Réfugiés : Près de 60.000 demandeurs d’asile frappent à la porte du Congo

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La représentation du Haut-commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) en République du Congo a organisé à l’intention des députés, le 19 juillet 2018, une journée de sensibilisation sur le droit humanitaire et la protection internationale.

Il s’agissait de les informer sur ses missions, ses opérations et son cadre légal. Les travaux de cet atelier ont été présidés par Léon Alfred Opimbat, premier vice-président de l’Assemblée nationale, en présence de Cyr Modeste Kouamé, représentant du HCR en République du Congo.

Selon la Convention de 1951, un réfugié est tout individu qui, craignant d’être persécuté du fait de sa race, sa nationalité, son appartenance à un groupe social ou du fait de son opinion politique, est en dehors de son pays dont il a la nationalité et qui ne peut pas, ou ne veut pas, du fait de cette crainte, se réclamer de la protection de ce pays.
En mai 2018, les réfugiés rwandais étaient au nombre de 10.508, les Congolais de la RDC en 2009 (15.542) et les Centrafricains à partir de 2013 (33.081). «Actuellement, nous avons 59.000 réfugiés en République du Congo, répartis en 23 nationalités», a indiqué le représentant du HCR, tout en félicitant le peuple congolais pour son hospitalité.
Pour Cyr Modeste Kouamé, ces réfugiés sont installés sur toute l’étendue du territoire national. «Une forte concentration est enregistrée dans la zone Nord, notamment dans le département de la Likouala, avec près de 35 000 réfugiés», a-t-il précisé.
A ce jour, 119.000 sujets de la RDC ont été rapatriés entre 2012 et 2014. 478 Rwandais entre 2004 et 2017 et 648 Centrafricains en 2018, ainsi que 6 anciens réfugiés Rwandais, soit 120.000 réfugiés rapatriés. Par ailleurs, 8463 Rwandais ont perdu leur statut de réfugiés et 804 ont été exemptés de la clause de cessation qui a mis fin à leur statut de réfugiés depuis le 21 décembre 2017. «On ne peut pas être réfugié à vie», a rappelé Cyr Modeste Kouamé.
A l’heure actuelle, «près de 1000 réfugiés centrafricains sont à nos portes. Ils veulent repartir chez eux. Nous avons un souci financier. D’où l’appel que je lance à tous les partenaires techniques et financiers pour nous aider à les faire partir», a expliqué le représenta du HCR.
S’agissant des déplacés internes, Cyr Modeste Kouamé a rappelé: «Le HCR n’a pas un mandat, comme c’est le cas pour les réfugiés. Il a une responsabilité au même titre que les autres agences du système des Nations Unies. Le HCR coordonne plutôt la réponse dans les secteurs de protection, abris et articles ménagers essentiels». Il s’est réjoui du fait que le Congo a pu signer les différentes Conventions de 1951 et 1969.
Le représentant du HCR en République du Congo a, en outre, plaidé pour que le pays se dote d’une loi nationale sur le statut de réfugiés et le droit d’asile.
Contrairement aux réfugiés, les déplacés internes ne traversent pas de frontière internationale pour chercher l’asile dans un autre pays. Ils restent dans leur pays. Par conséquent, ils n’ont pas besoin d’un statut juridique spécial. Tel est le cas des déplacés du Pool estimés, selon le HCR, à 140.000. Ils sont répartis ainsi qu’il suit: Brazzaville (Ménage: 9422; individus: 380.99); Pointe-Noire: (Ménage: 805; individus: 647); Kouilou (Ménage: 134; individus: 460); Niari (Ménage: 423; individus: 1764); Lékoumou (Ménage: 417; individus: 1436); Kimba (Ménage: 1527; individus: 5557); Vindza (Ménage: 1534; individus: 2289); Kindamba (Ménage: 1420; individus: 5756); Mayama (Ménage: 1202; individus: 5068); Mindouli, Kinkala, Mbanza Ndounga, Goma Tsé-Tsé, Bouenza (Ménage: 13.493; individus: 57.532). Pour un total de 30.987 ménages et 120.542 individus.
«Nous avons lancé un appel humanitaire en 2017 de 24 millions de dollars, nous avons seulement reçu la moitié. Nous avons également lancé un appel en 2018 de 70 millions de dollars dont 20 millions de dollars pour la partie humanitaire, nous continuons à attendre. Il faut penser au retour de ces déplacés internes. On est en train d’y travailler», a expliqué Cyr Modeste Kouamé.
Exposant sur le mandat du HCR, Mme Ferdila Ouattara, administrateur principale de protection, est revenue sur la situation financière de l’agence. «Nous travaillons pour plus de 25 millions de personnes dans le monde, plus de 3 millions de demandeurs d’asile, plus de 40 millions de personnes déplacées internes. Globalement, le HCR travaille pour toutes ces populations. D’où les contraintes budgétaires énormes auxquelles nous faisons face actuellement. Le nombre de personnes qui relèvent de notre compétence ne cesse d’augmenter. De l’autre côté, nous avons une crise financière internationale qui fait que les bailleurs ne peuvent plus nous aider comme ils avaient l’habitude de le faire», a-t-elle fait comprendre aux députés.

Cyr Armel YABBAT-NGO