CONGRES DU PCT : Pour qui sonne le glas ?

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Elle était très attendue, cette décision prise par le bureau politique du PCT! D’ailleurs, l’un des points d’achoppement qui divisent le parti à l’heure actuelle, était bien celui de l’organisation du congrès que d’aucuns voulaient extraordinaire. Finalement, le bureau politique a tranché en faveur d’un congrès ordinaire. Reste au comité central qui se réunira du 11 au 13 octobre,

d’entériner ou pas cette décision prise sous fond de tensions et de divisions au sein de cette formation politique qui tenait, il y a huit ans, du 21 au 25 juillet 2011, son 6e congrès extraordinaire baptisé: congrès d’ouverture, sur le thème: «Dans la paix, la stabilité et la cohésion, engageons-nous dans un esprit d’ouverture à revitaliser le Parti congolais du travail, en vue de contribuer à la modernisation du Congo».

C’était un congrès historique, par l’ampleur de l’ouverture faite aux cadres et militants venus d’autres partis et associations politiques qui avaient intégré le PCT., notamment ACOSS de Léon Alfred Opimbat; Agir pour le Congo dont Henri Ossebi était le coordinateur; PJR de Denis Christel Sassou-Nguesso, etc.
Un nouveau secrétariat permanent avait été élu, pour un mandat de cinq ans, par vote à main levée «debout, par acclamations nourries», avec Pierre Ngolo, comme secrétaire général, André Massamba, comme adjoint. De l’ancienne équipe permanente, seul Michel Ngakala a sauvé sa tête, en étant reconduit à son poste. Cinq ans après, pourquoi le PCT n’est-il pas allé à un congrès ordinaire, conformément à ses textes fondamentaux?
Le PCT n’a réussi à tourner, définitivement, la page de la crise qui l’affectait depuis le fameux débat de la refondation qui avait vu s’affronter deux courants en son sein, jusqu’aux tendances de ses responsables les plus en vue animant des associations privées, au détriment de l’animation du parti.
Le 6e congrès extraordinaire avait remis les pendules à l’heure, en débarrassant les responsables du secrétariat permanent de la double appartenance aux hautes fonctions de l’Etat et du parti. Ce que les autres reprochent actuellement à Pierre Ngolo qui cumule la présidence du Sénat, de secrétaire général du parti et de président par intérim de la majorité présidentielle, ainsi que Juste Bernardin Gavet, secrétaire permanent du Conseil national consultatif de la Jeunesse et premier secrétaire de la FMC.
L’équipe du secrétariat permanent est composée de cadres qui devraient se consacrer au seul fonctionnement et à l’animation de la vie du parti.
Le parti fondé par Marien Ngouabi se dirige, lentement, vers son congrès ordinaire. Il voudra apprécier le bilan de ses dirigeants, adapter sa ligne politique par rapport au nouveau contexte et renouveler ses instances dirigeantes. Mais pour qui sonne le glas?
Avec toutes les querelles, les contradictions et débats que le PCT a eus, il n’était pas possible de préparer le parti à aller au congrès. Un congrès ordinaire suppose la présentation du bilan des huit années de gestion du parti. Cela doit partir des comités, jusqu’au bureau politique, en passant par les fédérations, avant d’atterrir au comité central.
Pour le bureau politique, ce congrès sera celui du cinquantenaire. Car, le PCT a été créé le 31 décembre 1969. Il va célébrer ses 50 ans en décembre prochain. «Nous nous sommes parlés sans tabous. Tous les différends ont été aplanis. Nous pouvons donc aller au congrès dans la discipline. Nous avons pris la décision de restaurer le prestige de notre parti. Le bureau politique est tombé d’accord sur la nature du congrès après de longs débats et de longs échanges empreints de camaraderie. Par rapport à ce que nous avons vécu ce dernier temps qui donnait à penser qu’il y avait problème au sein du PCT, notamment la nature du congrès, tout a été aplani, nous allons droit vers le cinquième congrès ordinaire», a fait savoir  Serge Michel Odzoki, porte-parole du PCT.
Et d’ajouter: « Toutes les questions ont été abordées. Même celles liées au cumul. Comme c’était l’une des recommandations du 6e congrès extraordinaire, lors du 5e congrès, le point sera fait de l’exécution de ces recommandations et les congressistes statueront sur la gestion du parti. Nous allons faire au prochain congrès l’évaluation de toutes les recommandations et c’est à l’issue de cela que nous apprécierons, que nous verrons ce qu’il faut faire, s’il faut reconduire ou pas. Donc, plus de débats, plus de discussions stériles autour du problème de cumul. Si on prend l’image d’un fleuve dont le cours d’eau déborde du lit, aujourd’hui on peut dire que tout est revenu dans l’ordre et que c’est unis que nous allons vers le cinquième congrès ordinaire».
Pierre Ngolo a reconnu que la route  du PCT vers son 5e congrès ordinaire connaît une agitation fébrile. «Nous devons aller au congrès dans la discipline, l’unité et la cohésion. Tous préoccupés par la détermination à faire du congrès du cinquantenaire du PCT un grand rendez-vous qui conforte le rassemblement et la mobilisation des forces autour du président de la République», avait-il exhorté à l’ouverture de la 17e réunion du bureau politique.
Il s’est réjoui du climat qui a prévalu pendant la réunion. «Tout s’est passé conformément à la règle qui régit notre parti. Sans complaisance, nous nous sommes fait des observations, et en toute responsabilité, nous avons tiré les conséquences de l’échange militant entre camarades. Tous, nous avons pris la résolution de redonner au PCT son prestige de plus grand parti politique de la République», a-t-il dit.
Le secrétaire général du PCT a donc sonné la fin de la recréation. «Je dois ici féliciter tous les membres du bureau politique et dire qu’il n’y a plus de zizanie; que partout la base du parti doit travailler, se conforter conformément à la ligne telle que vient de la repréciser la dix-septième réunion ordinaire du bureau politique. Cette ligne nous engage sur la tenue du cinquième congrès ordinaire du PCT, congrès du cinquantenaire, dans la discipline, l’unité et la mobilisation de tous», a-t-il affirmé.

Cyr Armel
YABBAT-NGO

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