Général Jean-François Ndengué, directeur général de la police : «Notre pari est audacieux et nous place devant une grande responsabilité»

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Nommé directeur général de la police, par décret présidentiel n°2011-523 du 17 août 2011, le général de police de première classe Jean François Ndengué, a été investi, officiellement, dans ses fonctions, le 1er septembre 2011, par le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou. C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour la police avec l’adoption de nouveaux statuts. En phase avec cette volonté des pouvoirs publics de rénover la police, le général Ndengué affiche sa détermination à en relever les défis. «Notre pari est audacieux et nous place face à une grande responsabilité», avoue-t-il, dans l’interview exclusive qu’il nous a accordée, dans laquelle il met également l’accent sur l’importance de la communication, pour la police.

* Mon général, vous avez été nommé à la tête de la direction générale de la police, en sigle D.g.p, vous sentez-vous élevé où réduit, par rapport avec vos fonctions d’avant?
** D’abord, je vous remercie pour l’occasion que vous me donnez de m’exprimer à travers votre journal.
Pour répondre à votre question, disons qu’en considération des nouveaux textes fixant l’organisation et les attributions de la Direction générale de la police, nous sommes conscients que la tâche qui nous est assignée, de conduire la nouvelle Direction générale de la police, non seulement s’est accrue, mais elle constitue, également, un réel défi à relever. Notre pari est, donc, audacieux et nous place devant une grande responsabilité.
Au regard de cette délicate mission, pour laquelle j’exprime ma profonde gratitude au président de la République, pour le choix qu’il a bien voulu porter sur ma modeste personne, je considère cette nomination comme une promotion, je me sens honoré et j’en suis pleinement satisfait.
* Maintenant qu’on parle de nouveaux statuts de la police, avez-vous une nouvelle vision de la corporation que vous dirigez?
** La police nationale dispose, aujourd’hui, d’un nouveau statut, c’est une avancée très significative dans l’édification de notre corporation.
De ce qui en découle, la structure de la Direction générale de la police va connaître de notables changements, le but étant d’adapter la nature de ses missions aux mutations rapides de l’environnement aussi bien national qu’international.
Les exigences, pour nous, sont donc énormes, dans la mesure où la conjoncture actuelle met la police à la croisée des chemins et même au centre de plusieurs attentes légitimes des populations et des autorités.
Pour répondre à ces attentes, il nous faut édifier une police non tracassière, qui n’irrite pas, qui rassure et qui est, résolument tournée vers le service de la collectivité, une police républicaine, respectueuse des lois et règlement de la République, ainsi que des droits humains. Pour gagner ce pari combien audacieux, la police doit être forte. Sa force se situe, avant tout, dans son unité, sa cohésion et ses performances.
* Aujourd’hui, le commandement des unités spécialisées, en sigle Comus, est annexé à la D.g.p. Comment entendez-vous utiliser les agents qui appartenaient à cette unité?
** Il convient de souligner que les nouveaux textes d’application fixant l’organisation de la D.g.p donnent une description claire et nette des attributions dévolues aux différentes directions et unités qui lui sont rattachées.
Les unités spécialisées, qui relevaient d’un commandement autonome, Comus, étant, désormais, incorporées à la D.g.p, leur emploi se fera conformément aux dispositions des textes fixant leurs missions.
Par ailleurs, nous voulons accroitre, significativement, leur rendement et leur efficacité. Et cela se réalisera, conformément  aux directives du président de la République sur la garantie de la sécurité des citoyens dans le respect des valeurs démocratiques, des libertés et des droits humains.
Ainsi, tous les cadres et agents seront utilisés en tenant compte de leur profil, de leur compétence et des missions assignées à chaque unité. Cependant, je préviens qu’il n’y aura point de place à l’arbitraire, au laxisme, à la paresse, à l’incivisme et à l’indiscipline. Chacun sera jugé par ses résultats, dans l’intérêt de la corporation et de la République.
* Dans une interview accordée à nos confrères du quotidien Les Dépêches de Brazzaville, vous avez promis de mettre fin au phénomène des policiers appelés «koro-koro». Peut-on avoir des précisions à ce sujet?
** Après la guerre, on a été obligé de lever, par la force des choses, une police, en intégrant dans ses rangs, des jeunes appelés «Koro-Koro», c’est-à-dire sans considération des critères originaux de recrutement, notamment le niveau d’instruction (B.e.p.c au moins), l’aptitude physique, les valeurs morales et intrinsèques. En l’état, leur formation a eu lieu dans la foulée, tant bien que mal, parce qu’il fallait parer au plus pressé. Dans de telles conditions, on ne pouvait pas être à l’abri des déviances et autres antivaleurs.
A présent, le nouveau statut de la police suggère un recrutement, des personnels sur la base de concours ouvert aux candidats de niveau bac. Cette sélection devra, assurément rehausser le niveau de nos futurs agents, comme l’a recommandé le président de la République, lors du réveillon  d’arme de décembre 2010.
Ainsi, les nouvelles recrues intégreront la police sur la base véritablement du mérite et ne seront plus ces gens là qui auront échoué ailleurs, en atterrissant à la police pour juste se caser. Il convient de noter que, dans leur formation, une attention particulière sera accordée au développement de la morale professionnelle, civique et intrinsèque pour en faire de bons policiers.
* Quel regard portez-vous sur la communication au sein de votre corporation?
** J’avais désigné le porte-parole de la police et l’avais instruit de réaliser, par la communication, une meilleure proximité entre la police et la population, en suscitant l’adhésion de cette dernière, en donnant aux citoyens, l’occasion de s’exprimer sur les questions de sécurité publique et de recevoir aussi leurs avis, sur la manière de servir des agents de police.
L’opportunité était, également, donnée à la police, d’assurer une visibilité, un meilleur éclairage de son action et de son image. Les échos à ce sujet me parviennent aussi bien de la population, des citoyens que des cadres et agents de police à tous les échelons. Cette initiative est, donc, à encourager et à poursuivre. J’y accorde beaucoup d’intérêt. Je vous annonce que la communication constituera un axe d’effort essentiel de notre travail, quelle que soit la nature de la mission à accomplir. Le but étant de rassurer davantage les populations et de dissuader les malfaiteurs. Se priver de la communication, qui nous a tant aidés et dont l’utilité n’est plus à démontrer, apparaitrait comme un véhicule qui roule de nuit sans lumière.
Il va de soit que nous devons réaliser, en permanence, une meilleure proximité entre la police et la population. La communication est, sans nul doute, l’élément central de ce grand impératif et sera amplement pratiquée au cœur des centres urbains et grandes agglomérations.
* Mon général, pour terminer cet entretien, quel message adressez-vous à la population, au moment où vous entamez une nouvelle page de l’histoire de la police?
** Nous voulons rassurer les populations de notre pays que nous mobiliserons toutes nos énergies et les moyens nécessaires, nous ne ménagerons aucun effort pour garantir et assurer la sécurité qui leur est nécessaire pour vivre en toute quiétude, dans la paix et la tranquillité.
Propos recueillis par Joachim MBANZA

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