Alain Moka, président de la Fondation Jean-Pierre Moka : «La Fondation Jean-Pierre Moka s’est, surtout, investie dans l’appui au développement de la Likouala»

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Créée en 1995, la Fondation Jean-Pierre Moka est une O.n.g de développement et à vocation humanitaire, basée à Impfondo, dans le département de la Likouala. Jean-Pierre Moka n’est autre que le défunt père de l’ancien ministre de la santé et actuel député d’Impfondo, Alain Moka. Ancien administrateur, Jean-Pierre Moka s’est distingué, durant sa vie, par des actions de solidarité à l’égard des populations, à Impfondo. Dans l’interview qu’il nous a accordée, à l’occasion du 17ème anniversaire de la création de la fondation, son président, Alain Moka, dresse le bilan de cette O.n.g qui «s’est, surtout, investie dans l’appui au développement de la Likouala».

* Monsieur le président de la Fondation Jean-Pierre Moka, quel bilan faites-vous des actions menées par votre O.n.g, en faveur de la population de la Likouala, dix-sept ans après sa création?
** Depuis plus d’une dizaine d’années, la Fondation Jean-Pierre Moka s’est, surtout, investie dans l’appui au développement du département de la Likouala. Aujourd’hui, c’est une grande O.n.g. Si, au départ, nous avions quelques premiers pas, notamment des actions primaires, la création de Radio-Moka, qui est un grand projet, a permis, aujourd’hui, de désenclaver le département, en matière d’information. Cette radio permet, également, le brassage des populations, la promotion de la culture et de la santé, etc. Installée à Impfondo, Radio-Moka compte une station à Epéna et couvre la partie Nord du département.
Toujours pour citer les actions réalisées, nous avons créé quelques unités, comme la pharmacie. Aujourd’hui, la fondation est une structure par laquelle les jeunes trouvent un endroit pour accéder au monde du travail. Nous assurons une formation aux jeunes, dans des domaines comme la menuiserie, la soudure, la mécanique auto, le froid, l’informatique, la coiffure et la conduite automobile. Toutes ces unités, aujourd’hui, produisent. La ville d’Impfondo compte, aujourd’hui, de nombreux chefs de familles qui, grâce à la fondation, ont un emploi et nourrissent leurs familles. Mon chauffeur actuel est un pur produit de la fondation. C’est un jeune qui a été inscrit à la fondation, à l’âge de 14 ans. Il a fait la mécanique et  a passé son permis de conduire.

* Avez-vous le sentiment qu’aujourd’hui, la Fondation a atteint la dimension de certaines associations nationales?
** Effectivement, la Fondation Jean-Pierre Moka a une référence, aujourd’hui, au niveau national. Elle a un siège assez important, qui crée des emplois. Donc, ce n’est plus la petite association que l’on pointait du doigt. Mais une grande structure qui a des partenaires. Elle a un partenariat avec l’Unicef, dans le domaine de l’accès à l’eau portable; des puits sont faits dans les quartiers, dans les écoles, en collaboration avec l’Unicef. Dans le domaine de la lutte contre le V.i.h-sida, nous avons de nombreux projets de prise en charge des orphelins, des enfants vulnérables et de grands projets de sensibilisation des populations, avec l’appui du C.n.l.s. Nous faisons aussi de l’aide scolaire. Plus de 700 enfants dans le district d’Impfondo sont pris en charge et suivis par la Fondation. On leur offre, également, des kits scolaires, grâce au financement de la Banque mondiale qui permet de prendre en charge ces enfants et d’aider les parents à avoir des activités génératrices de revenus. Je ne citerai pas des appuis, notamment dans le domaine culturel et sportif où des groupes folkloriques ont été soutenus, ainsi que des localités dotées en équipements sportifs, sans compter l’assistance aux personnes du troisième âge.

* Mais la formation à la Fondation est-elle gratuite ou payante, et combien de jeunes avez-vous déjà formés?
** La formation n’est payante que dans le domaine informatique où l’on paye dix mille francs Cfa pour toute la formation. Mais, pour le reste des spécialités, la formation est gratuite. Les structures sont à la disposition des apprenants. Ils ont les petites activités qui leur redonnent un peu de revenus. Puisqu’ils font souder les pousse-pousse, les brouettes, ils apprennent à faire des petits portails, ça leur donne un petit revenu, ils se le partagent. Donc, aujourd’hui, nous avons près d’une quinzaine de secrétaires déjà formés, dont dix ont, déjà, eu des emplois dans les administrations locales. Certains même de ces jeunes cadres formés disposent d’un C.a.p (Certificat d’aptitude professionnelle) à l’issue de l’examen organisé par le ministre de l’enseignement technique et professionnel, qui a permis à cette première promotion d’acquérir ce certificat.

* Monsieur le président de la fondation, avez-vous un message à lancer aux jeunes désœuvrés?
** A ces jeunes, il faut qu’ils y croient, avoir, d’abord, la volonté d’apprendre. En toute chose, il faut avoir la volonté d’apprendre. Et quand on vient s’impliquer et quand on a aussi la volonté d’apprendre, automatiquement, vous aurez l’aide au niveau de la fondation, qui est prête à prendre tous les jeunes qui arrivent, quelle que soit leur origine. Elle les prend et les forme, gratuitement, en leur donnant un certain encadrement, pourvu que ces jeunes aient la persévérance. Parce que, souvent, ils sont aussi pressés d’arrêter, après deux mois, ils disent qu’on n’a pas de salaire. Ils doivent comprendre qu’en apprenant, il n’y a pas de salaire. Il faut apprendre et après, une fois qu’on a la maîtrise de l’outil, à ce moment-là, grâce à son outil, qu’ils peuvent créer une activité génératrice de revenus.

Propos recueillis par
Pascal Azad DOKO

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