Elections législatives de 2012 : La treizième législature largement dominée par le P.c.t!

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Les élections législatives qui se sont déroulées le 15 juillet et le 5 août 2012 ne sont plus qu’un souvenir. Elles ont laissé un goût amer auprès de quelques partis politiques et individualités qui n’attendent plus que le verdict de la Cour constitutionnelle qui va statuer sur les requêtes qui lui sont soumises. Entre-temps, la lecture des résultats de ces différents scrutins laisse entrevoir que la treizième législature est dominée par l’ex-parti unique, le P.c.t, avec ses 89 députés. Avec 7 députés chacun, l’U.pa.d.s et le M.c.d.d.i viennent loin derrière. Mais, pour beaucoup de commentateurs, la percée extraordinaire du P.c.t contraste avec un scrutin qui a connu un fort taux d’abstention et essuyé de nombreuses critiques dans son organisation et son déroulement.
Le deuxième tour des élections législatives n’a pas été du goût de tous les acteurs politiques. En effet, si, dans l’organisation, il y a eu une nette amélioration, il faut reconnaître qu’il a été entaché de beaucoup de cas d’irrégularités, de fraudes et surtout d’achat de conscience, phénomène qui devient récurrent dans notre société. Même le jour du vote, on a relevé des cas de distribution d’argent, dans certaines circonscriptions.
Quoiqu’il en soit, ces élections ont remodelé le paysage politique national. De 47 députés, en 2007, le P.c.t compte, maintenant, à lui seul, 89 députés. Il n’a même plus besoin d’alliés, pour constituer la majorité absolue. Ses alliés ne représentant plus que 20 députés. Le seul problème pour ce parti, ce sont les critiques qui entourent une telle percée. Parti au pouvoir, le P.c.t a choisi ses candidats parmi les barons du régime, tandis que ses autres candidats ont été financièrement soutenus.
Loin derrière, viennent l’U.pa.d.s (situé à l’opposition) et le M.c.d.d.i (allié du P.c.t) qui ont obtenu, chacun, 7 députés. En 2007, ils avaient 11 députés chacun. Le Club 2002-P.u.r a obtenu l’unique siège de Ouenzé 2, alors qu’il en avait 3, en 2007.
Les partis qui sont montés sont: le R.d.p.s, qui est passé de 2 à 5 députés; le R.c, de 1 à 3; le M.u.s.t avec 2 députés et le P.r.l qui obtient un député. L’U.p.d.p (de Célestin Gongarad Nkoua) s’est maintenue avec ses deux députés, comme dans la précédente législature. Les partis perdants sont: l’U.r qui passe de 2 à 1 député, mais pour son président, Benjamin Bounkoulou, élu à Boko-Songho, c’est une véritable bouée de sauvetage; le M.s.d, qui avait 3 députés en 2007 et qui a tout perdu;  l’U.d.r-Mwinda qui a perdu l’unique siège de Ouenzé 3 qui lui restait.
On peut aussi noter une diminution du nombre des indépendants. De 37, en 2007, ils ne sont plus que 12, en 2012.
Enfin, la treizième législature ne comptera que 7 députés de l’opposition, contre 129 députés à la majorité, puisque l’expérience a démontré que tous les indépendants finissent par intégrer la majorité ou sont des membres du P.c.t ou d’autres partis ou associations politiques de la majorité. Rappelons, au passage, que trois circonscriptions à Brazzaville n’ont pas élu leurs représentants à la 13ème législature, en raison des événements du 4 mars 2012.
A l’issue de ces élections, certaines personnalités font leur retour à l’hémicycle. Il s’agit de Paul Tchignoumba (Indépendant), Mme Fylla née Lemina Marthe Isabelle (R.c), Jean Sibaly, Venance Mania, Pierre Mabiala, René Dambert Ndouane (P.c.t), Benjamin Bounkoulou (ancien sénateur) et Simon Mfoutou (U.pa.d.s).
Quant au départ, on peut citer, parmi les grandes figures, Christophe Moukoueké, Victor Tamba-Tamba, Jean Gilbert Nitou, Martial de Paul Ickounga, Daniel Mboyi (U.pa.d.s), Euloge Landry Kolélas, Jean Bonard Moussodia, (M.c.d.d.i), Darius Makaya-Nzassi (M.a.r), René Serges Blanchard Oba, Lambert Okoko et Jean Serges Kentoula (M.s.d), Toussaint Loemba (Club 2002 P.u.r), Dominique Basseyla (U.d.r-Mwinda), Jean-Claude Mouanda et Micheline Potignon-Ngondo (indépendants), Patrice Kadia (Ledip), et Serges César Bouya (P.c.t).
Parmi les nouvelles figures, il y a Placide Moudoudou, Henri Zoniaba Ayimessone, Claudia Carole Sassou Nguesso Ikia, Denis Christel Sassou Nguesso, Gerry Gérard Mangondo (P.c.t), Guillaume Foutou et Honoré Sayi (U.pa.d.s). Certains parmi ces députés élus ne vont peut-être pas siéger à l’assemblée nationale, en raison de leurs responsabilités administratives. Espérons, simplement, que l’ensemble des députés élus seront à la hauteur de leur tâche et qu’ils privilégieront les intérêts de leurs mandants, qui auront l’occasion de redire leur verdict, en juillet 2017.

Cyr Armel YABBAT-NGO

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