QUESTIONS ORALES AVEC DEBATS AU SENAT : Clément Mouamba annonce la formation d’une équipe de combat

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Le Sénat a tenu le 30 juillet 2019, une séance des questions orales avec débats au Gouvernement conduit par le Premier ministre Clément Mouamba. Le débat s’est focalisé non seulement autour de l’accord conclu avec le FMI, mais également sur les agents de l’Etat qui se servent de leur position pour mener les activités commerciales au sein de leurs administrations; la corruption érigée en mode de gestion voilée; le statut juridique de la société de transport public urbain (STPU); les risques de dévaluation du franc CFA CEMAC; la sécheresse des devises dans le institutions financières et microfinances du Congo; l’indemnisation des sinistrés du 4 mars, etc.

Les travaux ont été présidés par Pierre Ngolo.
Ils étaient huit ministres à répondre aux questions des sept sénateurs. Les quatre autres ministres concernés étaient absents: Raymond Zéphirin Mboulou, de l’Intérieur; Ange Aimé Bininga, de la Justice; Emile Ouosso, de l’Equipement, et Jacqueline Lydia Mikolo, de la Santé.
Répondant à Dominique Aloka sur la sécurisation des frontières nationales, le premier ministre a informé les sénateurs que le pays n’avait pratiquement plus de frontière maritime. «Le sujet a été transmis à l’ONU pour restituer les droits du Congo par rapport à la façade maritime», a-t-il dit.
Sur l’accord conclu avec le FMI, Clément Mouamba s’est montré lucide: «L’accord est là, mais la crise est encore là. Nous ne sommes pas dans l’euphorie, mais dans la responsabilité et le devoir», a-t-il déclaré.
Après la signature de cet accord, le Premier ministre pense néanmoins que la confiance renaît. «Il faut la consolider par des actes», a-t-il indiqué.
S’agissant des agents de l’Etat qui se servent de leur position pour mener les activités commerciales au sein de leurs administrations en s’érigeant en fournisseurs, il a simplement répondu que les textes existent. «Les responsables doivent être punis lorsque les faits sont avérés».
Quant aux sinistrés du 4 mars 2012, le Premier ministre a tenté de calmer le jeu. «Ils ne sont pas oubliés. Le Gouvernement a la volonté de régler cette question», a-t-il assuré.
Le vice-premier ministre est, quant à lui, intervenu pour répondre à la préoccupation de Mme Pauline Ikourou Yoka qui s’interrogeait sur la non intégration des pigistes de la communication à la Fonction publique. «Le Gouvernement travaille à la réalisation progressive d’un recrutement dans les secteurs sociaux. Le processus sera ouvert d’ici là», a annoncé Firmin Ayessa.
Le statut juridique de la STPU a également été au cœur des débats. Gaspard Kaya-Magame s’est chargé de poser la question. «C’est une société commerciale avec trois actionnaires: l’Etat représenté par le ministère du Portefeuille public (60% du capital social), la mairie de Brazzaville (20%) et la maire de Pointe-Noire (20%)», a répondu Gilbert Ondongo.
Pour le ministre d’Etat, ce n’est pas à l’Etat de gérer les autobus. «Lorsque les indicateurs de gestion vont établir que la société a échappé au risque de faillite duquel elle était très proche, il n’y a pas si longtemps, l’Etat devra se désengager; céder ses parts aux autres actionnaires ou à d’autres actionnaires».
Le sénateur Alphonse Koua voulait savoir si la commercialisation de l’œuf de table sur le marché congolais, après importation ou production locale, s’exécute conformément à la durée de conservation de 28 jours, afin de ne pas faire consommer aux Congolais les produits avariés. Le ministre d’Etat Alphonse Claude N’Silou a rassuré: «Certes la durée de conservation est de 28 jours, les précautions sont prises au niveau du transport, dédouanement et du stockage pour que l’œuf importé arrive comestible sur la table du consommateur congolais».
De son côté, le ministre Calixte Nganongo a rassuré les sénateurs qu’il n’aura pas une dévaluation du francs CFA CEMAC, à la suite de la sécheresse des devises constatée dans les institutions financières et microfinances du Congo.
Dans sa réplique, Jean Marie Andziba Epouma, parlant de l’accord avec le FMI, a dit qu’il est question de s’interroger sur ce qu’il faut faire pour ne plus retomber dans la crise: «Il faut s’attaquer à l’impunité, le vrai problème est là!».
Pourquoi cette impunité, s’est-il questionné? «C’est parce qu’il manque parfois du courage politique. On a peur de sanctionner les clientèles politiques parce qu’au centre, c’est la problématique des pouvoirs moyens ou pouvoirs finalités. Nous devons avoir le sursaut national pour conjurer cette crise!», a-t-il martelé.
Le sénateur Manoukou Kouba a insisté à la prudence. «Il ne faut pas donner l’impression aux Congolais que tous les problèmes du pays sont réglés à partir de cet accord. Je pense que c’est maintenant que les choses difficiles vont commercer. Nous avons le devoir de fournir encore des efforts et l’un des efforts, c’est dans les négociations avec les traders», a-t-il souligné.
Dans ses réponses, Clément Mouamba a indiqué que le pays va rentrer dans une phase de combat pour réussir le programme conclu avec le FMI. Pour cela, «nous allons, en ce qui concerne le Gouvernement, mettre en place une grande équipe de guerre».
Dans cette bataille, le Premier ministre a reconnu qu’il y a des obstacles. «Avant le 31 décembre, il faut conclure avec les partenaires et ils sont nombreux. A commencer par les traders et bien d’autres comme le Club de Paris (112 milliards FCFA) qu’il faut payer; les partenaires bilatéraux comme l’Inde et la Turquie. Il y a aussi la dette intérieure qu’il faudra auditer avant le paiement. Il y avait un doute autour de cette dette», a-t-il indiqué.
Faisant la synthèse des travaux, Pierre Ngolo a encouragé le Premier ministre à mettre en place cette équipe de guerre pour que les engagements pris soient tenus. «Il faut que le Gouvernement prouve au jour le jour qu’il s’est engagé auprès des partenaires», a-t-il souhaité.

Cyr Armel
YABBAT-NGO