Sécurité publique : Le général Ndengué invite les populations de Kinsoundi et les policiers à privilégier le dialogue

  • Imprimer
Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Suite au conflit survenu le vendredi 11 novembre dernier, à Kinsoundi, dans le premier arrondissement, Makélékélé, de Brazzaville, entre les populations et le commissaire de police de ce quartier qu'elles ont chassé, le général Jean François Ndengué, directeur général de la police, a effectué une descente à Kinsoundi, le mercredi 16 novembre 2011, en vue de remettre de l’ordre. A l’issue de ce qu’on peut considérer comme une véritable palabre, pour rétablir la confiance entre la population et la police, il a demandé à tous de privilégier le dialogue et la paix, en toutes circonstances, et de bannir la violence.

 

D'abord, les faits: à la suite d'un braquage, le jeudi 10 novembre, aux environs de 19h30, dans une boutique, à Kinsoundi, les populations sont montées en colère contre la police accusée de complicité ou d’avoir laissé agir les braqueurs. Le lendemain, vendredi 11 novembre, une marche a convergé vers le commissariat de quartier, situé dans l’enceinte de l’ex-usine textile de Kinsoundi, et les policiers ont été chassés, à coups de pierres et de bâtons. Mais, il s’avère que ces manifestations contre la police étaient instrumentalisées par les proches du député de la circonscription, Anicet Wilfrid Mpandou, connu sous son nom de «Willy Mansanga», qui avait des relations houleuses avec le commissaire de police.
Le général Ndengué s’est alors rendu au commissariat de ce quartier, pour rétablir la confiance entre la population et la police. Il a alors recouru au rituel de la palabre, en présence de l’administrateur-maire de Makélékélé, Maurice Maurel Kiwounzou, du député Anicet Wilfrid Mpandou et de ses militants, du colonel Jacques Antoine Bouiti, commissaire central de police de Brazzaville, des chefs des quartiers, ainsi que des populations.
Le colonel Jules Moukala Tchoumou, directeur de la sécurité publique et porte-parole de la police, pour la circonstance, a résumé, pour la presse, l'intervention du général Ndengué: «Le directeur général de la police a été à l'écoute de ces populations et, en gros, il a rassuré tout le monde que, désormais, Kinsoundi, qui a toujours été un quartier de paix, continuera à travailler dans la paix et en collaboration avec la police. Mais, je tiens à dire que, comme il avait fait la fois passée, le général a pris des mesures conservatoires qui ont consisté à suspendre le chef de commissariat, qui avait maille à partir avec la population. Mais, c’est une mesure conservatoire, étant donné que le chef de commissariat est entendu par les services de l’inspection générale de la police et, après cette audition, il prendra d’autres mesures et prononcera des sanctions, s’il s'avère qu’il y a eu mauvaise manière de servir».
Signalons qu’au cours de son adresse, le général Ndengué a, dans son franc-parler habituel et dans un ton ferme, fustigé et condamné les actes inciviques fomentés contre le commissariat de police. En outre, il a fait une sévère mise en garde à ceux qui seraient tentés de recommencer. Par ailleurs, il a exhorté les populations et les policiers à consolider la paix chèrement acquise dans notre pays, pour le bien de tous. Un nouveau commissaire sera nommé à Kinsoundi.
L'administrateur-maire de Makélékélé, Maurice Maurel Kiwounzou, a appelé les jeunes à leur responsabilité. «Je rappelle à la population et aux jeunes, qu’ils ne croient pas qu'il y aura encore des guerres dans le pays et, notamment, à Kinsoundi. Qu’ils ne pensent pas que ce qui se passe dans d'autres pays va avoir lieu à Brazzaville. Car, nous étions parmi les premiers pays du continent à faire la révolution, en 1963. Changeons de mentalités et notre mode de vie et que les politiciens en mal de positionnement attendent 2012 pour poser leurs candidatures», a-t-il martelé.
Soulignons qu'à la fin de la grande palabre qui a permis la réconciliation entre la police et la population de Kinsoundi, le député Anicet Wilfrid Mpandou a offert un pot aux responsables, qui ont pris part à la rencontre, et aux journalistes.

Alain Patrick MASSAMBA