Parlement : L’accord-cadre entre le Congo et le Saint Siège sur les relations entre l’Etat et l’Eglise Catholique au cœur des débats

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Les deux chambres du Parlement ont procédé le 15 octobre dernier à l’ouverture de leurs sessions budgétaires pour examiner le projet de loi de finances exercice 2019 arrêté en conseil des ministres à la somme de 2.300 milliards de francs Cfa. Elles devront aussi se pencher sur le projet de loi autorisant la ratification de l’accord-cadre entre la République du Congo et le Saint Siège sur les relations entre l’Etat et l’Eglise Catholique.

C’est Isidore Mvouba qui a ouvert la session pour l’Assemblée nationale et Pierre Ngolo pour le sénat, en présence du ministre Pierre Mabiala, chargé des relations avec le Parlement.
Parmi les autres affaires inscrites à l’ordre du jour figurent, entre autres, le projet de loi de règlement du budget de l’Etat, exercice 2017, le projet de loi portant code de l’urbanisme et de la construction, le projet de loi portant création de la Haute autorité de lutte contre la corruption en remplacement de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude; le projet de loi relatif à l’obligation de déclaration de patrimoine par les citoyens élus ou nommés à une haute fonction publique, etc.
Des affaires qui pour l’essentiel engagent le pays vers plus de transparence, la bonne gouvernance et la lutte contre les déviances abondamment décriées. L’article 55 de la Constitution qui, du reste, n’est déjà pas respecté, fait obligation à tout citoyen élu ou nommé à une haute fonction publique, de déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonction et la cessation de celle-ci.
Pour Isidore Mvouba, l’année 2019 ne sera pas une année faste au sens propre du mot, mais celle de l’«espoir qui renaît, au regard de quelques frémissements qui s’annoncent. La loi de finances 2019 devrait se présenter sous de meilleurs auspices. La bonne tenue du niveau du baril de pétrole augure la relance de notre croissance économique en 2019», a-t-il fait comprendre aux députés.
Malgré tout, «le budget de l’Etat 2019 sera sans surprise un budget d’austérité du fait du fardeau rédhibitoire de la dette publique», a encore dit le président de l’Assemblée nationale qui a estimé que  la mobilisation des recettes doit être soutenue par des mesures de sécurisation.
Selon lui, le pays doit mener une politique de tolérance zéro en matière de corruption, sous-tendu par un engagement politique fort à tous les niveaux.
Parlant du magazine Forbes qui avait publié en janvier 2018, le classement des 25 villes les plus sales du monde en épinglant Brazzaville et Pointe-Noire qui hélas, ne brillent pas par l’exemple dans ce domaine, le président de l’Assemblée nationale a salué l’initiative du Gouvernement qui va instaurer à compter du 3 novembre 2019, l’opération de salubrité publique «villes, villages et habitations propres».
Parlant du Pool, il a fait remarquer que la reconquête de la paix dans ce département a connu un tournant décisif avec la fin de l’opération de ramassage des armes. Néanmoins, «Il reste à mettre en œuvre les mesures idoines de réinsertion et réintégration des ex-combattants et des populations meurtries», a dit Isidore Mvouba qui a rappelé que la paix restaurée, «force est désormais à la loi pour lutter contre le banditisme résiduel qu’on observe ça et là.
Ouvrant les travaux de la 4ème session budgétaire du Sénat, Pierre Ngolo a, quant à lui, appelé les sénateurs à investir davantage d’énergie de sorte à élever l’apport de la chambre haute dans le processus d’assainissement de l’environnement social. D’évidence, «cela appelle le renforcement et la systématisation du contrôle de l’action gouvernementale; voie permettant de garantir le bon positionnement des sénateurs au nombre des acteurs majeurs de la promotion de la bonne gouvernance et de la démocratie», a-t-il déclaré.
Selon Pierre Ngolo, l’implication totale attendue du Sénat pour l’instauration ainsi que l’entretien d’un climat social apaisé propice à l’action de construction nationale ne sont pas synonymes d’«aliénation des intérêts des collectivités locales dont les sénateurs sont les représentants. La situation de paralysie dans laquelle se trouvent les conseils départementaux et municipaux a, de nos jours, atteint un niveau assimilable à un déni de l’ambition de décentralisation affichée par la Constitution du 25 octobre 2017 en son article 1er».
Il a estimé que le souci partagé de l’exécutif et du législateur de promouvoir au Congo un «Etat de droit, souverain, unitaire et indivisible, décentralisé, laïc et démocratique nous interpelle tous à nous préoccuper du fonctionnement des collectivités locales que l’on ne devrait pas sacrifier quelles que soient les circonstances».

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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