Conférence des Nations unies sur le développement durable Rio+20 : Au nom de l’Afrique, Denis Sassou Nguesso a appelé à la création de l’Organisation des Nations unies pour l’environnement

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Porte-parole de l’Afrique au sommet de Rio+20 sur le développement durable, le président de la République, Denis Sassou Nguesso, s’est adressé à la tribune des Nations unies, mercredi 20 juin 2012, en fin d’après-midi, comme plusieurs de ses pairs, dans le débat général sur le thème de la conférence: «Vers une économie verte: pour un développement durable et une éradication de la pauvreté». A cet effet, le porte-parole du continent a indiqué: «L’Afrique a choisi l’économie verte, moins carbonée et peu consommatrice de matières premières et d’énergie, comme moyen pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement». Il a appelé à la transformation du P.n.u.e (Programme des Nations unies pour l’environnement) en une Organisation des Nations unies pour l’environnement.

La mondialisation de la gestion écologique de la planète a, depuis 1972, ses rendez-vous décennaux où l’humanité exprime son souci de préserver le milieu naturel, pour le bien des générations actuelles et à venir. Le sommet de Rio+20 (donc vingt ans après le sommet de la terre tenu à Rio) a accouché d’un nouveau défi, celui de «l’économie verte», encore au cœur de débats houleux qui opposent les Etats. L’économie verte, qui compte, de plus en plus, d’ardents défenseurs sur la planète, a ses principes qui convergent à l’esprit de responsabilité, face à ce qui est devenu le bien commun incontournable de l’humanité: la terre, la mère nourricière. Une mère terre dont on doit prendre conscience que ses ressources sont limitées. «C’est donc avec une conviction profonde que l’Afrique s’est mobilisée pour participer et parler d’une seule voix à cette conférence dans laquelle elle place ses espoirs légitimes. C’est ainsi qu’unie, elle s’est engagée dans les négociations qui, nous l’espérons, répondront à nos attentes et aux aspirations de nos peuples», a dit le président Sassou Nguesso, qui a rappelé l’existence de la «déclaration consensuelle africaine» à ce débat sur l’économie verte.
L’Afrique est, en  effet, confrontée à d’énormes défis qui dépassent ses capacités et appellent au soutien international, car le tableau est largement préoccupant: «L’Afrique dispose d’un immense capital naturel abritant 40% de la diversité biologique, 20% des réserves forestières et plus de la moitié du potentiel énergétique solaire, hydraulique et éolien du monde. Malgré ces atouts, son développement est compromis par le manque de moyens de mise en œuvre, notamment l’absence de financements et de capacités. De même, elle est confrontée à de nouveaux défis liés aux effets néfastes du changement climatique, incluant l’avancée du désert et l’assèchement du lac Tchad, l’épuisement de la biodiversité et la dégradation des écosystèmes, la raréfaction croissante de l’eau et la faible capacité de résistance aux catastrophes naturelles. A ces défis, s’ajoutent la crise alimentaire et énergétique, l’urbanisation rapide et non planifiée, la crise financière et économique mondiale qui ont pour conséquence l’aggravation de la pauvreté et le chômage, en particulier chez les jeunes».
C’est pourquoi, Denis Sassou Nguesso a rappelé! «Les pays africains en appellent au respect des engagements déjà pris par les pays développés visant le développement durable, notamment l’appui à la lutte contre le changement climatique et l’aide au développement».
Mais, l’Afrique sait, aussi et d’abord, compter sur elle-même et elle attend des décisions concrètes. «Tout en mobilisant ses ressources et ses capacités internes propres, en imaginant et en mettant en place des mécanismes financiers innovants et en multipliant ses partenaires, l’Afrique attend que les moyens de mise en œuvre du développement durable soient, une fois pour toutes, établis à Rio de Janeiro. Ces moyens devront être en adéquation avec les objectifs», a demandé le porte-parole du continent.
Signalons, au passage, que le président de la République a aussi évoqué les efforts de son propre pays, le Congo, en faveur du développement durable, en matière de conservation, d’aménagement et de certification dans la gestion de ses forêts.
En somme, à Rio, le président Sassou Nguesso a pris un engagement fort, en se prononçant, au nom de l’Afrique, pour la création de l’Organisation des Nations unies pour l’environnement.

Joachim MBANZA