Congo - F.m.i : La conclusion des négociations pourrait intervenir le 3 septembre à Washington

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Lors du forum intitulé «Justice et banque dans la Cemac», tenu à Ndjamena, au Tchad, le 19 juillet 2017, Abbas Mahamat Tolli,  gouverneur de la B.e.a.c (Banque des Etats de l’Afrique centrale), a annoncé, au cours d’une conférence de presse en marge de ce forum, que le 3 septembre 2017 pourrait être la  date  de la conclusion du programme entre le F.m.i (Fonds monétaire international) et le Congo.


Au regard de l’évolution de la situation économique, il y a déjà quatre pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale qui sont en programme avec le F.m.i: Cameroun, Gabon, Centrafrique et Tchad. La Guinée Equatoriale est en cours de négociation avec le F.m.i dont une  mission est déjà en place.
Pour le Congo,  les pourparlers avec le F.m.i sont retardés, à cause des échéances électorales en cours, avait confié Calixte Ganongo, ministre congolais des finances, du budget et du portefeuille public.
Une mission du F.m.i avait déjà procédé, le 20 février et le 8 mars 2017, à l’évaluation de la situation économique et financière du pays en 2016 et fait le bilan des perspectives pour 2017. Dans ses conclusions préliminaires, la mission a souligné qu’une série de données ne lui avaient pas été fournies. Elle avait, en effet, regretté «la non mise à disposition de certaines informations cruciales portant sur les transactions financières de l’Etat liées au pétrole». A plusieurs reprises, elle avait demandé, en vain, la situation du compte du gouvernement en Chine, qui reçoit une partie des recettes de la vente du pétrole en Chine et finance l’exécution des grands projets réalisés au Congo. Elle a aussi demandé, sans réponse positive, le bilan financier de la S.n.p.c (Société nationale des pétroles du Congo), qui traînerait une dette importante à l’égard de ses partenaires traders, les sociétés Glencore et Trafigura. Sans doute, en se rendant à Washington, Calixte Ganongo prendra soin d’éclairer la lanterne du F.m.i sur la dette contractée à travers la S.n.p.c.
D’après le gouverneur de la B.e.a.c, le ministre des finances du Congo devrait se rendre, sous peu, à Washington, aux Etats-Unis d’Amérique, pour finaliser les discussions avec le F.m.i. Cela montre que tous les pays de la Cemac doivent  être en programme avec le F.m.i, selon l’approche régionale, tout en sachant que les pourparlers avec le F.m.i se mènent de façon individuelle. Il faut préciser que les programmes de réformes souhaités par la communauté remontent du sommet de la Cemac tenu à Yaoundé, au Cameroun, en décembre 2016.
Les conclusions issues de cette rencontre des Chefs d’Etat de la sous-région d’Afrique centrale avec les institutions de Bretton Woods ne laissent aucune place à l’ambiguïté sur les démarches que les Etats de la Cemac doivent entreprendre concernant les finances publiques et la consolidation du volet de la coopération internationale, mais aussi de la stabilité  financière et des besoins extérieurs.
Récemment, le Congo a reçu une mission d’inspection du F.m.i. A travers cette mission, l’institution de Bretton Woods a mené une enquête et entamera, très bientôt, les discussions avec l’Etat congolais pour le lancement d’un programme de financement. Dans le cadre de ce programme, le Fmi prévoit un appui financier pour ce pays qui traverse, depuis près de deux ans, tout comme la Guinée Equatoriale, une crise importante économique et financière. Du 20 février au 8 mars dernier, une équipe du fonds a séjourné dans le pays où elle a tâté la situation de l’économie  nationale.
Le constat issu de cette mission serait, selon le Fmi, sans appel. La  baisse des prix internationaux du pétrole fait subir des difficultés considérables à l’économie du Congo, qui s’est fortement contractée en 2016. Selon le F.m.i, les impératifs pour le gouvernement congolais sont, désormais, la nécessité d’un ajustement budgétaire, en vue de renforcer la confiance des investisseurs, la contenance de la dette publique à des niveaux durables, ainsi que la stimulation de la croissance. Pour le F.m.i, l’importance du secteur pétrolier rend la Cemac vulnérable à la volatilité des cours du pétrole. C’est ainsi qu’on assiste à une forte détérioration du solde budgétaire globale régional.
La conséquence a entraîné la forte baisse des réserves de change. Les développements exigent un ajustement rapide des politiques économiques, afin de rétablir les équilibres macroéconomiques. Toutefois, le F.m.i est prêt à soutenir davantage les Etats de la Cemac dans leurs efforts de redressement économique.

Philippe BANZ


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