Lettre ouverte à Maître Maurice Massengo Tiassé, 2ème Vice Président de la Commission nationale des droits de l’homme au Congo

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Brazzaville, le 11 juin 2012
Votre interview du 6 juin 2012 sur Radio France Internationale nous a beaucoup attristés.
En tant que membre du bureau de la Commission nationale des droits de l’homme du Congo, les propos que vous avez tenus ont plus été  ceux d’un politique engagé dans une lutte de conquête du pouvoir, utilisant tous les moyens possibles, y compris la désinformation, que ceux d’un juriste voué à la lutte des droits fondamentaux et des libertés.
En troquant votre robe d’avocat pour la Commission nationale des droits de l’homme et pour la promotion de votre radio, nous vous croyions à même de prolonger votre engagement pour le bien-être et la protection de tous les citoyens de notre pays. Hélas, il faut nous résoudre à constater que non seulement vous êtes capable de dénigrer les institutions de notre pays, sans vous sentir un seul instant concerné, encore moins, de vous soucier ni de l’honneur et de l’éthique, surtout pas de la vertu.
Ne dit-on pas qu’il convient d’entendre les deux sons de cloche pour juger? Nous allons, pour cela, vous répondre et vous inviter à poursuivre nos échanges dans un cadre administratif ou celui de la société civile.
Mais auparavant, nous allons revisiter le livre «Petit traité des grandes vertus» d’André Comte-Sponville, pour dialoguer avec vous et tous ceux qui, depuis plusieurs mois, s’exercent aux pratiques de désinformation et d’attaques personnelles dirigées contre le Congo et Jean Dominique Okemba.
Parmi toutes les vertus qui caractérisent un homme d’honneur, on peut en dénombrer quatre : la prudence, la tempérance, le courage et la justice, vertus cardinales. L’épigraphe de cette lettre nous donne l’occasion d’interpeller la conscience et la morale de tous ceux qui, avec légèreté ou méchanceté, traînent la réputation de notre pays dans la boue.
Vous n’êtes pas sans ignorer qu’au Congo, la liberté de la presse est un fait et partant celle de la parole n’est pas confisquée. C’est pourquoi, ce dont il est question, c’est, avant tout, le sens qu’il faut donner à vos propos et à vos allégations, de même que j’ai du mal à vous situer dans le pouvoir que vous juger si négativement, au premier rang  son chef, le Président de la République.
Comment alors comprendre que vous, prétendument dévoué et engagé, donniez du Congo et du Président de la République, une image écornée  et fausse. Votre virulence sur RFI prolonge et conforte l’acharnement médiatique en cours, dont notre pays est l’objet dans les médias internationaux.
Nous voulons vous rappeler que «l’Homme n’est esprit que par la mémoire; humain que par la fidélité. Garde-toi homme, d’oublier de te souvenir».

De la prudence:
Elle est ce qui sépare l’action de l’impulsion. Elle détermine ce qu’il faut choisir et ce qu’il faut éviter. La prudence, chez l’homme, est, chez l’animal, ce qu’est l’instinct. Vos propos sur RFI n’ont pas tenu compte de cette vertu et vous avez manqué de clairvoyance. Affirmer que le Président de la République s’apprête à nommer les députés, c’est oublier que plusieurs opposants au régime siègent au Parlement et c’est  leur faire offense que de soutenir votre argumentaire. Vous avez voulu faire de la morale, mais il est imprudent de n’écouter que la morale et il est immoral d’être imprudent.
De la tempérance:
Elle est la vertu qui surmonte tous les genres d’ivresse et d’excès. Elle est modération. Or dans vos propos, vous avez affirmé que le Président de la République, en désignant les députés, veut confisquer le pouvoir. Comment comprendre qu’un juriste, sans tenir compte, d’une part, du caractère pluriel du futur Parlement dont les scrutins sont à venir, et que, d’autre part, de l’éthique et la morale de la majorité des futurs députés, puisse affirmer, sans pondération, que par ce moyen, le pouvoir sera confisqué? Maître Massengo Tiassé a-t-il oublié que le Congo a une Constitution et que les élections se tiennent régulièrement, depuis 2002?
Du courage:
Il est, sans doute, la vertu la plus admirée. Voltaire disait que le courage, n’est pas une vertu, mais une qualité commune aux grands hommes et aux scélérats. Les grands hommes ont le courage y compris au péril de leur vie, de défendre et de promouvoir les idéaux capables de faire progresser les Hommes et l’humanité, tandis que les scélérats ont le courage de corrompre, de spolier les fondements sur lesquels la société devrait se construire. Votre comportement hors du pays et loin de ceux que vous avez interpellés pour édifier les Congolais et le reste du monde, n’est, finalement, que félonie, fourberie et hypocrisie.
De la justice:
Quatrième des vertus cardinales, la justice, c’est la loi et la morale. Elle est le souci permanent et l’objet sur lequel juges, avocats, magistrats œuvrent pour faire triompher la paix et garantir l’ordre et le progrès. La justice ne devrait s’appliquer que pour le bien de tous. En effet, la prudence, la tempérance et le courage ne seraient plus des vertus sans la justice. Sur la base de quelle loi et auprès de quelle juridiction vous êtes-vous fait juge pour condamner les fondements démocratiques de notre pays et, dans le même élan, un homme, Jean Dominique Okemba?    

Maître Massengo-Tiassé,
Entre les hommes de valeur comme à l’intérieur de chacun d’entre eux, la bonne foi veut, d’une part, le maximum possible de vérité et d’authenticité et, d’autre part, le minimum de truquages ou de dissimulations.
Lors de votre interview sur RFI, vous n’avez pas fait preuve de bonne foi. Même si la bonne foi n’interdit pas le silence, elle ne puis tolérer le mensonge ou la désinformation.
Puisque vous tenez tant à exhiber votre indignation et votre engagement suite au drame du 4 mars 2012, vous auriez dû, très tôt, réagir.
Présumé défenseur des droits de l’homme et 2ème Vice-président de la Commission nationale des droits de l’homme au Congo, votre descente sur le «théâtre» des drames et souffrances des victimes dont vous vous seriez fait le maître d’orchestre, auriez pu mettre la lumière sur les entraves en matière de droits de l’homme dont vous n’auriez pas fait l’économie d’un rapport pertinent.
Vos projecteurs d’humaniste auraient pu éclairer toutes les zones d’ombre inaccessibles aux autorités compétentes. Or, vous n’avez rien dit, ni écrit, dans la presse audiovisuelle ou écrite de notre pays que vous vous êtes empressé de ridiculiser par le paradoxe que votre condition ne pouvait masquer.
Vous avez choisi d’aller clamer sous d’autres cieux, votre expertise en la matière et verser des larmes de crocodile, en prenant le soin de laver l’honneur des uns et de jeter l’opprobre sur les autres, sans prudence, ni tempérance avec le courage des scélérats qui rendent leur justice sans foi, ni loi.
Pour un haut dirigeant d’une jeune institution considérée comme un des remparts contre les injustices et les entraves graves susceptibles d’être causées aux Congolais, vous vous êtes facilement soustrait à vos devoirs et obligation de réserve. Nous savons, depuis, que vos droits et privilèges passent avant tout le reste.
Vous avez peint le Président de la République comme un antidémocrate s’apprêtant à nommer les futurs députés, en vue de se donner une majorité pour confisquer le pouvoir. Cette dérive verbale voulue vous placerait-elle parmi les politiciens farouchement opposés à la paix, au développement et à la stabilité de nos institutions dont l’alternance politique ne saurait se priver de démocratie, donc de la voix populaire?

Maître Massengo-Tiassé,
Nous savons, dès lors, qu’il devient presque impossible même à un prétendu juriste, de comprendre que la justice est une disposition constante de l’âme à attribuer à chacun, ce qui, d’après le droit civil, lui revient.
La responsabilité d’un collaborateur n’est pas, forcément, celle du supérieur hiérarchique, pour laquelle, d’ailleurs, ce même supérieur hiérarchique a toujours entendu assumer toute sa part de responsabilité auprès de sa hiérarchie et en direction de ses collaborateurs.
En citoyen ayant la plénitude de ses droits et conscient de ses devoirs,  Jean Dominique Okemba se tient, naturellement, prêt à répondre auprès de la juridiction compétente, dans le cadre des lois et règlements  de la République. En homme d’honneur, il ne saurait s’y soustraire.
La cabale médiatique dirigée contre sa personne, ces trois derniers mois, ne profitera  pas à ses commanditaires et à ses instigateurs. 
En voulant absolument l’atteindre et le terrasser, moralement, ces derniers dissimulent mal, d’une part, leurs agendas cachés et, d’autre part, mettent maladroitement à découvert, leurs projets de déstabilisation du dispositif sécuritaire du Chef de l’Etat.
En réalité, il n’y a que sur un arbre qui porte des fruits que l’on s’acharne à jeter des cailloux. De même, pour atteindre le moral et saper le travail  du Président de la République, ils ont décidé de paralyser ses proches collaborateurs.
De cette même cabale menée contre Jean Dominique Okemba, il restera, comme sur un tableau qu’ils peignent de noir mensonges et assertions gratuites, un coup de pinceau de peinture blanche, révélateur d’une vérité et d’une justice qu’ils se seront efforcées de trafiquer et d’instrumentaliser.

Maitre Massengo Tiassé,
Le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore: l’oubli et l’improvisation sont faits de nature. Toute la dignité de l’Homme est dans la pensée; toute la dignité de la pensée est dans la mémoire.
Dans vos actes et propos, sachez souvent distinguer éthique et esthétique. La prudence, la tempérance, le courage et la justice doivent guider toute trajectoire humaine, car toutes ces vertus se tiennent.

Le Collectif des Amis du Contre-Amiral
Jean Dominique OKEMBA

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