Procès Jean-Martin Mbemba : La Cour parviendra-t-elle à prouver la culpabilité de l’accusé?

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Le procès de Jean Martin Mbemba, ouvert le 23 mai 2018 pour atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, se poursuit au Palais de justice de Brazzaville. Après six jours, l’heure était encore cette semaine à l’instruction avec l’audition des quatre des sept co-accusés présents dans la salle d’audience de la Cour d’appel siégeant en session criminelle, sous la présidence de Christian Oba.


Le procès prend plus de temps que prévu. Au cours de sa 5e journée, la Cour criminelle a, entre autres, entendu le témoignage à décharge de la fille de Frédéric Tekanima Mahoungou, médecin, âgée de 42 ans. Son père a été nommément cité par deux des quatre co-accusés, dans une affaire de trafic d’ossements humains qu’il a d’ailleurs nié.
Interrogée sur ce cambriolage, elle a dit n’avoir pas vu Jean-Jacques Maléla dans la maison le jour de l’opération, contredisant quelque peu sa maman qui, auparavant, avait soutenu le contraire. Pour Mme Mahoungou, le 18 mars 2013, peu avant le journal de 20 h, «des hommes cagoulés et armés ont fait irruption dans leur parcelle, les menaçant de mort et emportant avec eux la somme de 900 000 F. CFA. Ces hommes étaient de grande taille, baraqués», s’est-elle souvenue.
Dans sa déposition, Frédéric Tekanima Mahoungou, l’ancien DAF, n’a pratiquement pas dit grand-chose. Il a balayé du revers de la main les allégations contre lui. Pour lui, les six cercueils transportés tard dans la nuit devaient servir à exhumer les restes mortels de ses parents qui étaient enterrés dans un cimetière familial envahi par les herbes à Bilolo. Le témoin a aussi informé les membres de la Cour que M. Jean-Jacques Maléla avait tenté de l’empoisonner à travers un mouton qu’il lui avait offert et qu’il aurait «piégé». Une assertion qui a suscité le rire dans la salle.
De cette affaire, il se dégage une évidence: le trafic d’ossements humains n’a rien à voir avec l’atteinte à la sûreté de l’Etat dont Me Jean Martin Mbemba est accusé. L’arrestation de ces deux jeunes détenus pendant cinq ans à la Maison d’arrêt centrale de Brazzaville est donc la conséquence de la plainte déposée par Frédéric Tekanima Mahoungou à la suite du vol à main armée à son domicile, le 18 mars 2013.
La Cour doit donc chercher à établir la responsabilité de ces deux jeunes dans l’affaire Jean-Martin Mbemba. En quoi sont-ils impliqués? Selon certaines sources, les armes utilisées lors du braquage seraient celles dont est dotée la garde de l’ancien président de la Commission nationale des droits de l’homme. D’ores et déjà, le couple Mahoungou et leur fille n’ont pas jusque-là prouvé à la Cour que les accusés sont réellement les auteurs du cambriolage à leur domicile. La partie civile et le ministère public s’appuient sur les procès-verbaux d’enquête préliminaire de police contenant les aveux des accusés. L’un d’eux rejette l’essentiel de ces aveux, affirmant qu’ils ont été arrachés sous l’effet de la torture, dont il garde encore les stigmates.
A vrai dire, la thèse de la détention d’armes de guerre n’est toujours pas prouvée. La Cour n’a présenté aucun scellé.
Ainsi, le procès Jean-Martin Mbemba se poursuit et patauge. A l’audition du mercredi 29 mai, le co-accusé auditionné était le gendarme Chrislain Ismaël Mabari. D’après l’arrêt de la chambre d’accusation, l’adjudant aurait reçu de Jean-Martin Mbemba la mission d’attaquer simultanément, au moment prévu, la Maison d’arrêt de Brazzaville en vue de susciter une évasion massive des prisonniers et créer la panique dans la ville.
«Faux», a rétorqué Chrislain Ismaël Mabari qui pense que s’il a été arrêté, c’est simplement parce qu’il était ami du gendarme Eric Souami, décédé en détention.
Quant à Roland Fortuné Massamba, il a avoué avoir pris part à une réunion de campagne à Mayanga, présidée par un candidat de l’U.P à la députation. Selon lui, c’est au cours de cette rencontre que le colonel Jean-Claude Mbango aurait distribué de l’argent en guise de déplacement aux militants venus assister à la réunion.
La partie civile n’a pas souhaité faire des commentaires à ce niveau d’instruction, attendant plutôt les plaidoiries, comme d’ailleurs la défense.  

 KAUD

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