Comité monétaire et financier national : La vigueur de la croissance congolaise poursuit, malheureusement, son ralentissement

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La deuxième session ordinaire annuelle du comité monétaire et financier du Congo s’est tenue, le jeudi 28 juin 2012, au siège de la direction nationale de la B.e.a.c (Banque des Etats de l’Afrique centrale), à Brazzaville, sous le patronage de Gilbert Ondongo, ministre des finances, du budget et du portefeuille, président dudit comité, en présence de Luc Abaga Nchama, gouverneur de la B.e.a.c, et Cédric Ondaye Ebauh, directeur national de cette institution. Il ressort de cette session que les prévisions économiques pour le Congo sont en baisse, la croissance est établie à 5,1%, un niveau inférieur à 2010, quoiqu’encore acceptable.
Au cours de leur deuxième session ordinaire annuelle, les membres du comité monétaire et financier du Congo ont examiné et analysé une série de  documents, pour passer en revue l’évolution des conjonctures économiques internationale et nationale, au cours de l’année 2011, ainsi que  les perspectives pour 2012.
A cet effet, après une année 2011 difficile et un premier trimestre terne de 2012, l’activité économique mondiale a été caractérisée par un léger redressement au début du deuxième trimestre de 2012. Dans son  rapport d’avril 2012 sur «les perspectives de l’économie mondiale», le F.m.i (Fonds monétaire international) a revu à la hausse sa prévision de croissance mondiale pour l’année 2012, de 3,3% à 3,5%, contre 3,9%, en 2011.
Toutefois, cette prévision pourrait être affectée par la conjonction de plusieurs facteurs défavorables au cours du second semestre 2012, notamment le ralentissement de la croissance économique aux Etats-Unis d’Amérique et au Japon, l’aggravation des incertitudes dans la zone euro et le possible ralentissement des économies émergentes.
Les cours des principales matières premières exportées par le Congo ont enregistré une nette hausse, au début de l’année 2012, tirés par des craintes sur l’offre et un regain d’optimisme sur la reprise économique mondiale. Toutefois, leur modération récente devrait se poursuivre sur les prochains mois, en raison de la faiblesse de la demande mondiale.
Au plan national, le comité a passé en revue les dernières informations sur la situation économique et monétaire du Congo, qui s’est consolidée, au terme du premier trimestre de l’année 2012. Dans le secteur primaire, l’activité a été caractérisée par la reprise des activités forestières, sous la dynamique de la demande asiatique et par le repli de la production pétrolière, en raison, essentiellement, de la fin du développement du champ de Moho Bilondo et des difficultés techniques enregistrées sur les champs Azurite et Mbondi.
Au niveau du secteur secondaire, l’activité est restée globalement soutenue, en raison de la bonne orientation des activités de la branche des industries manufacturières et de la poursuite de l’expansion des activités de la branche des bâtiments et des travaux publics, portées par les grands travaux publics.
Pour le secteur tertiaire, le comité a noté la bonne performance des activités de transport ferroviaire et la consolidation des résultats du port maritime de Pointe-Noire, suite au démarrage des activités de la société Congo Terminal. Il a, également, noté la poursuite de l’expansion de la téléphonie mobile dont le taux de pénétration a avoisiné les 100%, au terme de l’année 2011. On a noté, aussi, que la gestion des finances publiques, au cours du premier trimestre 2012, s’est soldée par un déficit de 205,4 milliards de francs Cfa, contre un solde prévisionnel excédentaire de 87,4 milliards de francs Cfa, à cause, à la fois, des faibles entrées des recettes pétrolières et de la prise en charge des dépenses relatives au sinistre du 4 mars 2012.
Dans l’ensemble de l’année 2012, les prévisions révisées de la B.e.a.c tablent sur la poursuite du ralentissement de la vigueur de la croissance observée en 2011, avec un taux projeté à 5,1%, contre 5,8%, en 2011. Conséquence: le Congo pourrait connaitre un regain des tensions inflationnistes, sous la pression des dépenses publiques nouvelles. Pour  le ministre Gilbert Ondongo, des finances, président du comité, «le Congo ne va pas mal avec un taux de 5,1% qui est viable. C’est le monde, qui est dans une situation assez difficile». Autre conséquence: «Nous avions fait des prévisions budgétaires avec un excédent budgétaire de plus de 600 milliards de francs Cfa. Sans doute que nous n’allons pas enregistrer le même niveau d’excédent, mais il restera, quand même, suffisamment des recettes, pour nous permettre de continuer de financer notre économie. Les banques congolaises sont en surliquidité, mais elles ne peuvent financer que des activités à court terme. Ces banques n’ont pas des ressources pour financer des activités à long terme», a expliqué Gilbert Ondongo.

Philippe BANZ.   

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