Municipalisation accélérée du département du Niari : Selon Jean-Jacques Bouya, les chantiers abandonnés seront repris

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Lors de la rencontre entre la délégation du comité consultatif et de suivi de la municipalisation accélérée du Pool et le ministre délégué, délégué général aux grands travaux, vendredi 11 novembre 2011, au siège de ladite institution, à Brazzaville, Jean-Jacques Bouya a laissé entendre que les erreurs commises dans la municipalisation accélérée du département du Niari sont en train d’être corrigées, et que les chantiers abandonnés sont repris ou confiés à d'autres entreprises. Il ne fait pas de doute que cette décision de la Délégation générale des grands travaux est la manifestation des leçons tirées du rapport 2010 de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude. Comment?

A l’occasion de sa rencontre avec la délégation du Pool, le délégué général aux grands travaux a rappelé que si quelques municipalisations accélérées d’antan ont connu des problèmes, dans la réalisation des chantiers, «c’est aussi à cause des choix hasardeux des opérateurs. La responsabilité est globale. Nous avons pris des résolutions et nous sommes en train de corriger tout ça. Nous l’avions expérimenté dans la municipalisation de la Cuvette, c'était bon et dans la Cuvette-Ouest, encore beaucoup mieux», avait-il déclaré, au cours de cette rencontre.
Selon Jean-Jacques Bouya, les choses devraient bien se passer, à Kinkala, et partant, dans le Pool. «Si nous construisons les choses qui ne durent pas, je pense que nous n'allons pas atteindre notre objectif. Le choix des entrepreneurs doit être transparent, pour avoir l'efficacité. Nous ne comptons pas laisser les chantiers inachevés», a-t-il expliqué.
L'on se souvient que dans son rapport 2010, présenté par le secrétaire permanent Laurent Tengo, le samedi 15 octobre 2011, au siège de cette institution, à Brazzaville, la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude a épinglé 118 marchés à problèmes, dans le Niari, 62, dans la Likouala et 89, dans la Cuvette centrale. Le rapport se termine, dans son enquête sur l'exécution des marchés publics, dans le cadre des programmes de municipalisation accélérée, par des propositions de nature à améliorer ces programmes. Alors qu’elle en a le pouvoir, la commission n’a pas choisi de transmettre les dossiers litigieux à la justice, mais elle a, tout simplement, appelé les opérateurs économiques et les entreprises concernés, à achever leurs travaux, ou, en tout cas, à restituer au trésor public les sommes perçues.
La décision du délégué général aux grands travaux épouse les préoccupations soulevées par la commission, qui a fait des propositions pour renforcer le cadre juridique de la municipalisation accélérée, de façon à éviter les dérapages constatés dans le passé. C'est dire que chacune dans son rôle, chaque structure concourt à l’efficacité et à l’amélioration de l’action publique. La lutte contre les anti-valeurs qui gangrènent la gestion publique est, faut-il le rappeler, une grande préoccupation pour le chef de l’Etat. «Aucune nation ne trouve son salut dans l’anarchie, le laisser-aller, l’anéantissement de l'équilibre collectif au profit des impulsions individuelles, égocentriques… Comme chacun le sait, les douloureuses épreuves qui ont traumatisé notre peuple ont secrété, dans la société, des anti-valeurs porteuses de comportements déviants qui sapent les fondations mêmes de notre patrie… Il est, par conséquent, de notre devoir d'agir, pour changer cet état de choses», avait dit le président de la République, le 11 août 2004, dans son discours sur l'état de la nation. La mise en place de la Commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la fraude, dirigée par Alphonse Nzoungou, et de l’Observatoire anti-corruption, dirigé par Joseph Mapakou, deux structures distinctes au fonctionnement autonome, est, en autres, la concrétisation de la volonté du chef de l’Etat de lutter contre les anti-valeurs. Aujourd’hui, la commission est en pleine action. Devant les dérives constatées dans l’exécution de certains marchés publics, elle a fait des propositions qui permettent de rectifier le tir, grâce à des enquêtes menées sur le terrain, dans les administrations et par l’audition des opérateurs économiques. La délégation générale des grands travaux peut ainsi rassurer les bénéficiaires des municipalisations accélérées à venir, en commençant par les ressortissants du Pool, qu’il n'y aura plus de chantiers inachevés. Qui peut être contre une telle efficacité?

Joël NSONI

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