Tournée du navire «Esperanza» de Green Peace en Afrique centrale : Un espoir déçu au Congo !

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Dans le but d’échanger et de sensibiliser l’opinion publique sur l’importance de la gestion durable des forêts du Bassin du Congo, le navire “Esperanza” (espoir, en espagnol) de l’ONG internationale de protection de l’environnement Green Peace devait accoster au Port autonome de Pointe-Noire, du 6 au 10 novembre dernier. Mais le bateau qui était déjà entré en eaux congolaises n’a pu accoster.

Et pour cause: les autorités affirment n’avoir eu aucune connaissance préalable de l’arrivée du navire et de ses activités sur le territoire congolais. Faux ! Rétorquent Greenpeace Africa et ses partenaires locaux qui affirment avoir déposé tous les documents nécessaires pour que le navire accoste au Congo en pleine connaissance de cause.
Nous sommes profondément déçus par la réduction de l’espace libéral mis à la disposition des organisations de la société civile congolaise et de leurs partenaires pour un échange franc sur la conservation de l’environnement», a déclaré Victorine Che, chef du projet forestier de Greenpeace. Et de poursuivre : «Le refus de permettre à notre navire d’accoster en République du Congo ne peut que nous inciter à continuer notre rôle d’observateur environnemental et à approfondir nos efforts de collaboration avec les communautés locales et autochtones dont les moyens de subsistance dépendent de la forêt.»
«Les Autochtones qui ont voyagé de loin pour participer aux activités de la tournée en bateau à Pointe-Noire sont déçus par l’action du Gouvernement», a pour sa part déclaré Sylvie N. Banga, Coordonnatrice de la Plateforme pour la gestion durable des forêts (PGDF).
«Le Gouvernement de la République du Congo a mobilisé les pays voisins dans le cadre de l’initiative du Fonds Bleu du Bassin du Congo, pour faire preuve de leadership sur les questions forestières. Ce même Gouvernement a empêché Greenpeace Africa, les sociétés civiles et les communautés locales et autochtones de se rencontrer pour discuter des problèmes de conservation des forêts à bord de l’Esperanza. Ces réunions avaient pour principal objectif de discuter des questions liées à la gouvernance forestière dans le pays et des défis liés aux droits des communautés tributaires des forêts. Ceci est contradictoire: un pays ne peut, d’une part, vouloir se rendre à la COP 23 à Bonn avec pour objectif de faire preuve de leadership sur les questions environnementales avec le Fond Bleu du Congo et, d’autre part, restreindre le droit d’association des ONG de sensibiliser à l’importance de la forêt du bassin du Congo», a déploré Christian Mounzeo, président de la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH).
L’Esperanza a fait un tour d’un mois sur la côte atlantique de l’Afrique centrale pour sensibiliser sur l’importance de la forêt du Bassin du Congo. Le navire a fait une tournée au Cameroun et en République Démocratique du Congo (RDC), pour exhorter les acteurs environnementaux à sauvegarder et à gérer durablement la forêt du Bassin du Congo qui est la deuxième plus grande forêt pluviale du monde.
La tournée de ce navire en Afrique centrale, qui a duré un mois, avait été engagée en prélude à la réunion sur le climat de la COP23 qui se tient à Bonn, en Allemagne. Les personnalités de la région du Bassin du Congo ont utilisé un arbre de souhaits à bord du navire comme moyen d’amplifier les préoccupations des communautés locales qui dépendent de la forêt au niveau national et international lors de la prochaine réunion de Bonn. Les communautés locales et les populations indigènes du Cameroun et de la RDC ont également utilisé cet arbre pour envoyer leurs vœux écologiques aux dirigeants du monde qui se réunissent en Allemagne.
Avec une superficie de 220 millions d’hectares, les forêts du Bassin du Congo constituent le deuxième massif forestier tropical du monde après l’Amazonie. Elles abritent la plus importante biodiversité d’Afrique, avec près de 10.000 espèces de plantes et 400 espèces de mammifères. Cependant, l’exploitation extractive, forestière et l’agriculture industrielle illégales contribuent à la destruction de ces forêts ainsi qu’aux émissions de gaz à effets de serre.

Sévérine EGNIMBA

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