Célébration de la journée de l’enfant africain : Respecter et promouvoir les droits de l’enfant handicapé

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C’est dans une ambiance de gaieté qu’a été commémorée, à Brazzaville, la journée de l’enfant africain, sur le thème: «Droits des enfants handicapés: devoir de protéger, de respecter, de promouvoir et de réaliser», dans la salle des congrès du palais des congrès, sous le patronage d’Emilienne Raoul, ministre des affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, qui avait l’assistance de ses collègues, notamment les ministres Rosalie Kama Niamayoua et Madeleine Yila Boumpoto, ainsi que des représentants des organisations du système des Nations unies et de nombreux invités.

Les enfants vivant avec handicap sont estimés à plusieurs millions dans le monde, et leur situation demeure préoccupante. En Afrique, ils sont voués à la pauvreté, aux mauvaises attitudes sociales, à la stigmatisation et à la discrimination et ont un faible accès à l’éducation, à la santé, etc.
Pour Eunice Ngokaba, présidente du parlement des enfants du Congo, le gouvernement doit prendre l’engagement d’améliorer la situation des enfants handicapés en les protégeant, en procédant au dépistage précoce des handicaps, en résolvant les différents problèmes auxquels ils sont confrontés, en assurant leur éducation, etc. Elle a lancé un appel à la solidarité envers les enfants handicapés, à travers le monde.
«On estime que 5 à 10% des enfants en Afrique grandissent avec un handicap d’origine congénitale ou lié aux complications de la naissance, aux séquelles de la poliomyélite, de la méningite, de la malnutrition et des traumatismes physiques divers. Il y a, également, ceux qui ont été victimes d’accidents qui les laissent avec des handicaps physiques ou qui ont des retards dans leur développement psychique ou mental. Enfin, les albinos dont les vies sont exposées à des risques à cause de systèmes de croyances persistants dans certaines régions. A ce jour, seuls 25 pays sur 55 en Afrique ont ratifié la convention sur les droits des personnes vivant avec handicap», a relevé Bakari Diawara, délégué de la représentante de l’Unicef au Congo.
Rendant public le message du gouvernement à l’occasion de la journée de l’enfant africain, la ministre Emilienne Raoul a rappelé que le gouvernement salue les efforts que la communauté internationale et le Congo déploient pour faire face à la situation des enfants handicapés: «Au Congo, des efforts notables pour la protection de l’enfant handicapé ont été observés à travers la mise en œuvre du plan d’action national pour les personnes handicapées, du document de cadre stratégique sur la scolarisation et ré- scolarisation des enfants handicapés et de la loi de protection de l’enfant. Toutes les problématiques liées au handicap sont au cœur des actions que mènent les affaires sociales».
La ministre des affaires sociales a fait savoir que «le document de cadre stratégique met en avant le principe reconnu par tous sur l’intégration systématique à l’école ordinaire. Cette question prend en compte les principes d’éducation pour tous et d’égalité des chances qui font partie des droits fondamentaux de tous les enfants. A ce propos, les débats sont avancés et la notion d’éducation inclusive est prise en compte par les services de l’enseignement. Quant aux services sociaux leur rôle d’animateur, d’organisateur, de l’accompagnement scolaire et de l’implication des parents s’affirme peu à peu. La prise en charge des enfants handicapés avant leur inclusion dans le système éducatif ordinaire se fait, essentiellement, à travers les structures spécialisées de scolarisation».
Peu après, l’assistance a eu droit, à l’animation du groupe musical de l’Institut national des aveugles du Congo qui a interprété, avec brio, deux chants ainsi que d’une pièce sur les droits des enfants, présentée par la troupe théâtrale «Compagnie Zacharie», constituée de malentendants. A cela, il faut ajouter la projection vidéo, intitulée: «Parole aux enfants handicapés». Le tout couronné par la remise par le gouvernement, à 112 enfants handicapés, de kits composés de médicaments pour les infirmes et les albinos, ainsi que de fauteuils roulants.
Par ailleurs, et dans le même cadre, mille enfants rescapés du drame de Mpila, venant des différents sites, ont eu droit, l’après midi, à un concert de chants animé par les artistes Syssi Mananga et Achille Mouebo, qui ont égayé les enfants à l’unisson, au site de la cité des 17, en présence de la ministre Raoul, de l’ambassadeur de l’Afrique du Sud Manelisi Genge et du délégué de l’Unicef.
Rappelons que la journée de l’enfant africain est célébrée chaque année, depuis le 16 juin 1991, en souvenir du massacre de centaines d’enfants par le pouvoir de l’apartheid, lors d’une marche pour leurs droits, à Soweto, en Afrique du Sud.

Alain Patrick MASSAMBA