Election présidentielle de juillet 2016 : Ancien ministre, André Okombi-Salissa ne fait plus mystère de ses ambitions

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Quoique toujours membre du bureau politique du P.c.t (Parti congolais du travail), mais en disgrâce, l’ancien ministre André Okombi-Salissa, dont le mouvement de jeunesse qu’il dirigeait, le C.a.d.d-M.j, a été dissout, ne fait plus mystère de ses ambitions de se porter candidat à l’élection présidentielle de 2016. En tout cas, c’est ce qu’il dévoile, à travers le magazine «Afrique Education», dans son édition n°376 du 16 au 30 septembre 2013, qui lui a consacré un article de quatre pages, avec un grand portrait à la une.

«En 2016, selon toute vraisemblance, Okombi-Salissa sera le plus jeune des candidats crédibles, il incarnera la nouvelle génération, et avec elle, le changement, comme Macky Sall au Sénégal», analyse l’article d’Afrique Education. Politique fiction ou vraie prospective?

André Okombi-Salissa a, donc, commencé à déployer sa stratégie de vengeance contre la disgrâce dont il se considère être victime, après son éviction du gouvernement, en septembre 2012 et, surtout, le coup de grâce qui lui a été asséné, publiquement, par le président de la République, à Djambala, le 5 mai dernier, que le C.a.d.d-M.j (Comité d’action pour la défense de la démocratie-Mouvement de jeunesse) était bel et bien dissout, pour laisser la place à une organisation unique de jeunesse affiliée au P.c.t.
Ainsi, le seul recours que l’ancien ministre espérait pour continuer à affirmer l’existence du mouvement de jeunesse auquel il tenait tant et dans lequel il avait investi toute son énergie politique, venait de lui infliger un revers sans appel. Dès lors, il ne restait plus qu’au député de Lékana, de faire profil bas. En réalité, c’était pour peaufiner sa stratégie de retour sur la scène politique nationale. Désormais, il a mis la barre très haut, en enfilant, trois ans avant l’échéance, la casquette de «candidat à la prochaine élection présidentielle».
En dévoilant son ambition présidentielle, non seulement il se dresse comme un «gêneur» à la stratégie de son ancien mentor dont l’éventualité de se remettre dans la course présidentielle passe, d’abord, par une opération complexe, la révision ou le changement de constitution, mais encore, il se met face à lui comme un rival politique obligé. Histoire de chercher à lui faire regretter sa décision non seulement de l’avoir démis du gouvernement, mais encore de l’avoir malmené, publiquement, après tant de «loyaux et bons services» lui ayant permis de retrouver les rênes du pays, en 1997.
Mais, suffit-il de se déclarer candidat à l’élection présidentielle pour faire plier un vieux routier de la politique, qui a battu, dans l’histoire du pays, le record de longévité à la tête de l’Etat? Voilà une autre paire de manche. Denis Sassou Nguesso connaît fort bien cette «chansonnette» qu’avant lui, un certain Mathias Dzon a entonnée, jusque-là, sans succès: se mettre à l’opposition pour avoir été évincé du gouvernement. Pour les observateurs de la vie politique congolaise, l’analyse que le magazine Afrique Education consacre à André Okombi-Salissa fait sourire et paraît même enfantine, tant elle se base sur des considérations ethniques, pour apprécier les atouts du futur candidat qui s’est annoncé. Dans cette analyse qui paraît comme de la politique fiction, tant elle se base, uniquement, sur le fait ethnique, on peut ainsi lire que parmi les atouts d’André Okombi-Salissa, il y a ses relations matrimoniales: «Ses unions matrimoniales avec une femme du Pool et une autre du Kouilou lui donnent de solides attaches dans ces régions où les enfants nés de ces unions gagent la solidarité». Incroyable, mais vrai! C’est comme si on n’était encore à l’époque des monarchies, pour croire que lorsque le prince épouse la fille d’une contrée, les populations de celle-ci entrent dans les privilèges du royaume. En plein XXIème, à l’heure de la démocratie moderne accélérée par les T.i.c (Technologies de l’information et de la communication), faire de telles analyses est tellement rétrograde qu’il apparaît, clairement, que l’ancien ministre de Sassou va droit vers un mur, dans son ambition présidentielle. Avec de tels atouts, on ne parlera, probablement, plus de lui après 2015, comme candidat ayant de fortes potentialités de l’emporter. Il risque même d’alimenter les rubriques des faits divers, plutôt que des analyses politiques sérieuses, eu égard à son passé d’ancien milicien cobra et de ministre instable. Raison pour laquelle, il faut se demander si André Okombi-Salissa a, réellement, les chances d’un destin politique au sommet de l’Etat congolais, en dehors de la bénédiction de son mentor, le président Sassou qui l’a pris comme diplômé sans emploi, pour faire de lui le milliardaire en francs Cfa qui rêve, désormais, de diriger le Congo. Autant dire que l’actuel président a dû esquisser un sourire, en lisant son article intitulé: «Congo-Brazzaville. Okombi Salissa peut-il succéder à Sassou Nguesso?». Enfin, on n’a pas oublié qu’Okombi Salissa est toujours membre du bureau politique du P.c.t, député de son parti, élu à Lékana. Son article n’a même pas eu l’effet d’une bombe dans les rangs de ce parti, tant les camarades sont convaincus que le scénario est invraisemblable. C’est une stratégie médiatique de chantage, pour se faire désirer et retrouver la grâce du prince.

Joël NSONI

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