministre Mabiala. «Quand je dis vous, c’est tous les parquetiers ici réunis. Pas vous, personnellement», a-t-il ajouté. Il a enjoint les magistrats du parquet, qui sont chargés de requérir l’application de la loi, d’arrêter ce phénomène de criminalité qui inquiète profondément les populations. Sinon, «ils viendront un jour vous envahir dans vos bureaux», leur a-t-il lancé.
Le troisième point de la communication du ministre Mabiala aux parquetiers portait sur les élections avec tout ce qu’elle entraine comme conséquences ou troubles à l’ordre public. Pour lui, la période électorale n’est pas synonyme de non-Etat ou de non-droit. «La loi pénale demeure», a-t-il précisé, en guise de mise en garde contre les fossoyeurs de l’ordre public. Dans la foulée, il n’a pas épargné les hommes politiques qui, selon lui, droguent les jeunes, les mettent dans la rue pour semer le désordre, en empêchant parfois les électeurs des autres candidats d’aller voter. Ils déchirent les affiches ou les effigies des autres candidats, etc. Comme pour moraliser la société, il a ordonné à l’avocat général près la Cour suprême, de publier à deux jours du lancement de la campagne électorale pour les législative, une «déclaration musclée» à l’endroit de tous les candidats. «Celui qui va tomber dans le piège, ça sera tant pis pour lui. Tout en étant candidat, la justice procédera par son arrestation. Nous devons moraliser la société à travers la justice», a-t-il martelé. La justice sévira, même pendant que les candidats incriminés battent campagne. «La discipline commence par la justice et se détermine par la justice», a-t-il indiqué.
Enfin, le ministre Mabiala s’en est pris aux parquetiers qui prennent des mauvaises réquisitions, soit moyennant de l’argent ou soit par simple naïveté. «Vous pouvez compter sur moi, pour régler tout ça», a-t-il averti. Pierre Mabiala a promis que ce genre de rencontres avec les parquetiers se déroulera, dorénavant, tous les trois mois, afin de regarder la politique pénale du pays. «Si nous ne sommes pas efficaces dans l’application des lois, il n’y aura pas de justice, pas d’infractions de la loi pénale. Donc, pas de bons parquetiers. Tout se passe comme s’il n’y avait pas de justice dans le pays, alors qu’elle est toute puissante. Montrez que vous êtes puissants», leur a-t-il demandé. Seulement, la question des moyens de travail n’a pas été abordée!

Cyr Armel
YABBAT-NGO

Informations supplémentaires