Parlement : Réglementer les transactions d’argent via la téléphonie mobile

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Les deux chambres du Parlement ont ouvert le 3 juin 2019 leurs sessions ordinaires administratives au Palais des Congrès. Des ratifications et d’autres affaires à caractère social et économique constituent l’essentiel de ces sessions qui dureront 70 jours. Les travaux à l’Assemblée nationale ont été présidés par Isidore Mvouba, son président, et au Sénat, par Pierre Ngolo, président de la chambre haute, en présence du ministre Pierre Mabiala, chargé des relations avec le Parlement.

 

En matière de coopération, les députés examineront au cours de cette session le projet de loi autorisant la ratification du protocole d’accord portant acte constitutif de l’Union Africaine relatif au Parlement Panafricain qui a été créé pour assurer l’intégration du continent.
La ratification de cet acte est d’un grand intérêt, a dit Isidore Mvouba. La mise en œuvre de la politique nationale de développement de l’économie numérique, «commande que des garde-fous soient prévus pour protéger le pays contre toute attaque dans le cybermonde».
Et d’ajouter: «Aujourd’hui, à chaque coin de rue de nos grandes villes, on trouve implantés çà et là les kiosques qui assurent désormais les transferts d’argent par le biais de la téléphonie mobile moyennant une commission. Ces transactions nécessitent d’être règlementées, tant du point de vue de la masse d’argent qu’elles génèrent, que des informations qu’elles fournissent sur les consommateurs».
Il convient, selon lui, de mettre en place des «mesures de cyber sécurité qui supposent la prise d’un ensemble de lois, politiques, dispositifs et mécanismes de sécurité pour protéger notre Etat d’intrusions de toute nature et des accès nuisibles des hackers. Il est impérieux de réguler ce secteur de croissance aux fins de moderniser les usages et les pratiques des services publics, et de mettre en place les principes tant souhaités, de bonne gouvernance par le numérique», a indiqué Isidore Mvouba.
Le président de l’Assemblée nationale pense qu’il est important de promouvoir le «e-gouvernement, le e-citoyen, le e-business et pourquoi pas le e-parlement pour améliorer nos performances dans les domaines de développement stratégique et de la souveraineté».
Au nombre des affaires à examiner, figurent entre autres, le projet de loi portant code forestier en République du Congo pour améliorer la gouvernance du secteur forestier qui a vocation à booster la transformation sur le terrain de plus de 85% de bois; la proposition de loi de Léonidas Carrel Mottom Mamoni, portant statut de l’artiste du spectacle, des arts visuels, graphiques et plastiques, de la mode, de la publicité, du technicien et de l’entrepreneur culturel et artistique. Isidore Mvouba a encouragé les députés à emprunter la voie de la «production intellectuelle et de l’innovation».
A deux ans de l’exécution du Plan national de développement, il a appelé le Gouvernement à suivre résolument la mise en œuvre des axes prioritaires de ce programme qui participe à la diversification de l’économie du pays.
Il a annoncé l’organisation par sa chambre, d’une journée thématique sur l’importance du dialogue, «institué comme instrument de gouvernance et de régulation politique au terme de la Constitution du 25 octobre 2015».
Du côté des sénateurs, Pierre Ngolo est revenu sur la ratification de l’accord signé avec la Chine sur le rééchelonnement de la dette du Congo. «Il constitue une étape importante dans le processus de négociation avec les partenaires financiers et le fait pour notre économie de retrouver ses marques après deux ans de récession. S’il y a aujourd’hui des raisons de projeter notre avenir avec un optimisme certain, il y a tout lieu de souligner que, dorénavant, le contrôle revêt une dimension particulière dans la conduite des affaires publiques. Les institutions et organes commis au contrôle et à l’observation de la discipline doivent alors véritablement se hisser à leur niveau de responsabilité pour donner aux impératifs de transparence, de bonne gouvernance, de lutte contre les déviances diverses leur vrai sens», a-t-il dit.
Pour Pierre Ngolo, la voie de sortie de crise et de relance de l’économie est celle de la prise de conscience à tous les niveaux, «surtout au niveau du Parlement qui, par ses délibérations et par l’exercice de sa mission de contrôle, doit devenir un acteur clé de la nouvelle dynamique. Nous avons à tout faire pour que nos réflexions, nos suggestions, nos décisions ainsi que nos actes soient toujours guidés par la détermination à contribuer au changement».
A noter que 17 affaires sont inscrites à l’ordre du jour de la 6e session ordinaire administrative du Sénat. Et 16 affaires à l’Assemblée nationale.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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