SINISTRE À MFILOU-NGAMABA (BRAZZAVILLE) : Mauvais visiteur, l’ensablement terrifie des quartiers entiers

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Les pluies qui  déversent des cordes avec furie sur la capitale continuent à défrayer la chronique à Mfilou-Ngamaba, le septième arrondissement de Brazzaville. D’autant plus que le phénomène de ruissellement des sables dans les quartiers l’Ombre, Ngampio, Ngambio, Kahounga, La Base, Sadelmi, etc., a pris des proportions inquiétantes cette année.

 

Des quartiers entiers sont terrifiés par ces ruissellements. Des dizaines de parcelles et de maisons ont été englouties par le sable jaune qui atteint parfois le niveau des fenêtres et au-delà. De certaines habitations on ne voit plus que la toiture, le chaînage étant enfoui sous le sable.
A hauteur de la station-service Afric, sur le tronçon de route Rond-point Mouhoumi-Rond-point Mazala, le bitume a disparu sous les couches de sable et de boue, devenant ainsi impraticable. Le long de cette route transformée en bourbier, les pieds de certains  panneaux publicitaires sont totalement plongés  dans la boue. La station-service elle aussi, remplie d’eau et de sable boueux, est paralysé. Des pompes, il ne reste visible que le compteur.
La situation est identique au quartier La Base. Des rues boueuses et jonchées d’obstacles sont inaccessibles aux véhicules. Les habitants du Camp militaire vivent le cauchemar de l’inondation et de l’ensablement.
Lorsqu’on évoque ce phénomène, les populations se crispent. «Quand il pleut ici, nous vivons la peur au ventre. Les rues se transforment en torrents impétueux. L’eau monte jusqu’à deux ou trois mètres et le sable arrive avec furie. Il faut éviter d’être pris au piège des eaux boueuses qui envahissent les maisons», expliquent trois jeunes gens munis de pelles et de brouettes, en train de désensabler la buvette ‘’Une pour la route’’,  à un jet de la station-service Afric. D’autres habitants disposent des sacs de sable, mais la plupart sont souvent emportés par les eaux de pluie et la furie des bancs de sable.
Depuis au moins sept ans, le décompte des maisons ensablées ou endommagées dans ces quartiers avoisinerait les 300. Chacun se demande à quand la fin de ce cauchemar? Ces quartiers sont-ils condamnés au statu quo? Plusieurs familles ont déjà déménagé.
Tout le monde connaît les causes de l’ensablement des maisons et des rues: «l’érosion qui frappe le quartier Sadelmi, le rétrécissement du lit du ruisseau Mfilou transformé en certains endroits en décharges publiques, l’inadaptation des ponts, l’absence de caniveaux, la construction de nouvelles maisons dans les zones interdites, etc.»
Ces derniers temps, on agite la menace d’une expulsion que les autorités mijoteraient, «ce qui nous énerve et n’est pas judicieux», dit sèchement un fonctionnaire retraité.
Il faut une véritable thérapie de choc pour venir à bout des difficultés auxquelles sont confrontées les populations de ces quartiers de Mfilou et des autres arrondissements de la ville subissant le même phénomène, comme Makabandilou, Ngamakosso, Manianga, etc. Mais qui la mettra en œuvre si ce n’est le Gouvernement?

Jean ZENGABIO

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