Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) : «Le futur que nous voulons» ou le consensus minimal pour sauver la planète

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La conférence des Nations unies sur le développement durable s’est tenue à Rio de Janeiro, au Brésil, du 20 au 22 juin 2012, sur le thème: «Vers une économie verte: pour un développement durable et une éradication de la pauvreté». Elle a réuni les chefs de délégation des 191 Etats membres des Nations unies dont 86 chefs d’Etat et de gouvernement. La cérémonie d’ouverture était présidée par Mme Dilma Roussef, présidente de la République Fédérale du Brésil, en présence de Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’Onu, de Nassir Abdulaziz Al-Nasser, président de la 68ème session de l’assemblée générale des Nations unies; Sha Zukang, secrétaire général de la conférence des Nations unies sur le développement durable. L’aboutissement de Rio+20 est l’adoption d’une déclaration intitulée: «Le futur que nous voulons» (The future that we want). Mais, à peine adopté, ce document est critiqué par les organisations de la société civile comme étant un consensus minimum, qui ne comporte aucune obligation pour les Etats.

La République du Congo a été représentée à la conférence des Nations unies sur le développement durable (Rio+20) par une forte délégation avec à sa tête le président de la République, Denis Sassou Nguesso. Ce dernier est également porte-parole et coordonnateur politique de l’Afrique à cette conférence. Deux ministres faisaient partie de la délégation congolaise, notamment Henri Djombo (ministre du développement durable, de l’économie forestière et de l’environnement) et Basile Ikouebé (ministre des affaires étrangères et de la coopération, chargé de la francophonie) et de nombreux experts, dont des conseillers du chef de l’Etat.
Rio+20 a été un méga rendez-vous planétaire qui a mobilisé un budget de 150 millions de dollars (environ 75 milliards de francs Cfa) et qui a abrité, entre les mois de mai et juin, plus de cinq cents événements (réunions de préparation, réunions des experts, conférences, conférences de presse, tables-rondes, forums, expositions, rounds de négociations, etc), aussi bien au niveau des Etats membres des Nations unies, des organisations sous-régionales que des organisations de la société civile qui ont été étroitement liées à la conférence, des industriels et autres défenseurs de l’environnement. Les activités se sont tenues dans l’enceinte de Riocentro, un vaste centre de congrès constitué de plusieurs pavillons, et situé à 40 km de la ville de Rio de Janeiro. Des bus gratuits étaient mis à la disposition des participants qui portaient des badges, suivant leurs catégories d’activités (Délégations officielles, presse, O.n.gs, etc).
Vingt ans après le sommet de la terre de Rio (en 1992), le sommet de Rio+20 avait comme objectif de rechercher les moyens de mettre efficacement en œuvre le développement durable et de mettre en place une nouvelle gouvernance internationale en matière d’environnement. Parmi ces moyens, on parle alors de l’économie verte, dont l’exigence fondamentale est le respect de la nature et de la transformation du P.n.u.e (Programme des nations unies pour l’environnement), en une Organisation des Nations unies pour l’environnement. Mais, les moyens de la mise en œuvre du développement durable ne font pas l’unanimité, au niveau des Etats membres des Nations unies et des organisations de la société civile.
Déjà, le sommet, en lui-même, a été affaibli par l’absence des dirigeants des grands pays industrialisés. Ainsi, les présidents Barack Obama (Etats-Unis), Vladimir Poutine (Fédération de Russie), le premier ministre David Cameron (Royaume uni), la chancelière Angela Merckel (Allemagne) etc, n’ont pas, personnellement, participé au sommet, pour des raisons propres à leurs agendas.
Le point culminant de la conférence des Nations unies sur le développement durable a été le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, qui s’est tenu du 20 au 22 juin. Celui-ci a connu quatre principales phases: la cérémonie d’ouverture, avec son cortège de discours (le mot d’une jeune néozélandaise de 17 ans et le mot des spationautes de la station spatiale internationale), le débat général qui a vu passer à la tribune les dirigeants des 191 Etats membres des Nations unies (à ce niveau, le président Denis Sassou Nguesso est intervenu vers 18h, heure locale, le mercredi 20 juin, en 12ème position dans la deuxième séance plénière dirigée par la présidente du Brésil, Mme Dilma Roussef), la table-ronde de haut niveau et l’adoption de la déclaration intitulée: Le futur que nous voulons» (The futur we want), un document qui comporte 283 articles, négocié âprement, durant des mois, et dont le consensus, au niveau des experts (ministres) a été obtenu à l’arraché.
Devant la crise économique, les dirigeants des pays riches se sont abstenus de prendre des engagements internationaux concrets, en matière d’environnement. Ce qui a déçu les pays en voie de développement et mis en colère les organisations de la société civile qui ont tenu un contre-sommet, du 15 au 23 juin, appelé «sommet des peuples», qui a reçu l’appui de l’Eglise catholique en Amérique latine.
En somme, en dépit des concepts nouveaux comme «économie verte, croissance verte», Rio+20 n’a pas donné grand-chose, en termes d’engagement nouveau des Etats, mais il a au moins réaffirmé la préoccupation de l’humanité de préserver la planète terre et pour cela, la nécessité de poursuivre les négociations.
En matière d’organisation, la conférence a été une grande réussite.

Joachim MBANZA
(A Rio de Janeiro)