Conférence de presse de l’opposition politique congolaise : Les «contre-vérités» de la COPAR et de La Chaîne passées au vitriol

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A peine portée sur les fonts baptismaux, la coalition de l’opposition politique congolaise fait l’objet de vives critiques au sein même de la grande famille de l’opposition qui ne reconnaissant pas son chef de file, Pascal Tsaty-Mabiala, ou par des leaders des partis qui ont rejeté le mémorandum signé le 23 juin dernier qui prévoit la signature d’un pacte républicain entre l’opposition et le pouvoir ou qui se sont désolidarisés de cette plateforme.

Afin d’édifier l’opinion nationale et internationale sur ces «contre-vérités, les propos hypocrites et malveillants» de certains de leurs camarades qui, semble t-il, ont choisi la voie des ondes pour régler ce qu’ils appellent «abusivement» des contradictions internes, les membres du conseil des partis politiques de l’opposition congolaise ont animé samedi 7 juillet 2018, à Brazzaville, un point de presse.

Le principal orateur Paul-Marie Mpouelé a, d’entrée de jeu, rappelé que lorsqu’on s’engage dans une démarche d’ensemble, la moindre des choses, c’est de veiller à préserver le groupe dans son unité. Pour cela, «on évite de se laisser-aller aux émotions juste pour essayer d’ébranler l’opinion», a-t-il dit, tout en affirmant que ces allégations portées contre eux sont des «affirmations gratuites, empruntes de malveillance et d’hypocrisie de certains de leurs compagnons de lutte qui ont choisi l’espace public pour résoudre des prétendues contradictions internes».
Il s’en est pris violemment aux partis membres de la Convention des partis républicains (COPAR) et à Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou, président de La Chaîne. «La COPAR en tant que plateforme n’a pas de problèmes avec l’opposition incarnée par Pascal Tsaty-Mabiala. C’est plutôt le Parti républicain libéral (PRL), dont le président Nick Fylla, est membre du Gouvernement actuel, qui a une difficulté à éclaircir sa position politique. Les autres partis de cette plateforme ont simplement choisi d’être solidaires avec lui», a-t-il précisé.
De quoi s’agit-il exactement? Pour Paul-Marie Mpouele, la COPAR a pris part à tous les travaux préparatifs qui ont conduit à l’élaboration du mémorandum de l’opposition. «Les témoins en sont Michel Mboussi-Ngouari et Bonaventure Boudzika, etc. Le ministre Fylla est membre à part entière du Gouvernement de la République. Tout le monde le sait, ce Gouvernement est l’émanation d’une majorité parlementaire et non pas un Gouvernement d’union nationale. Nous avons suggéré à monsieur le ministre Fylla de prendre une position responsable pour éviter le flou qui résulterait d’une appartenance à un Gouvernement comme celui-là et en même temps d’appartenir à une opposition qui combat les positions du même Gouvernement dont il est membre. Il n’est pas possible d’être juge et partie», a-t-il expliqué.
Pour le conférencier, la loi 28-2017 du 7 juillet 2017 déterminant le statut de l’opposition politique au Congo est claire en la matière. «Son article 5 disposant que tout parti politique ou groupement des partis politiques appartenant à l’opposition peut accepter de faire partie d’un Gouvernement. La présence d’un opposant au Gouvernement l’astreint à la solidarité gouvernementale».
Pire, «le règlement intérieur du Conseil des partis politiques de l’opposition stipule en son article 3: Tout parti politique de l’opposition qui intègre le Gouvernement en application des dispositions de l’article 5 de la loi 28-2017 perd le droit de siéger au sein de l’opposition», a indiqué Paul Marie Mpouelé qui pense que pour les autres partis de la COPAR, «rien ne justifie qu’ils se tiennent dans leur attitude actuelle. Ils sont bel et bien, comme ils le déclarent membres de l’opposition et le Conseil des partis politiques de l’opposition leur est ouvert».
Au sujet de La Chaîne, l’orateur a relevé que cette formation politique est le reflet typique de ce que sont certains partis politiques au Congo. «Toujours inconstants, calculateurs privilégiant l’intérêt individuel au détriment de l’intérêt collectif. Le président de La Chaîne, Joseph Kignoumbi Kia-Mboungou, a été de bout en bout présent aux différentes réunions qui ont abouti à l’élaboration du mémorandum mis en place par l’opposition et qu’il veut récuser aujourd’hui. Son principal argument est l’existence d’un pacte républicain qui, de son point de vue, serait un accord secret liant l’opposition et la majorité présidentielle», a-t-il regretté.
Paul-Marie Mpouelé a défini le pacte républicain comme étant un ensemble de règles éthiques qui constituent le fondement même de la République, pour faciliter le vivre-ensemble. «Ce sont des valeurs partagées par tous au-delà des appartenances partisanes et qui garantissent l’unité et la cohésion nationale. Il s’agit, par exemple, du bannissement du tribalisme, du bannissement du vol des deniers publics, de l’exclusion, la gestion des ressources naturelles stratégiques, la sacralisation de la vie humaine, etc… et cela s’applique à tous. La confusion voulue par le président de La Chaine à ce sujet n’est donc qu’une simple vue de l’esprit, à moins d’une manipulation».
Ce faisant, le conférencier a fait remarquer que l’opposition au Congo n’a que trop souffert, du fait non seulement d’un pouvoir, qui depuis presque 20 ans n’a ménagé aucun effort pour l’empêcher de s’organiser, mais aussi du fait des égos de ses leaders. «Depuis 1999 plusieurs tentatives d’organisation de l’opposition n’ont fait qu’échouer. Aujourd’hui, plus que jamais l’opposition congolaise est à un point de tolérance zéro pour sa crédibilité. Elle est reconnue désormais et jouit d’une légalité constitutionnelle».
Concluant son propos, Paul-Marie Mpouelé a adressé les félicitations de l’opposition congolaise au président Equato-guinéen Théodoro Obiang Nguema Bazogo qui, au-delà de toutes les pesanteurs imaginables, a résolu d’apaiser politiquement son pays en convoquant un dialogue national inclusif, ainsi qu’au président Gabonais Ali Bongo qui s’est engagé résolument dans la voie des réformes économiques et sociales en vue de soulager, tant soit peu, la misère de son peuple. «Ces deux signaux positifs pour la sous-région Afrique centrale, inspireront à coup sûr d’autres chefs d’Etat dont la situation politique et économique est similaire à celle de ces deux pays».

Pascal AZAD DOKO

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