Elections législatives : Aimé Emmanuel Yoka a expliqué les raisons de sa candidature à Vindza

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Candidat du P.c.t (Parti congolais du travail), dans la circonscription unique de  Vindza, dans le département du Pool, Aimé Emmanuel Yoka, actuellement ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la justice et des droits humains, coordonateur du pôle de la souveraineté, a organisé une conférence de presse, mardi 3 juillet 2012, à l’hôtel Olympic palace, à Brazzaville, pour expliquer les raisons de sa candidature, dans une circonscription dont il n’est pas originaire. Des raisons qui ont, d’ailleurs, fait l’objet d’une publication aux éditions Cripol (Brazzaville). Dans l’assistance, il y avait le ministre Bienvenu Okiemy, présenté comme un membre actif du pôle de la souveraineté.

Maître de cérémonie, Sosthène Ondzambé a planté le décor: les gens disent que «la candidature de Yoka paraît sortir de l’ordinaire, au motif qu’il n’est pas originaire de Vindza et, au-delà, on s’en étonne. Voilà pourquoi il a décidé de rencontrer la presse, pour donner les raisons de sa candidature».
Me Félix Nkouka, directeur de campagne du candidat Yoka, l’a relayé: «Certains, dans le Pool, pensent que cette candidature est une provocation, une candidature contre-nature». L’avocat s’est appuyé sur les textes juridiques, pour réaffirmer qu’au Congo, aucune loi n’interdit à un  citoyen d’être candidat dans une circonscription donnée. Quand on est affecté dans une localité et qu’on y vit avec sa famille, c’est dans cette localité qu’on s’inscrit sur les listes électorales pour voter. Dès lors qu’on jouit de cette prérogative d’être électeur, on peut aussi être candidat. C’est l’exemple qu’il a donné. Puis, il a évoqué les étapes de la vie de son candidat qui le lient à Vindza. C’est à 14 ans, en effet, que l’adolescent Aimé Emmanuel Yoka, en compagnie d’autres adolescents comme Isidore Malonga, aujourd’hui prêtre, est emmené dans le Pool, par le père Peyre Pierre, en 1954. Arrivé à Vindza, l’adolescent est victime d’un bibon et ne peut poursuivre la route. Le prêtre le confie aux soins du chef Kongo. Après sa guérison, il est mis dans un camion, pour repartir à Brazzaville. Le deuxième contact avec Vindza, c’est son affectation, en tant qu’enseignant, à Nkô, une localité située à 28 kms de Vindza. Aimé Emmanuel Yoka a 18 ans. Enfin, envoyé aux études à Nancy, en France, en 1962, pour faire le droit, Aimé Emmanuel Yoka est adopté par un aîné qui s’y trouve déjà, et qui n’est autre qu’Aloïse Moudileno-Massengo, un cadre originaire de Vindza. Il deviendra son protégé, alors qu’ils étaient trois étudiants congolais envoyés la même année à Nancy. Dès lors, il sera compté comme un enfant de Vindza, puisqu’il s’occupera de l’enterrement, en 1967, d’un des fils du chef Kongo, et même du père de son frère Moudileno-Massengo, en se rendant lui-même à Vindza, alors qu’Aloïse Moudileno-Massengo, ayant démissionné de ses fonctions de ministre de la justice, était en exil en France. C’était sous la présidence du commandant Marien Ngouabi. Voilà les grands événements, pour lui, côté liens.
Pressé par les journalistes qui voulaient savoir les symboles physiques qui le lient réellement à Vindza, Aimé Emmanuel Yoka a, tout de suite, répondu qu’il y possède un domaine de deux hectares, qu’il y construit une maison et, depuis 1995, il a créé une O.n.g appelée Pamir-Congo (Programme pour les actions d’aménagement en milieu rural au Congo). Cette O.n.g, qui a pour but de «contribuer à l’amélioration générale des conditions de vie dans les zones rurales, sur l’ensemble de l’étendue du territoire national», compte des comités départementaux. Le comité départemental de cette O.n.g dans le Pool a son siège à Vindza et réalise déjà des projets dans cette localité. Il a adopté, au début des années 2000, un jeune autochtone originaire de Vindza et qui se nomme Yoka Alain. Sa fille, Claudia Aïdara, conseillère à la communication, a également donné son témoignage sur les liens de la famille avec Vindza.
Dans son intervention, Aimé Emmanuel Yoka n’a pas fait mystère du fait que sa candidature répond à une demande écrite des trois grandes familles historiques de Vindza. De même, des cadres ressortissants de cette localité avaient écrit au président de la République, pour solliciter sa candidature. Rassuré par tous ces soutiens, le candidat du P.c.t a lancé: «Je serais élu, là-bas, dès le premier tour». Mais, démocratiquement, il reconnaît aussi que «si je ne suis pas élu, ça ne sera pas la faute des populations de Vindza». Et de toutes façons, il a indiqué que son amour pour Vindza ne tient pas à une élection: «Si je ne suis pas élu, ça ne sera pas la faute au tribalisme», avant de lancer: «Député ou pas, je bâtirai Vindza».

Pascal Azad DOKO
et J. MBANZA

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