UDR-MWINDA : Kinfoussia et Dihoulou: qui des deux dirige le parti?

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Le 8 septembre 2018, le conseil national de l’UDR-MWINDA se réunissait à Brazzaville en session extraordinaire, la 6ème du genre. L’objectif était de prononcer la radiation de Guy Romain Kinfoussia. Présidée par Paul Dihoulou, secrétaire général du parti à cette époque, une commission nationale préparatoire du deuxième congrès national de l’UDR-MWINDA avait été mise en place.

A ce jour, c’est le statu quo. Guy Romain Kinfoussia qui n’entend pas se laisser faire, se considère toujours comme président de ce parti et a sollicité du bureau politique la radiation de son ancien secrétaire général pour avoir engagé le parti sans en avoir reçu mandat

Un véritable feuilleton! Paul Dihoulou qui préside actuellement aux destinées d’une frange des membres du parti entend insuffler un sang nouveau à l’UDR-MWINDA. La motion défiance prise à l’encontre de Guy Romain Kinfoussia lui interdit de parler au nom du parti et d’utiliser ses emblèmes. Il lui est reproché l’enchaînement des «actes graves» comme l’insoumission par voie de presse aux décisions du Conseil national prises au cours de la 5e session extraordinaire du 20 mai 2017, relatives à la participation du parti aux élections législatives de juillet 2017; la création de structures parallèles (commissions d’investiture, commission ad’hoc) déstabilisatrices de la cohésion et de l’unité du parti; la falsification des documents du parti (Logo et carte de membre du parti), prérogatives dévolues au seul conseil national.
En engageant l’UDRMWINDA à l’opposition politique congolaise, Paul Dihoulou se propose de redorer l’image de ce parti et réaffirmer son ancrage à l’opposition. Il est présent dans les cérémonies officielles de cette plateforme politique. Mais peine à redynamiser le parti et à créer la cohésion entre les militants divisés et qui ne savent plus à quel saint se vouer.
De son côté, Guy Romain Kinfoussia se considère toujours comme président du parti et accuse son rival Paul Dihoulou de vouloir déstabiliser le parti. Dans une lettre adressée aux militants de l’UDR-MWINDA et publiée dans «Mwinda News», le bulletin de liaison du parti, il rappelle que les textes fondamentaux «instaurent une séparation de pouvoir entre l’organe de délibération, l’organe de direction et l’organe de contrôle. Ils fixent également les droits et devoirs des membres, ainsi que les fautes susceptibles d’être sanctionnées. La plus grave de ces fautes est le fait d’avoir engagé l’institution sans en avoir reçu mandat. Dans le monde entier, cette faute entraîne le plus souvent la radiation du membre concerné. Seul habileté à le faire, l’organe de délibération qui en aucun cas ne peut ni la rejeter, ni la contester».
En signant le mémorandum de l’opposition parlementaire le 21 juillet 2018, sans en avoir reçu mandat, Guy Romain Kinfoussia a estimé que Paul Dihoulou, à l’époque secrétaire général de l’UDR-MWINDA, a commis un acte de forfaiture. En conséquence, «le 28 juillet 2018, le bureau politique, organe de direction, a requis sa radiation auprès de la commission nationale d’évaluation et de contrôle du parti…Le 15 septembre, le CNECP a rendu ses conclusions en exigeant (la) suspension temporaire ou radiation», a-t-il soutenu.
Pour Guy Romain Kinfoussia, ces gesticulations quasi quotidiennes n’inquiètent pas. Ce sont des «trublions  qui s’enfoncent dans l’illégalité de jour en jour».
Selon lui, la duplicité du politique congolais n’étonne plus personne, surtout en cette période de vaches maigres. «Certains sont prêts à vendre l’âme de leur mère pour peu que ça leur rapporte un avantage matériel, et beaucoup se servent des partis comme tremplin pour atteindre leurs objectifs, des gains faciles par la truanderie politique. Mais le peuple n’est pas dupe, il sait décanter le vrai du faux», a-t-il affirmé.
Personnellement, «je n’ai pas de contradiction principale avec Paul Dihoulou, sinon un problème de subordination qui risque de mettre à la tête du parti, un monstre à deux têtes et développer un bicéphalisme dangereux pour la vie du parti», soutient-il.

KAUD

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