Eugène Sama, secrétaire national du R.d.d : «Nos propositions n’ont pas connu l’assentiment de notre partenaire, le P.c.t»

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Les états-majors politiques affutent leurs «armes», pour les élections législatives du 15 juillet prochain, dont la campagne électorale va démarrer dès la semaine prochaine. Dans l’interview qu’il nous a accordée, le secrétaire national du R.d.d (Rassemblement pour la démocratie et le développement), chargé de l’organisation et de la mobilisation, Eugène Sama, parle de son parti qui a présenté 34 candidats et déplore l’attitude de son partenaire, le P.c.t, qui, selon lui, n’a pas tenu compte des propositions du R.d.d faites au sujet de certaines circonscriptions électorales. Conséquence: deux membres du gouvernement, appartenant, évidemment, à la majorité présidentielle, vont s’affronter dans la première circonscription d’Owando. Malgré cela, le secrétaire national du R.d.d a réaffirmé son ancrage à la majorité présidentielle. C’est ce qu’il a déclaré dans cet entretien.

* Monsieur le secrétaire national, on n’entend plus parler de votre parti, que se passe-t-il?
** Cette question m’amène à vous donner la réponse suivante: le R.d.d vit; le R.d.d existe; le R.d.d n’est pas mort. Si vous n’entendez plus parler de nous, c’est, tout simplement, parce que nous avons décidé d’adopter un profil bas. Mais cela ne veut pas pour autant dire que le R.d.d a disparu. Nous préférons travailler en silence, parce que nous pensons qu’il ne faut pas être comme cet oiseau que nous connaissons tous chez nous qu’on appelle «engahangaha», qui fait tant de bruit. Mais, le R.d.d vit, le R.d.d existe.

* Si le R.d.d vit et existe, combien de candidats avez-vous présentés pour les législatives du 15 juillet prochain?
** Devant une telle échéance, celle des législatives du 15 juillet 2012, le R.d.d ne pouvait, en aucun cas, être absent. Je vous dis que le R.d.d a positionné 34 candidats, bien sûr, avec leurs suppléants, dans l’ensemble du territoire national, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest.

* Avez-vous travaillé en accord avec votre partenaire, le P.c.t, qui est le parti socle de la majorité?
** Merci pour cette question très importante. Depuis le 23 février 2009, il y a, aujourd’hui, trois ans que le R.d.d avait signé un accord de partenariat politique avec le parti au pouvoir, le P.c.t. Nous avons, tardivement d’ailleurs, à partir du mois de mai dernier, eu des entretiens et des concertations avec notre partenaire, au sujet des élections législatives qui pointent à l’horizon. Nous avons fait des propositions concrètes, qui se résument à ceci: soit, nous choisissons la concession dans les circonscriptions, soit des tickets mixtes, c’est-à-dire l’un titulaire, l’autre suppléant, soit chacun allait au combat tel qu’il entend.
Malheureusement, nous sommes vraiment au regret de le dire, nos propositions n’ont pas connu l’assentiment de notre partenaire, le P.c.t. Voilà pourquoi vous allez constater que dans les différentes circonscriptions, chaque parti de notre alliance, c’est-à-dire le P.c.t et le R.d.d, chaque parti, disais-je, va aller au combat électoral sans qu’il y ait eu accord entre nos deux partis.

* Monsieur le secrétaire national, ne pensez-vous pas que c’est, peut-être, une stratégie électorale pour permettre à la majorité de préserver ses sièges?
** Si c’est pour une stratégie, mais la stratégie, on doit  l’élaborer ensemble et de commun accord! Ce que nous avions proposé, c’était la concession. Il s’agit de ceci: par exemple, à Owando où il y a deux circonscriptions, nous avons proposé à notre partenaire, le P.c.t, que l’une des circonscriptions revienne au P.c.t et l’autre au R.d.d. Mais, notre partenaire a, plutôt, préféré que chacun aille à la lutte électorale selon ses propres moyens et que l’on verra la suite, s’il y a un deuxième tour. Mais, si, au premier tour, les gens s’entredéchirent, comment pourront-ils aller en rangs serré au deuxième tour? Parce que, voyez-vous, nous, les dirigeants, dans nos circonscriptions, nous allons considérer ceux qui sont en face de nous, comme des adversaires. Mais ceux qui nous suivent, nos militants n’ont pas la même compréhension des choses que nous. Il risque d’y avoir des confrontations dangereuses. Je peux vous le dire, avec tous les regrets. Dans la première circonscription d’Owando, deux membres du même gouvernement vont s’affronter, alors qu’ils sont signataires du même accord de partenariat. Il s’agit, bien entendu, de notre secrétaire général, le ministre Martial Mathieu Kani, qui va se retrouver face au ministre Gilbert Ondongo. Cela n’est pas très intéressant, dans la mesure où ils sont, à la fois, membres du gouvernement, à la fois, même des cousins, selon la rumeur.

* Monsieur le secrétaire national, dans ces conditions, que va-t-il se passer?
**Mais qu’à cela ne tienne, nous, au R.d.d, nous pensons que ceux qui sont en face de nous, ne sont pas des ennemis, ce sont des adversaires. C’est aux militants et sympathisants de nos deux partis de faire la différence et de voter pour le candidat qui, selon eux, est le mieux positionné pour défendre la majorité présidentielle. Je vous parle de la majorité présidentielle, parce que, même si les accords de partenariat entre le R.d.d et le P.c.t n’ont pas connu le fonctionnement que nous attendions, nous sommes des partenaires. Nous pensons que, tant que ni le R.d.d, ni le P.c.t n’ont pas dénoncé l’alliance du 23 février 2009, nous restons des partenaires.

Propos recueillis par
Pascal-Azad DOKO



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