Jean-Louis Fragonard, président du M.h.n.c : «Mettre ensemble nos points communs, afin de bâtir une majorité forte et cohérente»

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Après une éclipse volontaire, Jean-Louis Fragonard, président du M.h.n.c (Mouvement humaniste pour la nouvelle citoyenneté), parti membre de la majorité présidentielle, a renoué avec le presse. Dans l’interview qu’il nous a accordée, au siège de son parti, à Moungali, dans le quatrième arrondissement de Brazzaville, en guise de rentrée politique, il parle de son parti, le M.h.n.c, du R.m.p et de la concertation politique que le gouvernement entend organiser prochainement. A propos du R.m.p, il estime qu’il faut «mettre ensemble nos points communs, afin de bâtir une majorité forte et cohérente».

* Monsieur le président du M.h.n.c, on n’entend plus parler de votre parti, ces derniers temps, que se passe-t-il?
** Le parti vit et fonctionne normalement. Beaucoup de choses se font. Si on n’entend plus parler de nous, tout simplement, parce que nous ne sommes pas un parti spectacle où il faut médiatiser tout ce qui se fait. Nous avons voulu travailler dans l’ombre, pour mieux nous préparer à affronter les futures batailles électorales, et à contribuer à la tenue d’élections apaisées dans notre pays, en 2012.

* Dites-nous pourquoi le M.h.n.c n’a pas intégré le P.c.t, lors de son dernier congrès extraordinaire, comme l’ont fait certains jeunes partis et associations politiques?
** Nous ne sommes pas un parti qui dépend des autres. Nous sommes en démocratie et chaque parti est libre de ses choix. Nous n’avons pas les mêmes idéaux politiques que le P.c.t. Ce qui nous unit avec le P.c.t et les autres partis de la majorité, c’est une personne, le président Denis Sassou Nguesso, et son projet de société. Nous soutenons le président Denis Sassou Nguesso, qui était notre candidat et qui est notre leader politique. Nous soutenons son projet de société. Chacun à sa manière et selon son idéologie.
Donc, on ne peut pas rentrer dans un parti dans lequel nous n’avons pas les mêmes idéaux. Eux, ils sont socio-démocrates. Nous, nous sommes des humanistes. Nous ne pouvons pas nous défaire de notre idéologie, tout simplement, pour avoir des postes et autres avantages. Nous ne pouvons pas accepter cela et nous ne l’accepterons jamais. Nous sommes un parti très indépendant, qui joue son jeu, avec son idéologie et sa façon de faire. Si petit soit-il, le parti M.h.n.c avance tranquillement et apporte sa contribution à la réalisation du projet de société du président Denis Sassou Nguesso.

* Avez-vous le sentiment que les choses ne marchent pas bien au niveau du R.m.p?
** Là, justement, c’est le problème que nous avons au niveau de la majorité présidentielle. La majorité présidentielle, ce sont toutes les forces politiques réunies, pour gérer un pouvoir commun. Et cela devrait se passer d’une manière respectueuse. Prétendus grands ou petits partis n’est pas un problème. Si on se dit grand parti comme le P.c.t et autres, c’est bien.
Mais, on doit toujours composer avec tous ceux qui animent la majorité. Parce que, dans une majorité, on ne doit plus raisonner en termes de partis politiques, mais en termes de leader d’opinion. Il y a des partis qui prétendent être des grands partis, mais qui n’ont pas la même influence sur l’opinion. En politique, il faut savoir gérer toutes les forces composantes, pour pouvoir arriver à une majorité uniforme, dans l’intérêt du pouvoir que vous avez, et mieux gérer avec les idées de tout le monde, pour améliorer la gouvernance du pays. Je crois qu’il faut mettre ensemble nos points communs, afin de bâtir une majorité forte et cohérente.

* Le ministre de l’intérieur et de la décentralisation multiplie les contacts avec les partis politiques et la société civile, en vue de la tenue d’une concertation politique pour préparer et tenir les élections législatives de 2012. Comment appréciez-vous cette initiative?
** Là encore, nous avons un grand problème, parce qu’il y avait déjà eu une première concertation politique, qui a donné des conclusions que nous avons retenues. Ces conclusions ont-elles été exécutées? Il faut, d’abord, faire l’évaluation de la première concertation et que l’on définisse ce que c’est une concertation politique. On n’a pas dit: concertation politique de l’opposition et la majorité. La concertation politique, ça veut dire que toutes les forces politiques, y compris celles de la majorité, à l’intérieur, doivent se comprendre. Donc, on doit se concerter à l’intérieur de la majorité présidentielle, pour qu’on ait un point de vue commun.
L’opposition doit, également, faire autant. A ce moment-là, on a deux entités politiques qui peuvent discuter pour l’intérêt du pays. Vous ne pouvez pas aller dans une concertation politique où le P.c.t, lui-même, est en contradiction en son propre sein, la majorité présidentielle en déliquescence totale d’incompréhension, avec l’hégémonie pécétiste qui continue de s’imposer auprès des autres, et une opposition qui ne se comprend même pas entre elle, avec une U.pa.d.s, qui est un parti socle de l’opposition, mais qui n’arrive pas à se définir, jusqu’aujourd’hui. Comment peut-on aller à une concertation, avec des entités aussi disparates?

* Monsieur le président, avez-vous un dernier mot, pour conclure notre entretien?
** Je m’efforce, depuis un moment, de passer un message à la majorité présidentielle. Nous ne sommes plus à l’heure des disputes. Nous allons vers la fin d’un mandat, nous allons rendre compte au souverain primaire de nos actions au cours des sept ans de mandat. Nous devons, désormais, essayer de nous rassembler et parler le même langage, nous débarrasser de nos différences, de notre hégémonie politique. Le seul moyen, c’est de pouvoir nous mettre ensemble, parce qu’à partir de 2012, nous allons rentrer dans une période politique très complexe. Tout simplement, parce que nous avons géré le pouvoir pendant plusieurs années, ça veut dire quand on a géré, on est plus exposé que ceux qui n’ont pas géré. Donc, nous devons renégocier un nouveau mandant auprès du peuple. Ensuite, le contexte international et tout ce qui se passe dans le monde influence l’opinion populaire.
Nous devons aider le président de la République, dans la cohésion au sein de la majorité. Dans la division, nous ne pourrons jamais l’aider, parce qu’un père qui a des enfants divisés, c’est un père qui ne dort pas bien.
Propos recueillis par

Pascal-Azad DOKO

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