Vie politique : L’ancien premier ministre Charles David Ganao décédé à Paris

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Ancien premier ministre du président Pascal Lissouba, ancien ministre des affaires étrangères, ancien député de Djambala, David Charles Ganao, fondateur en 1990 et président de l’U.f.d (Union des forces démocratiques), est décédé dans la nuit du 5 au 6 juillet 2012, à Paris, en France, à l’âge de 84 ans, des suites de maladie. A Brazzaville, l’annonce de son décès a été faite par son parti, l’U.f.d.

Né en 1928, à Djambala  (département des Plateaux), diplomate de carrière au grade de ministre plénipotentiaire, Charles David Ganao a commencé sa carrière de fonctionnaire comme instituteur. Il est devenu, par la suite, inspecteur d’école primaire, entamant ainsi une brillante carrière administrative, diplomatique et politique.
Diplômé de l’Eni (Ecole normale d’instituteurs) de Mouyondzi (Bouenza) et de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud (France), il a été, de 1950 à 1959, instituteur régional de l’enseignement et inspecteur délégué de l’enseignement primaire.
Premier diplomate du Congo en 1960, après avoir brillamment passé le concours de formation diplomatique au Quai d’Orsay, à Paris, ensemble avec Bernard Kolélas, il a occupé, de 1961 à 1963, les fonctions de directeur des affaires politiques et des organisations internationales au Ministère congolais des affaires étrangères. Puis, il est en poste aux Etats-Unis d’Amérique comme ambassadeur du Congo, lorsqu’un mouvement populaire à Brazzaville, renverse le président Fulbert Youlou, en août 1963.
De 1963 à 1969, il est ministre des affaires étrangères, de la coopération, de l’information, de l’aviation civile et du tourisme dans le gouvernement du président Alphonse Massamba-Débat. Quittant le gouvernement, il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de la confédération helvétique (Berne) et représentant permanent auprès des organisations du système des Nations unies, à Genève. Après cela, il entame une carrière aux Nations unies comme directeur des Nations unies chargé des territoires coloniaux et sous tutelle en 1971, ambassadeur représentant résident de l’Onu en Haute Volta (actuel Burkina Faso), en 1972. De 1973 à 1975, il redevient ministre des affaires étrangères et de la coopération dans le gouvernement du président Marien Ngouabi.
De 1976 à 1979, Charles David Ganao reprend sa carrière aux Nations unies comme directeur  de l’Onu, secrétaire exécutif adjoint de la C.e.a (Commission économique africaine). De 1979 à 1985, il est directeur de l’Onudi, chargé des relations extérieures, de l’information, du secrétariat, des O.n.gs et des services des conférences.
Concernant sa vie politique, Charles David Ganao a tout d’abord milité au M.s.a (Mouvement socialiste africain) de Jacques Opangault. A la faveur de l’ouverture démocratique en 1990, il fonde un parti, l’U.f.d (Union des forces démocratiques). Il participe à la Conférence nationale souveraine de 1991. Candidat à l’élection président de 1992, il soutient le président Pascal Lissouba au deuxième tour et se fait élire député de Djambala. En 1996, il est nommé premier ministre par le président Pascal Lissouba et c’est lui qui est aux commandes du gouvernement lorsqu’éclate la guerre de juin-octobre 1997. En pleine guerre, il est remplacé comme premier ministre par Bernard Kolélas, quelques semaines avant la chute du régime. Charles David Ganao prend le chemin de l’exil, au Gabon. En 2005, il revient dans son pays natal et déclare sa retraite politique. En 2009, il est la personnalité emblématique qui apporte son soutien au président Denis Sassou Nguesso, pour sa réélection. Les militants de la majorité peuvent se souvenir de l’anecdote qu’il avait alors donnée, au meeting de clôture de campagne du candidat Sassou Nguesso, au boulevard Alfred Raoul: «Entre la nouvelle chaussure et la vieille chaussure, pour aller à une cérémonie, autant mieux porter la vieille chaussure, dont on est sûr, car la nouvelle peut être serrée et vous déranger en cours de route et vous risquerez même de l’enlever». Enfin, Charles David Ganao, qui fut témoin de mariage de l’actuel couple présidentiel, laisse onze enfants. Le vieux à la tignasse grisonnante, s’en est allé!

Alain Patrick MASSAMBA