Rapport du Conseil supérieur de la liberté de communication sur les élections de 2017 : Le Conseil et les médias n’ont pas pleinement joué leur rôle pendant les élections

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Le CSLC (Conseil supérieur de la liberté de communication) et les médias n’ont pas joué pleinement leur rôle de régulation et de couverture, lors des élections législatives, locales et sénatoriales de 2017, faute d’une autonomie financière. C’est ce qui ressort du rapport sur la couverture médiatique desdits scrutins publié vendredi 15 septembre 2017 par le CSLC, dans la salle de conférences de la Préfecture, sous les auspices de Philippe Mvouo, président de cette institution. Ce rapport fait état des activités menées par le CSLC avant et pendant le scrutin.

 

Lu par Théophile Miété Likibi, secrétaire administratif du CSLC, le rapport souligne, entre autres, que le Conseil, dans son rôle de régulateur des médias, n’a pas pleinement usé de ses prérogatives, faute de moyens. Par exemple, sur les douze départements que compte le Congo, le Conseil n’a pu déployer ses délégations que dans cinq départements: Brazzaville, Pointe-Noire, Niari, Bouenza et Likouala. D‘une manière générale, les médias n’ont pas respecté de façon stricte les normes légales, réglementaires et déontologiques établies par le Conseil, d’où de nombreux dérapages relevés dans la couverture médiatique des différents scrutins.
Il est aussi noté le non respect du principe de traitement égalitaire des activités des candidats, le déséquilibre et la partialité dans la couverture de la campagne électorale au profit des candidats de la majorité qui sont plus nantis, l’utilisation de l’effigie du chef de l’Etat et des symboles de la République dans des spots et affiches de propagande électorale, le non-respect de la durée des spots fixés par le Conseil (trois minutes) et les conditions de production des spots non identiques, etc.
A la lumière des réalités vécues sur le terrain, le Conseil a formulé des recommandations à l’endroit des médias, acteurs politiques et pouvoirs publics.
A l’endroit des médias: les médias publics et privés doivent demeurer neutres et assurer une couverture médiatique de la campagne électorale de façon équilibrée et impartiale, pour renforcer, de manière effective, le pluralisme politique à travers les médias; contribuer au processus de promotion de la paix et de la démocratie par l’éducation citoyenne et civique, etc.
A l’endroit des acteurs politiques: observer le code de bonne conduite, pour favoriser une communication politique apaisée à travers les médias ; tout mettre en œuvre pour éradiquer toute forme de discrimination à l’égard des femmes dans la vie politique, etc.
A l’endroit des pouvoirs publics: budgétiser et allouer au Conseil une subvention financière autonome, en vue de la régulation de la couverture médiatique des élections, budgétiser et mettre à la disposition du Conseil une aide publique aux médias, favoriser la couverture nationale en période électorale par les médias publics, prendre en compte les rapports et surtout les observations faites par le Conseil en matière électorale…
Le Conseil attend donc des médias, acteurs politiques et pouvoirs publics, le respect des dispositions qu’il a édictées à travers le code de bonne conduite, le guide du journaliste et les autres textes réglementaires les complétant, pour une bonne marche de la démocratie au Congo.
Philippe Mvouo a, pour sa part,  lancé un appel aux nouvelles assemblées constituées à l’issue de ce processus électoral, des médias et des acteurs politiques pour le respect du code de bonne conduite. «Sous l’emprise des dernières législatures, le débat était assez tiède au Sénat comme à l’Assemblée nationale. Notre vœu est alors de voir les deux Chambres du premier Parlement de la nouvelle République s’affirmer davantage comme le cœur élevé de la parole constructive de la Nation. Que le nouveau Parlement et les Conseils soient des agoras où la démocratie scintillent de toutes les couleurs, où, par la magie de la parole, la différence transcende l’indifférence et où la contradiction fermente le débat. Car, le débat est la base de la démocratie. Un débat contradictoire décomplexé qui n’est pas querelles abjectes, mais qui doit nourrir les Conseils d’idées positives, de savoirs, de critiques objectives de la pratique de l’exécutif. Ils doivent pour cela faire montre de courage dans la prise de décisions, même les plus difficiles à digérer».
Aux professionnels de l’information et de la communication, il les a exhortés à faire que leurs médias soient des vrais espaces de débats qui alimentent le dialogue entre les citoyens, les intellectuels, les partis de tous bords, car l’effet thérapeutique du dialogue est d’exorciser le mal du mépris de l’autre, des exclusions aveugles, de la haine ethnique, de la division et de la violence.

Alain-Patrick MASSAMBA                

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