Exploitation minière : La société Sapro Mayoko SA exporte les premières tonnes de son minerai de fer vers la Chine

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C’est par le Port autonome de Pointe-Noire (PAPN) que le minerai de fer extrait du gisement de Mayoko-Lékoumou, dans le Niari, a transité pour Rizhao, au Sud de la Chine. Il a été chargé dans le navire Ivy Océan affrété par l’armateur Ashley Global Shiping. L’événement a été marqué par une cérémonie qui a eu lieu le 19 avril 2019, sous le patronage ministre Pierre Oba, des Mines et de la géologie.

En présence des ministres Pierre Mabiala, des Affaires foncières et du domaine public, et Fidèle Dimou, des Transports, de la marine marchande et de l’aviation civile, ainsi que de Paul Obambi, président directeur général de la société Sapro Mayoko SA. Les préfets de Pointe-Noire, Alexandre Honoré Paka, et du Kouilou, Paul Adam Dibouilou, y étaient également présents.

Sur le site de stockage de minerai, danses et rituel traditionnels ont marqué le moment solennel auquel ont répondu présents les représentants des sages du Niari et de Pointe-Noire. «Ce jour marque donc un tournant décisif dans l’histoire du Port autonome de Pointe-Noire qui renoue avec les exportations de minerais après la perte, en 1991, du trafic du manganèse du Gabon, représentant plus de deux millions de tonnes, faisant ainsi chuter de manière drastique le trafic à l’export du Port de Pointe-Noire», a rappelé Séraphin Bhalat, directeur général du PAPN.
Selon lui, ce minerai de fer contribuera à booster le trafic au niveau du PAPN en sus de l’augmentation de celui du bois observé actuellement et de l’apparition du nouveau commerce de clinker assuré par la société Dangote. Le directeur général espère que le trafic se réalisera et connaîtra un gros essor au regard des perspectives annoncées. «Ainsi, ce nouveau trafic au Port de Pointe-Noire et son développement futur pourraient se traduire par un rééquilibrage de la structure du trafic, constitué à présent de 5 899 701 tonnes, soit 52% à l’import et 5 411 944 tonnes, soit 47, 84% à l’export. Une augmentation des recettes nécessaire au remboursement des prêts que nous avons contactés pour le développement des infrastructures portuaires», s’est réjoui Séraphin Bhalat. Il a, par ailleurs, réitéré son engagement à mettre à la disposition de la société Sapro-Mayoko, des infrastructures nécessaires pour accueillir les navires minéraliers pour le chargement de son fer. «Ceci malgré une situation actuelle de congestion des infrastructures d’accueil des trafics en vracs et conventionnels. Quant aux autres investisseurs potentiels du secteur minier, ils bénéficieront, a assuré la direction générale du PAPN, du même accompagnement et de la même attention en vue de développer le trafic minéralier».
Le représentant de l’amateur, Roddy Ashley Mann a rappelé que ce projet est fièrement congolais. «Il a été porté par les Congolais. Nous sommes fiers de voir qu’il a pu réussir avec toute cette composition là où d’autres avant ont échoué. Ce fer a été extrait par les Congolais et quelques sud-africains qui apportent leur soutien», a-t-il soutenu.
C’est depuis dix ans que le projet des minerais de fer de Mayoko a commencé avec la société australienne DMC Iron Congo qui a conduit l’essentiel du programme d’exploration. Le relais fut pris par la société sud-africaine Exarro qui a finalisé le projet en caractérisant la minéralisation et obtenu toutes les autorisations du Gouvernement congolais. Pour des raisons de changement de stratégies cette société a dû abandonner le projet et vendre Exxaro Mayoko. Celle-ci a été achetée par Sapro SA qui a développé l’exploitation minière de Mayoko. Avec toute la problématique (production, transport des minerais, espace au Port de Pointe-Noire, énergie…).
«Nous présentons la première production sortie de Mayoko à la grande satisfaction de tout le monde. Nous avons brisé là ce qui paraissait comme un tabou car, désormais, la production du fer de Mayoko est devenue une fierté congolaise», a déclaré Paul Obambi, président directeur général de la société Sapro Mayoko SA. Pour lui, l’exploitation de la mine de Mayoko est un symbole inscrivant le Congo parmi les pays producteurs du minerai de fer, «une matière première indispensable à l’industrie automobile, à l’aéronautique et à la fabrication des rails», a-t-il ajouté.
Paul Obambi est déterminé à positionner le fer de Mayoko dont la teneur est de 65% sur le marché international, garantir à cette industrie naissante les gages d’un développement tous à azimuts et qu’elle impacte considérablement sur le bien-être des congolais en particulier. Il a indiqué que ce projet va générer cinq mille emplois, soit trois mille emplois directs et deux mille emplois indirects. Ensuite, plus de dix mille autres emplois seront créés lorsque la société atteindra la phase 4 avec plus de douze millions de tonnes de fer l’année. Le but étant de révolutionner le marché congolais de l’industrie. Par ailleurs, il a appelé les acteurs du secteur privé à être solidaires malgré la conjoncture économique actuelle. «Le Congo est une véritable terre d’opportunités», a-t-il précisé.
Prenant la parole, Pierre Oba a estimé que les résultats auxquels est parvenue la société Sapro Mayoko SA sont le fruit d’un dur labeur.
Pour cette première cargaison, 23 mille tonnes de fer extraites par Sapro Mayoko SA ont été chargées au Port Autonome de Pointe-Noire, dans le bateau Ivy Océan de la compagnie Ashley Global Shipping, qui fait du trading en Afrique de l’Ouest. Il a été construit au début des années 2000, et a une longueur de 185 m et une largeur de 30 m. Sa capacité est de 45 mille tonnes.
A signaler que le projet d’exploitation de fer de Mayoko a été conçu pour une durée de 25 ans renouvelable.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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