Université Marien Ngouabi : Indignée, l’intersyndicale rétorque au ministre de tutelle

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

L’Université Marien Ngouabi est paralysée depuis le 7 septembre dernier par une grève générale. Dans une conférence de presse organisée récemment à Brazzaville, le ministre de l’Enseignement supérieur, Bruno Jean Richard Itoua, a tenu à dénoncer cette grève, en rendant les syndicalistes responsables. Réuni en session extraordinaire le 17 novembre 2018, l’intersyndicale de l’Université Marien Ngouabi s’est indignée des propos tenus par la tutelle.

 

Le ministre aurait dû organiser sa conférence de presse en présence de la coordination du collège intersyndical, pour mieux éclairer l’opinion nationale et internationale sur les revendications des travailleurs de l’Université Marien Ngouabi et les solutions qu’il aurait à proposer au cours des négociations, «semble-t-il, avec l’intersyndicale», souligne le communiqué sanctionnant cette session extraordinaire.
L’Intersyndicale a fait remarquer que depuis le déclenchement de la grève, il s’est tenu une seule rencontre entre le ministre et sa coordination, le 24 septembre 2018. Le ministre avait alors demandé des éclaircissements sur les revendications contenues dans la déclaration du 6 septembre 2018. Il avait promis rencontrer à nouveau les membres de la coordination la semaine qui devait suivre. En vain.
Pour l’intersyndicale, le ministre a étalé au grand jour…ses limites, quant à proposer aux travailleurs de l’Université Marien Ngouabi des solutions dignes d’un homme d’Etat. «Sa solution a toujours été de nous demander d’attendre indéfiniment la signature de l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI), tout en continuant à travailler religieusement, quelle que soit la croissance du nombre de mois de salaires impayés…», indique le communiqué.
Selon cette organisation syndicale, «le ministre n’a pas eu le courage d’informer l’opinion sur la réalité des revendications des travailleurs de l’Université Marien Ngouabi : six mois de salaires impayés au 30 octobre 2018, deux ans et demi d’heures diverses dûes et la subvention de fonctionnement non versée».
Selon les syndicalistes, les grèves à répétition à l’Université Marien Ngouabi ne sont pas la conséquence de l’autonomie financière, mais liées au mode de financement du fonctionnement de l’Université qui a montré ses limites. «Le budget de l’Université Marien Ngouabi est déficitaire depuis près de 15 ans. Les grèves à n’en point finir observées n’ont pas toujours les mêmes causes. Seules celles de 2017 et 2018 portent essentiellement sur le paiement des salaires».

Jean Bruno Richard Itoua accuse
les syndicats
Le Gouvernement se défausse sur les travailleurs de l’Université. C’est sur le mode: «ce n’est pas moi, c’est l’autre», que le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean Bruno Richard Itoua, a échafaudé sa stratégie de défense sur les médias après plusieurs mois de silence, au cours d’une conférence de presse qu’il a organisée à Brazzaville. Depuis le 7 septembre 2018, date du déclenchement de la grève à l’Université suite à la non-prise en compte du cahier des charges, rien ne semble s’éclaircir. En effet, les revendications des agents portent, entre autres, sur le paiement des arriérés de salaires et des heures supplémentaires ainsi que le versement de la contrepartie de l’Etat.
Selon le ministre Jean-Richard Bruno Itoua, la situation qui se pose actuellement n’est pas un problème d’arriérés et des heures à payer. «La question qui se pose est celle de l’autonomie financière de l’Université Marien-Ngouabi qui n’est pas un sujet conjoncturel mais structurel».
Pour lui, la responsabilité de la grève incombe pleinement à l’intersyndicale qui a renoncé aux diverses négociations.

Marcellin MOUZITA MOUKOUAMOU                         

Informations supplémentaires